Portrait sensible et attachant d’une prostituée et mère courage prête à tout pour assurer l’avenir de son fils, illuminée par l’interprétation hyper touchante de Laure Calamy. 3,25
Un film d'un réalisme saisissant, de par son scénario et le jeu des acteurs. Une incursion dans le monde de la prostitution, et dans la vie de cette femme qui fera tout pour arriver à son but. Brut, captivant et bluffant de justesse.
Le portrait d'une femme. D'une qui se prostitue. C'est avant tout de cela dont il s'agit. Le déroulé des événements est connu d'avance. Même si on peut se laisser surprendre. Et l'émotion recherchée est assez artificielle, même si très cohérente avec ce qui est raconté. Là où "Une femme du monde" gagne ses points (en plus de la performance de Laure Calamy), c'est dans l'honnêteté intellectuelle de sa démarche. S'il n'oublie pas que certaines le font car elles n'ont pas d'autre choix, il nous en présente une qui le fait de son plein gré. Qui en est fière et le revendique. Et qui est indépendante. D'où l'existence de cette pancarte brandie par cette dame (et ces dames) au slogan ainsi libellé : "ni victime, ni coupable, p*** et fière de l'être". Je veux dire en cela que l'on évite l'écueil du misérabilisme dans lequel notre cinéma actuel à trop tendance à se fourvoyer. Mais rien ne saurait être parfait. Alors dès qu'il faut allonger la monnaie pour une bonne cause spoiler: (payer une école privée au fils) , Marie renonce alors à son indépendance, avec une étrange indifférence d'ailleurs. Et n'hésite pas à s'abaisser à des actes moralement et pénalement condamnables : spoiler: le vol et le chantage . Une femme, qu'elle soit femme du monde ou pas, reste un être humain comme les autres et n'est pas à l'abri de voir ressortir certains bas instincts. Bien entendu, tous les sujets mis sur les tables ne sont pas creusés en profondeur (il est, pour le coup préférable, de s'en tenir à un seul, tant la prostitution en brasse un large éventail) mais il y a quelque chose de réconfortant à voir que de nos jours, il existent encore des gens qui font l'effort de réfléchir.
Cécile Ducrocq, showrunner et réalisatrice de la série événement L'Opéra, présente son premier long-métrage avec la fabuleuse Laure Calamy. Avec une grande sobriété, on suit une prostitué qui veut offrir un avenir a son fils de 17 ans et qu'il puisse suivre ses études de cuisinier. Entre violence et amour, cette relation mére-fils est tumultueuse dans l'espoir d'avoir un avenir. Laure Calamy éblouie l'écran. Elle se donne au maximum et on est ébloui. Son partenaire Nissim Renard tient la barre haute et arrive au niveau de l'actrice. Un très beau duo pour un film sobre et touchant.
NOS BATAILLES. On ne nait pas femme, on le devient. Laure la flamme, qui réchauffe et alimente les hommes. Un metier qui rentre, à plein temps. Film de dis-putes et d'utilité public. Balavoine a aimé
Un film humanisant cette profession connue mais méconnue. L'histoire de la relation mère / fils n'est que secondaire, mais est la porte d'entrée dans cet univers source de fantasmes donc d'ignorance. Un portrait simple mais pas simpliste, brillamment porté par l'actrice principale.
Laure Calamy confirme que c'est une excellente actrice. Elle est vraiment excellente dans son rôle. Celui qui joue son fils est très bon lui aussi. La réalisation est de qualité sur un sujet qui est sensible, à savoir la prostitution. Il est intéressant de noter la volonté de la maman pour que son fils puisse aller sur des chemins meilleurs qu'elle et puisse trouver sa voie avec une situation professionnelle et financière de meilleure qualité.
Le titre du film résume tout. Beaucoup d’émotions sont à prévoir aussi bien tristes que belles. Une histoire belle et bien réaliste qui nous fait ouvrir les yeux.
