Comédie satirique assez jouissive, qui taille un beau costard au mythe de l'entreprise. Le film est bien écrit, rythmé, et porté par un casting sans faille, mention spéciale à la solaire Almudena Amor.
C'est long à démarrer, et ça ne démarre qu'à la fin ... mais ça fonctionne, une vraie comédie qui fait du bien. Surprises, et autres sont là . Acteurs bons, un bon moment, ne pas couper au début faut insister !!!
Bon petit film. A peine plus que le scénario d'un téléfilm mais tout cela est très bien réalisé avec un scénario parfaitement équilibré, le terme juste ici puisque l'on fabrique des balances. Un côté très italien des grandes années 1950-60 pour ce film espagnol. Beaucoup de talent, prometteur.
Entre le drame social et la comédie, J Barden parfait dans son rôle de parfait patron ... un peu étrange la base de l intrigue ce film semble surtout le prétexte à des dialogues bien sentis dans des situations qui au fur et mesure se complexifient. C est original et ca se laisse visionner agréablement...
Coup de ❤️ Mettre dans un plateau de la balance une bonne dose de cynisme et de roublardise et dans l'autre une belle poignée de charisme et de paternalisme assumé et souvent sincère, ajoutez quelques petits poids, tels que "latin lover", humour, dérision, séduction, détresse, sarcasmes et calculs en tous genres...
Répartissez bien de chaque côté et ajustez les coussins de votre canapé !
Moment de détente et de réflexion garanti !
Bref, c'est du bon, du grinçant, du délicieusement bien interprété avec un Javier Bardem méconnaissable et magnifique (je lui ai trouvé l'oeil fleuri, l'allure et le menton de Lino Ventura...bon, j'étais la seule à le voir mais je suis "la reine des ressemblances" ! Bon film
pamphlet social digne des grandes comédies italiennes des années 70, ce portrait plus qu ambigu d un patron se voulant paternaliste et qui finalement va se révéler plus qu odieux repose sur un scénario bien mené, des dialogues savoureux et une nouvelle grande prestation de la part de Javier bardem.
Multi primé aux Goya, El buen patron est un film extrêmement calibré. A l'image de son personnage principal, interprété par le brillant Javier Bardem, le réalisateur parvient à garder un équilibre quasi parfait dans sa mise en scène.
Marionnettiste, tout un art ! Diriger une entreprise, cela n'a rien de simple, tout le monde en conviendra. Un chef, s'il veut fédérer ses troupes, se doit d'incarner l'exemplarité et de représenter un, voire LE modèle à suivre. A travers cette mission, dans le but que tout soit impeccable pour obtenir un prix d'excellence, Javier Bardem campe un entrepreneur abominablement humain, sur le dos de tous ses employés ou plutôt de chacun d'eux, à n'en point douter pour leur bien... Guidé par l'ambition de les rallier à sa cause, en tout cas, il ne lésine pas sur les moyens et à l'instar d'un DRH, va surtout faire dans la psychologie. Avec plus ou moins de compréhension, mais inébranlablement une bonne dose de diplomatie, devant permettre de régler n'importe quel conflit. La comédie fait preuve de rythme et de cynisme à prendre au second degré, même si la fiction permet au passage de crier quelques vérités sur tous les toits. L'acteur, autour duquel tout tourne, est incroyablement juste (quoique, tout dépend de l'angle de vue), à la fois drôle, démago-politique, ou encore au bord de la crise de nerfs. Il se faufile comme un poisson dans l'eau, ou plus exactement tel une baleine qui n'a qu'à ouvrir la bouche pour absorber toute la friture grouillant à ses côtés. Jouissive, cette démonstration de force qui prouve que tous les coups sont permis ou presque, entre manipulations et mensonges. A croire que lorsqu'on est patron, on peut avoir la manie d'imiter Pinocchio, mais il faut surtout savoir agir tel Gepetto !
