Halle Berry n'a jamais tourné dans un film d'horreur pur et dur. Jusqu'à présent, la comédienne avait joué dans les thrillers à suspense comme Gothika, Sombres soupçons, Dark Tide ou encore The Call.
Lors de la conférence du CinemaCon organisée par Lionsgate en avril dernier, elle a déclaré qu'elle avait accepté le rôle de Mother Land parce qu'elle est "accro à l'adrénaline" et que le film "lui donnait l'occasion de faire partie d'un monde qu'elle n'avait jamais vu auparavant".
Lorsque le projet est annoncé, le metteur en scène Mark Romanek (Photo obsession) est choisi pour le réaliser. Un mois plus tard, il quitte le navire et est remplacé par Alexandre Aja.
Mother Land marque le retour d'Alexandre Aja au cinéma après la sortie en 2021 d'Oxygène directement sur Netflix. Le dernier long métrage du cinéaste français à être sorti en salles est le film de crocodile tueur Crawl, en juillet 2019.
Pendant les repérages, Alexandre Aja voulait dénicher une maison susceptible d’être enrichie en post-production. La production a fini par tourner sur un site naturel, dans les environs de Vancouver, au Canada : "C’était une maison abandonnée, entièrement vide, nichée dans une forêt extraordinaire où coexistent des écosystèmes totalement différents", confie le producteur Dan Cohen.
Le chef-décorateur Jeremy Stanbridge explique : "Même si la structure d’origine tenait toujours debout, il n’en restait pas grand-chose. Il a donc fallu qu’on crée un patio et un salon. On a construit au moins 60% de la maison telle qu’elle apparaît à l’image."
La famille au centre du film habitant dans le sud du Tennessee, il fallait que ses membres s’expriment avec un accent sudiste : une difficulté supplémentaire étant donné que Anthony B. Jenkins et Percy Daggs sont des enfants et qu'ils ne peuvent jouer que quelques heures par jour.
Halle Berry a ainsi travaillé avec un dialecte pour que son accent soit authentique. Percy, qui avait déjà mis au point un accent sudiste pour un autre projet, précise : "C’était quand même difficile parce qu’il a fallu que je fasse des ajustements pour que l’accent ne soit pas trop prononcé."
Anthony a, quant à lui, fait appel à quelqu’un d’inattendu, mais qu’il connaît bien : "Je l’ignorais mais mon père est du Sud. Du coup, il m’a vraiment aidé."
Pour se glisser dans la peau de son personnage, Halle Berry a fait appel à sa fidèle maquilleuse Norma Patton-Lowin qui lui a d’abord appliqué cicatrices, brûlures et tatouages, puis a conseillé à l’actrice de se préparer au rôle en se rongeant les ongles, en se laissant pousser les sourcils et tous les poils de son corps.
Ensuite, lorsque la comédienne est arrivée sur le plateau, "on lui a momentanément taché les dents", se rappelle Norma Patton-Lowin.
Fidèle chef-opérateur d’Alexandre Aja, Maxime Alexandre a collaboré sur une quinzaine de projets du réalisateur, dont Haute Tension, La Colline a des yeux ou encore Crawl. Pour illustrer le point de vue en constante mutation du récit, les deux hommes ont cherché à mettre au point un langage visuel particulier. Le cinéaste confie :
"On a d’abord évoqué la manière de restituer le regard des enfants et celui de Maman. La première différence entre les deux tient au fait que le Mal se manifeste dans l’univers de Maman, tandis qu’il en est absent dans celui de Samuel et Nolan. Maman est la seule qui le voit, mais on voulait maintenir cette tension à chaque fois qu’on filme les enfants."
"C’est la manière de cadrer qui est déterminante. Tous les plans sont très larges, même quand on est tout près des acteurs. Le fait d’avoir beaucoup d’espace autour des personnages – les deux tiers du cadre par exemple – suscite un sentiment de danger chez le spectateur."