J'aime beaucoup Laure Calamy car elle peut tout jouer et dans ce premier film plutôt réussi elle nous emmène avec elle dans le monde de la prostitution dont on ne parle plus trop et qui pourtant existe et il est bon de rappeler son utilité! et ses difficultés. On ne s'ennuie pas dans ce film mené tambour battant. A voir
Une Femme du monde prolonge le court métrage de la même réalisatrice Cécile Ducrocq, attachée à la perturbation de l’activité de Suzanne et de ses collègues spoiler: suite à l’arrivée de prostituées africaines – dont les conditions de travail sont ici également pointées du doigt ; son intérêt premier, outre sa valeur d’investigation d’un milieu peu représenté au cinéma, est celui d’interroger la dynamique reliant liberté et dépendance sous la forme d’un engrenage fatal tour à tour adopté comme principe d’écriture et dénoncé par le personnage d’Adrien. En effet, au nom de son fils, Marie fonce dans ce qu’elle considère être son rôle (à elle, maman) au point de spoiler: s’entêter à l’inscrire dans une école privée, archétype d’un eldorado populaire et sacrificiel, sans chercher d’autres voies avec lui ; toutes les transactions avec des spoiler: clients de plus en plus odieux et sales servent au financement d’une scolarité luxueuse , c’est-à-dire à l’entretien d’un système reposant sur le maintien des inégalités sociales dont Adrien ne veut pas lui-même – il ne cesse de le lui rappeler. La mobilité de Marie, traduite à l’image par un nombre important de scènes embarquées dans un véhicule, équivaut aux différentes fonctions complémentaires ou antithétiques qu’elle incarne dans la société ; elle traverse divers milieux et pays, condamnée à la marginalité – elle exerce à la frontière allemande – qui est celle d’une profession suscitant incompréhension, dégoût ou curiosité déplacée (le banquier par exemple). L’approche naturaliste, avec une caméra placée au plus près des corps, refuse pourtant l’outrance ou la complaisance ; sa pudeur ennoblit davantage cette figure de mère courage suivie sans jugements aucuns et portée à bout de bras par une Laure Calamy épatante.
Un sujet grave, commun à de nombreuses familles : la déscolarisation d’un enfant totalement handicapé par le système d’enseignements proposé. La mère ici est seule, et ses revenus de prostituée ne lui permettent pas de réunir la somme nécessaire pour payer les frais de scolarité d'un établissement professionnel. On la suit alors dans ses différentes démarches pour obtenir de l’argent ( banque, proches … ) toujours en butte aux tracas et à l’attitude de son fils dont la période adolescente trouble considérablement son caractère. Devant la force et la conviction de son jeu à fleur de peau Laure Calamy est plus que convaincante, au point de supplanter parfois la mise en scène pour ne laisser que les mots, le regard, l’intensité de son combat. Je découvre dans le rôle de son fiston Nissim Renard cette graine de cinéma joliment plantée au cœur d’un récit d’une grande humanité. L’’impression de revoir tout gamin Kacey Mottet-Klein, Rod Paradot devenus grands. Il en prend le chemin Pour en savoir plus: lheuredelasortie.com
Laure Calamy (Marie) porte le film sur ses épaules avec talent et énergie. Au-delà de cette femme prostituée qui part en quête pour payer une école hôtelière hors de prix (9000€) à son fils Adrien (Nissim Renard), c’est le thème principal qui m’a plu : le droit aux prostituées d’exercer librement leur métier. Un des rares films qui ne juge pas le plus vieux métier du monde et qui nous dit qu’il y a en effet des femmes qui veulent continuer à l’exercer, que c’est un métier respectable. De plus, les travailleuses du sexe paient l’impôt !... et se voient entravées par des mesures gouvernementales hypocrites. Sans aucun doute, ces travailleuses du sexe n’ont jamais rêvé de ce métier petites, mais en le faisant soit par la force des choses, ou par conviction suite à un concours de circonstance, elles se prennent à le défendre parce qu'estimé.
« Le féminisme pro-sexe envisage une redéfinition du « pacte de prostitution » : celui de la réappropriation politique et économique de la prostitution par les femmes… Interdire l'exercice de la prostitution dans un cadre légal adéquat, c'est interdire spécifiquement à la classe féminine de s'enrichir, de tirer profit de sa propre stigmatisation. Dès lors, puisqu'affirmer que la prostitution est une "violence faite aux femmes" serait un moyen de faire oublier que « c'est le mariage qui est une violence faite aux femmes, et d'une manière générale, les choses telles qu'elles les endurent », « la sexualité masculine en elle-même ne constitue pas une violence sur les femmes, si elles sont consentantes et bien rémunérées et que « c'est le contrôle exercé sur les femmes qui est violent, cette faculté de décider à leur place ce qui est digne ou ce qui ne l'est pas ». A méditer.
Le film en profite pour faire la différence entre travailleuses du sexe et prostituées ; ces dernières sont exploitées par des hommes organisés en bandes malfaisantes et coupables de violence faite à ces femmes. Il était bon de le rappeler.
J’ai apprécié l’issue du film qui n’est pas tombé dans une sorte de happy end célébrant « le tout est possible », au contraire, la fin opte pour le "réaliste". Oui, « Une femme du monde » est un film réaliste. D’où sa force.
Un drame empreint d'une grande justesse, tant dans le propos que dans l'interprétation émouvante de Laure Calamy en mère célibataire pleine de résilience, pour qui on se prend rapidement d'affection.
Laure Clamy parfaite dans cette maman prostituée à l'ancienne qui se vend littéralement pour son fils. Un film bien documenté avec une plongée aussi effrayante que réaliste dans les maisons closes allemandes. Autre point positif ce de film c'est qu'il ne montre pas la prostitution que du côté du misérabilisme.