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Carne
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5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Pedro Almodovar est le plus grand réalisateur espagnol du moment. Ses films ont une ésthétique très particulière au niveau des personnages, des décors, de la caméra... Parle avec Elle n'échappe pas à la règle bien qu'il ne soit pas dans les excès de Tout sur ma mère; ici rien que du réalisme, de l'émotion. Une histoire originale traitée de main de maître par un Almodovar qui réalise alors son plus grand film, il arrive même à nous faire croire que la parole peut faire sortir des gens du coma, chose à laquelle je crois depuis que j'ai vu le film. Vive Almodovar.
Parle avec elle, où comment montrer avec une grande simplicité énormément de chose. Pedro Almodovar frappe un grand coup avec ce film, et ce, dès la première seconde, la première scène, et son enchaînement. Si tout n'est pas facile au début, car assez complexe dans sa mise en scène dans un premier temps, une fois plongé dans l'histoire, tout semble superbe. Le parallèle entre les deux femmes, leur histoire, leur amour, leur vie est passionnante, mais plus que cela, c'est les hommes, qui part leur souvenir, leur dialogue donne au film une perspective intense. Javier Camara, qui interprète de manière incroyable Benigno, campe un malade mental impressionnant, sa performance est bluffante, et arrive à nous toucher au plus profond de nous quand à Dario Grandinetti, il apporte une certaine stabilité, il est l'élément central du film, le pilier des quatre personnages. Pedro Almodovar affronte avec "Parle avec elle" la puissance d'une amitié, ses limites, mais aussi ses erreurs. D'une grande pudeur, cette pudicité en deviens provocante, car sans ne rien montré, sans être tendancieux, le cinéaste Espagnol arrive à interpeller le spectateur, limite le gêner part plusieurs scène absolument invraisemblable. Propos choquant pour un film touchant, c'est a force de "Parle avec elle", qui ne peut que nous attendrir malgré le thème sulfureux du long métrage. En outre, c'est dans une ambiance coloré, parfois inquiétante, tant part le son que les images, possédant un nombre important de très grande scène, avec des ralentis magnifique que ce film nous marque. Cette simplicité dans son histoire d'amitié nous frappe en pleine figure, et nous achève dans un final aussi beaux, tel un torero devant son taureaux, attendant le bon moment pour toucher son but ... poétique et magnifique.
Sur un sujet délicat (une jeune femme dans le coma tombe enceinte à l’hôpital), Almodovar réalise un superbe mélodrame, à la façon de Douglas Sirk où les destins de 2 « couples », un journaliste et une torera, une danseuse et un infirmier (joué par Javier Camara) se rejoignent et se mêlent. Le César du meilleur film européen et l’Oscar du meilleur scénario sont mérités..
Très beau film d'Almodovar - déjà, sur la forme. Chef de file de ce que certains appellent la "nouvelle vague espagnole", le réalisateur s'inscrit dans la continuité de la nouvelle vague française : grande liberté formelle, dans le montage (noms des personnages écrits sur l'écran, divisant le film en chapitres) ou dans la narration, travail recherché sur l'image et surtout, les couleurs. On retiendra le grand moment de poésie et d'abstraction qu'est la reconstitution du film muet "L'homme qui rétrécit" (hommage à un véritable film, des années 50). De même, la superbe scène chantée par Caetano Veloso ("Cucurrucucú Paloma"). Sur le fond, Almodovar offre une histoire déchirante de rêves et de désirs inaccomplis, faute de n'avoir pu saisir la chance à temps. Les aléas qui font notre vie et l'importance redonnée à l'espoir semblent être les deux messages primordiaux du film. En peu de mots, Almodovar dépeint en profondeur la complexité humaine et touche notre âme avec force. Un petit défaut ? Une première partie plus réussie que la seconde.
Pedro Almodovar réalise ici une oeuvre magistrale, bouleversante, forte en émotion et en intensité. Comment vouloir rester insensible devant la grandeur de ces sentiments qui frôlent la folie mais aussi tellement forts... Almodovar, dans la plupart de ses oeuvres, à l'art de filmer l'horreur en lui insufflant une part d'humanité, il nous le démontre une nouvelle fois avec une telle objectivité qu'elle nous laisse encore une fois pantois.