Parmi cette belle poignée de films espagnols sortis cette année sur les écrans de ciné, El Buen Patron fait figure de meilleur challenger,derrière le Madres Paralelas de Almodovar et As Bestas de Sorogoyen, dans un registre différent puisqu'il s'agit d'une comédie des mœurs acide. Dans une entreprise fabricant des balances régentée par un patron paternaliste incarné par un Javier Bardem exceptionnel, une multitude de micro-évènements vont s'amonceler autour de notre "héros" jusque là installé confortablement dans une routine de notable d'un autre âge, droit de cuissage inclus. Si le travail de Bardem est de tout premier plan, il ne cède jamais au cabotinage et il faut le voir ciller et battre incidemment des paupières, laissant affleurer une colère qui ne sourdre jamais vraiment, ajoutant ainsi une couche supplémentaire au portrait qu'il nous livre de son personnage. Par moment vaniteux, suffisant, médiocre, il n'en demeure pas moins humain et, si l'ironie est un des moteurs de l'histoire, le film ne verse pas dans la fable moraliste ou la comédie sociale d'une manière conventionnelle. Cela n'empêche pas la réflexion, au contraire. Sur le monde du travail mais aussi la difficulté qu'il y a à mener une entreprise, une pluralité pas si fréquente. A noter la présence de Almudena Amor, déjà très bien dans La Abuela. Un hybride réussi de Chabrol et Alex de la Iglesia, avec un soupçon des Nouveaux sauvages,
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3,0
Publiée le 15 septembre 2022
Proposition de l'Espagne pour la 94e cérémonie des Oscars devant de sérieux concurrents, "El buen patrón" peut se targuer d'être le film le plus nommé de l'histoire des Goya avec 20 nominations. Le film commence par un grand discours de Blanco, le grand boss d'une entreprise qui fabrique des balances en tout genre, sur les valeurs familiales de l'entreprise avec les résultats qui sont vantés alors qu'au même moment un homme tape un scandale pour s'être fait virer comme un malpropre. Le début des problèmes pour Blanco qui attend la visite d'un comité pour la remise d'un prix important. Le formidable Javier Bardem incarne un homme qui se présente comme un patron proche de ses employés auxquels il répète sans cesse que leurs problèmes sont les siens. Après tout, des employés heureux signifient qu'une entreprise est florissante. Il s'implique donc personnellement dans leurs problèmes, mais il va vite être dépassé par la situation avec en plus les siens à gérer. Entre l'ancien salarié qui ne lâche pas le morceau, le responsable de la production qui a des problèmes de couple et la stagiaire qui ne dit pas de suite qui elle est, Blanco ne va plus savoir où donner de la tête. "El buen patrón" est un film bien sympathique avec des situations cocasses et des dialogues à double sens amusants, par contre je trouve que le film ne passe jamais ce cap pour devenir un excellent film.
Un monde ouvrier usé, sans héros ni méchants, loin de tout manichéisme. Une comédie mordante, gris foncé, presque noire… voilà comment on pourrait qualifier les deux heures somptueuses de méchanceté écrites et réalisées par l’espagnol Fernando León de Aranoa. Un ex-employé viré qui proteste bruyamment et campe devant l’usine… Un contremaître qui met en danger la production parce que sa femme le trompe… Une stagiaire irrésistible… A la veille de recevoir un prix censé honorer son entreprise, Juan Blanco, héritier de l’ancestrale fabrique familiale de balances, doit d’urgence sauver la boîte. Il s’y attèle, à sa manière, paternaliste et autoritaire : en bon patron ? Una joya de España… pardon, un bijou venu d’Espagne ! Fernando León de Aranoa est un cinéaste plus qu’inspiré que suis très attentivement avec ses trois derniers films, Amador, A perfect day un jour comme un autre et Escobar. Cet homme-là n’écrit pas et ne filme pas pour rien. Et une fois de plus, il trace le portrait sans concession d’un patron modèle… enfin, qui se voudrait modèle mais dont les certitudes vont toutes chanceler puis être mises à mal les unes après les autres. Une entreprise de démolition savamment dosée et orchestrée. Aranoa concède volontiers : J'ai tendance à croire que presque tous les films sont politiques. En tout cas les siens, à coup sûr. Mais il évite pour autant d’être à la fois béatement militant et manichéen. Ironie mordante, dialogues ciselés, scénario dévastateur, tout est réuni pour parvenir à nous rendre sympathique ce patron pervers au sourire de façade. On pense volontiers à la férocité des comédies italiennes de l'âge d'or servies par Tognazzi, Sordi ou Gasman. Du grand art ! Le film doit évidemment beaucoup à l’extraordinaire Javier Bardem au sommet de son art. Face à lui, Manolo Solo, Almudena Amor, Oscar de la Fuente, se sont tous mis au diapason du maestro Bardem. Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur scénario, meilleur montage et meilleure musique… aux Goya 2021… un triomphe bien mérité pour cette pépite jubilatoire qui sait distraire – ô combien – en dénonçant la violence du monde du travail. Courez-y s’il en est encore temps !
Quelle prestation XXL de Javier Bardem dans le rôle d'un patron d'entreprise de balances. Celui-ci peut laisser libre-court à son talent fantasque grâce à un scénario fouillé et des dialogues hilarants. Sa façon de manager ses employés est pour le moins originale, n'hésitant pas à s'immiscer ouvertement dans la vie privée de ceux ci comme le contremaître Miralles. Cela peut être perçu comme une satire du patronat avec ce comptable licencié indéboulonnable aux abords de l'usine. Pour ma part, j'y ai vu une comédie acide mais savoureuse multipliant les rebondissements sans baisse de régime pendant deux heures, et ça, c'est plutôt rare. Du pur bonheur.