Anne Fontaine est toujours là où on ne l'attend pas mais sait mieux que personne retranscrire sur grand écran le trouble et la sensibilité. Avec "Boléro" elle s'attaque à la genèse d'un des titres classiques les plus connus au monde.
Le film est enlevé, magnifiquement interprété et emprunte des chemins de traverses et de la pure fiction pour nous cueillir au fond de notre siège et ça fonctionne.
Mention spéciale à Jeanne Balibar qui est génialement drôle dans son rôle de Diva commandant sa musique de ballet. Quant à Raphaël Personnaz, IL EST Maurice Ravel.
Mission accomplie donc pour ce film qui sera un bon exemple à l'export de ce que le cinéma français sait produire et réaliser.
Sublime ! Mention spéciale au générique du début et au morceau final avec l'éblouissante danse de François Alu sur le célébrissime boléro. Sinon Jeanne Balibar est exceptionnelle, de même que Dora Tillier et Emmanuelle Devos. Raphael Personnaz est parfait dans le rôle du "compliqué" Ravel, et Vincent Perez est comme toujours parfait. Très belles mise en scène, photographie et décors des années 1910-1930.
Époustouflant ! J'ai été happée par la beauté de ce film. Les acteurs, les costumes, les décors sont sublimes. C'est une ode à la musique charnelle, sensuelle de Ravel. Merci Anne Fontaine, merci à toutes les personnes qui ont permis la réalisation de cette œuvre.
La vie de Maurice Ravel est terriblement romanesque et aurait pu (tout le secret est dans le conditionnel…) donner lieu à un film génial…
Le film n’exploite que trop peu sa vie tumultueuse et surprenante, il exploite encore moins les variations intrasèques de la musique éponyme (qu’on entend à peine …).
Le tout couplé à des longueurs inutiles et des retours en arrière incessants et parfois durs à suivre …
Bref’ un coup de couteau dans l’eau et pour moi une grosse déception.
Très très décevant. Même pour une musicienne ou amatrice. Tout est laid sans ce film. Les personnages, les vies, les expressions, les retours en arrière, et le peu d'événements que l'on y trouve. Perdu 2 h, ou plutôt abimé 2 h. Car on en sort même un peu abîmé ... Alors le boléro, imaginez ...
Boléro. Biopic de Maurice Ravel qui nous met en avant son œuvre majeure. Concernant sa vie privée on apprend qu c'était le néant total. Deux étoiles et demie.
Il est toujours difficile de réaliser un film sur une personne célèbre, d’autant plus difficile lorsqu’il s’agit de parler d’une de ses œuvres les plus connus. Le compositeur Maurice Ravel et la naissance de sa fameuse œuvre « Boléro ». C’est le sujet du dernier film de la réalisatrice d’Anne Fontaine. Les deux heures de ce voyage dans le temps et dans le monde de la musique sont un régal, grâce entres autres aux dialogues si intelligemment écrits. J’apprécie la reconstitution du début du 2Oième siècle, qui contrairement à d’autres films d’époque ne semble pas figée, bien au contraire. Ce que la réalisatrice réussit à nous faire ressentir, c’est la naissance d’une œuvre, le tâtonnement, l’angoisse du créateur, la lente et difficile recherche pour arriver à une création qui satisfasse le compositeur. Puis en dernier ressort, l’installation du doute jusqu’à la présentation devant un public exigeant. Pour qu’un film puisse nous toucher et nous emporter, il faut que cela soit servi par des interprètes à la hauteur, et là aussi c’est une grande réussite. En premier lieu Raphaël Personnaz qui fait vivre tout en nuance et délicatesse le compositeur Maurice Ravel tout au long de sa vie d’adulte jusqu’à sa fin de vie si pénible. Cet interprète de qualité est accompagné d’une multitude de très bons seconds rôles, principalement féminin. Jeanne Balibar excellente en tant que chorégraphe excentrique d’origine russe, Doria Tillier qui apporte son espièglerie au personnage Misia sans oublier Emmanuelle Devos, plus discrète interprétant la grande pianiste Marguerite Long. Vive la musique, vive le cinéma, vive les artistes
Pas exempt de défauts (Ce film souffre notamment d'un montage un peu hasardeux), ce long métrage vaut surtout pour la magnifique interprétation de Raphaël Personnaz qui incarne à la perfection ce musicien à la personnalité complexe, versatile, dilettante et secrète.
Les affres de la création spoiler: (Comment Ravel a t'il eu l'inspiration du Boléro, grâce, entre autre, à sa gouvernante qui chantait une chanson à la mode... chanson qui n'est pas sans rappeler le thème principal du Boléro. Comment a t'il composé devant son piano les deux thèmes du Boléro (thème et contre thème) en quelque heures, voire en quelques minutes !) sont décrits avec minutie. On touche du doigt ce que sont les méandres, les doutes, l'accouchement d'une œuvre.
Les décors sont soignés (on y voit les extérieurs des vraies maisons de Ravel : en région parisienne et au Pays Basque). La reconstitution des décors des années 20 est superbe. Mention spéciale pour les costumes merveilleux, réalisés par Anaïs Romand.
Mais il manque le père, grand ingénieur, homme cultivé, curieusement absent du film alors qu'il a eu un rôle immense dans l'éducation, l'enfance et la jeunesse de Ravel. Il manque aussi Claude Debussy avec lequel il entretint toute sa vie une amitié sans faille. Mais il manque surtout son frère (de trois ans son cadet) qui fût et restât son meilleur ami et son confident toute sa vie, jusqu'à son dernier souffle.
On ne voit finalement (quasiment) que des femmes dans ce film : sa mère, sa gouvernante, Ida Rubinstein, Misia Sert, Marguerite Long... et des prostituées. Des femmes qui le laissent toutes indifférent à leur charmes... à part sa mère qu'il adorait. Un parti prix incompréhensible qui donne de Ravel une image tronquée, incomplète.
Il ne manquait pas grand chose pour en faire un grand film... dommage.
Je n'avais aucune idée de la vie de Ravel j'ai donc appris beaucoup de choses. Le film est bien construit, bien réalisé, bien joué. Il mérite mes étoiles !
Boléro n'est pas qu'un prétexte pour utiliser une oeuvre musicale à la structure peu adaptée au cinéma. Raconter la conception du morceau est en fait un moyen intelligent de comprendre l'artiste réservé que fut Maurice Ravel. Anne Fontaine a construit un récit efficace, bien filmé, qui montre la complexité du rapport de l'artiste à son oeuvre, au monde artistique et aux femmes. D'autant que ce qui est donné à voir est plutôt proche de la réalité. La performance de Raphaël Personnaz est formidable et l'extravagance de Jeanne Balibar contrebalance magnifiquement avec la retenue de l'artiste qu'elle convainc petit à petit e voir le monde différemment. Un bon moment de cinéma.