C’est mon premier Almodovar, le seul que j’ai vu jusqu’à présent, et il m’a totalement émerveillé. Pourtant j’avais, de par certains extraits que j’avais vus de certains de ces films, une image provocante de son cinéma qui me semblait un cinéma fiévreux, au parfum de soufre et au goût acide. Ce film m’a d’autant plus surpris par sa douceur infinie, sa grâce délicate, sa mélancolie, bouleversante mais sereine, et cette façon qu’il a de filmer les corps, les êtres, les larmes comme on filme quelque chose de précieux et fragile, avec une pudeur touchante. Ces corps justement, que la musique mets en mouvement dans de superbes ballets, que l’amour remet en mouvement, ces corps manipulés avec une précaution infinie, portés, caressés, Almodovar les capte avec tendresse. Notamment ces deux beautés endormies, qui sont rendues d’autant plus superbes quand Almodovar saisit ces regards magnifiques pleins de passion, de tristesse et d’amour que leurs deux princes charmants leur adressent. Ce même regard ému qu’ils ont sur l’art, sur les souvenirs, sur la vie. Ce même regard que le cinéaste nous fait généreusement partager. Parle avec Elle m’a parlé d’art et d’amour, de la mort et de la solitude, dans un murmure.
Un drame en constante évolution comme seul Almodovar en a le secret. La mise en scène est dynamique, la photographie sublime avec une alternance judicieuse de couleurs vives et glaciales, les acteurs magnétiques et imprévisibles mais c'est du côté des dialogues que Hable con ella parviendra à rester graver dans la mémoire du spectateur. Un grand film.
Doté d'un scénario bien écrit et atypique comme la plupart des long-métrage d'Almodovar, "Parle avec elle" entraîne le spectateur dans une histoire touchante et drôle. On y retrouve une réalisation réussie et convainquante même s'il manque un peu plus de comique. D'autre part, les acteurs jouent bien. Ainsi, le film captive plus ou moins même s'il manque un peu plus de poignant.
Un vrai chef d'oeuvre, et l'un des meilleurs film d'Almodovar. La réalisation est d'une qualité indefinissable et c'est super émouvant. Un film dont on se souvient toute sa vie je pense.
Encore un magnifique drame de Pedro Almodóvar. Les relations entre les personnages sont magnifiques et parfaitement mises en valeur par le réalisateur. Magnifique distribution, Javier Cámara, Dario Grandinetti, Rosario Flores, les acteurs jouent bien, le scénario est original et bien conçu, excellents dialogues et magnifique musique qui convient parfaitement au film. C’est un film très beau et très émouvant, 16 / 20.
Film qui laisse une impression mitigée. Il y a d'un coté la très bonne performance de Javier Camara en Benigno tendre, solitaire et amoureux. Mais aussi un scénario brouillon avec des scènes plutôt inutiles (les relations entre Lydia et Dario), et quelques lourdeurs avec les gros plans incessants sur les seins d'Alicia.
Brillamment sobre, cet Almodovar évite l'écueil du lacrymal et étouffe ainsi toute velléité de condamner d'emblée ses aspects les plus troubles. Une voix courageuse à l'aune de ses mass médias condamnées en aparté.
Parle avec elle (Hable Con Ella), 2002, de Pedro Almodovar, avec Javier Camara et Dario Grandinetti. Pour une fois, Pedro nous a concocté un film d’hommes ! Un vrai bijou de cinéma dans lequel la richesse des sujets abordés éclate dans une mise en scène talentueuse qui s’appuie sur un scénario d’une écriture extrêmement soignée. Ici, pas d’exubérance, de scènes grandioses et baroques, mais une œuvre délicate, aux propos bouleversants suscitant une foule de questionnements intimes. Comme d’habitude, l’histoire, ou plutôt les histoires, ne relèveraient que du mélodrame vaguement larmoyant, du fait divers scabreux, voire, du voyeurisme morbide, si la narration, d’une légèreté inouïe (tous les flashs back sont judicieux !), était dans d’autres mains que celles d’Almodovar, qui nous livre une superbe fable. Deux hommes, que rien n’aurait dû rapprocher, se lient d’amitié autour de deux femmes dont ils accompagnent les comas respectifs, en milieu hospitalier : voilà une réduction événementielle du riche parcours plein d’émotions auquel le spectateur est convié. Caetano Veloso chante Coucouroucoucou Paloma, Pina Bausch danse et on a même droit à un petit film dans le film, un muet en noir et blanc, L’Amant qui rétrécissait, magnifique allégorie. Pas de vulgarité, pas de jugement, juste les bonnes questions aux bons moments comme jalons dans cette œuvre généreuse d’une grande beauté.