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fabrice d.
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3,0
Publiée le 4 octobre 2020
C'est un joli film, en douceur, et sensibilité, qui traite de ces gueules cassées, revenues plus ou moins entiers de l'enfer des tranchées de 1914. Ici, on parle plutôt de problèmes psychologiques que mécaniques et physiques, mais ils sont aussi durs à réparer. Chacun essaie de retrouver sa place à sa manière. On suit deux frères, complètement différents, et le 3eme est mort à la guerre. Il ne reste plus que la mère qui ne sait pas comment aider ses fils. Pourtant on ne sait pas toujours où on va, sachant qu'on alterne entre des passages en Afrique et d'autres en France. Il aurait peut-être fallu une introduction un peu plus longue.
Malgré une entrée en matière bien-bien longuette (Duris alias Georges exilé en Afrique ... c'est quoi là ! on est en mode docu ? quel apport véritable au sens du film ?), j'ai été plus attendri par les personnages et leurs fêlures (Gadebois est vraiment un superbe acteur) que par l'histoire qui zigzague tant on se demande où le réalisateur du film veut bien nous emmener ! Soit. Je vous rassure, j'ai quand même bien capté - quelle horrible scène plus déclamatoire que ressentie que celle que nous sort Duris - que le film souhaitait aborder la question du traumatisme vécu dans leur chair par les poilus survivants, de retour des tranchées de 14-18. Bon. Et après ? ....la réalisation ne nous aide pas vraiment à nous émouvoir. L'amour pourra aider les êtres à se reconstruire - pas tous - et une nouvelle vie est promise au héros à Saïgon. Bien. Et après ? ... sans réalisation digne de ce nom, la narration tombe (mon ressenti) un peu à plat.
Le film peine à se mettre en place, la faute à un exposé assez confus, un montage manquant de rythme et une prise de son perfectible. Sont évoqués les dégâts de la guerre de 14 (« l’impossible c’était d’en revenir entier »), la Lorraine et ses mirabelles chères à mon cœur, mais l’émotion ne passe pas vraiment malgré les efforts de Grégory Gadebois et l’assurance de Romain Duris.
Il est de ces acteurs qui sont au-dessus du rôle qu'ils interprètent. Romain Duris est d'un charisme hallucinant. Il irradie l'écran. Chaque personnages campés est une prouesse de jeu. Innocent, provocateur, agitateur, ne cherchant pas le bon mot mais la bonne posture. Il est grand, et c'est pas la première fois que je le dit. Que d'éloges, si ce n'est trop. Il fait confiance à un premier film, d'un scénariste confirmé. Emmanuel Courcol livre un récit de ce qui a de plus classique dans sa forme. Un résultat sage (trop?) maîtriser et abouti. La première scène y est pour beaucoup. Elle fait monter les poils et l'émotion en 3 minutes. Cette dernière ne redescendra pas. Un beau discours autour de l'amour fraternel. Un film gracieux et, encore une fois, classique dans sa facture. Mais quand c'est bien fait, on est face à du très bon cinéma.
Après une guerre 14-18 traumatisante pour les corps et les esprits, Georges a choisi de fuir son village natal pour partir en Afrique. 5 ans plus tard, il y revient et retrouve sa mère et son frère, Marcel, qui a perdu la parole, hanté par les horreurs vécues pendant la guerre. Un retour qui ne sera pas évident dans une société française qui reste marquée par les traumatismes subis par une partie de sa population. C'est dans ce contexte que Georges va rencontrer Hélène, ancienne infirmière d'un hôpital de guerre et maintenant professeure de langue de signes.
Film portant avant tout sur le retour compliqué des soldats dans la société française après la première guerre mondiale, Cessez le feu va parvenir directement à nous mettre dans cette ambiance pesante et difficile des tranchées françaises dès les premières images. Un début pesant avec des scènes à la limite du supportable qui permettent de nous donner un avant-goût très court de l'horreur subie par ces hommes.
Dans une première partie qui va nous donner un aperçu rapide de l'ensemble de la situation avant le retour de Georges, nous allons ainsi passer des tranchées françaises à l'Afrique, en passant par son village natal où nous allons suivre Marcel dans son quotidien avant le retour de son frère. Et c'est cette première partie savamment travaillée qui va permettre d'installer toute l'histoire avec brio et émotion.
Par la suite, nous allons suivre le retour à la vie française de Georges, ainsi que le travail effectué autour de Marcel pour lui permettre de retrouver la parole et une vie normale. Tout cela entrecoupé de flashs des tranchées et de la vie africaine.
Cessez-le-feu est donc un film intéressant historiquement parlant et parfaitement maîtrisé qui permet de mettre l'accent sur un élément que l'on a tendance à oublier : le difficile retour des soldats à la vie après la guerre. Un fait qui reste encore vrai aujourd'hui, et ce quelque soit la guerre. Enfin, Romain Duris et Grégory Gadebois sont parfaits dans ce duo de frère.
Les : Le sujet / La réalisation avec une première partie parfaitement travaillée / Le duo Duris - Gadebois Les - : Le déséquilibre entre la seconde partie et la fin
Un premier film élégant qui traite intelligemment d'un sujet rarement vu au cinéma : les traumatismes de guerre et le difficile retour à la vie. Une critique plus détaillée et d'autres sur le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.fr
Sous-prétexte de retracer la souffrance contenue des cabossés de la guerre 14-18, des non-dits qui les véhiculent dans leur vie d'après guerre, on subit un film d'un profond ennui. La fin est de meilleure facture pour qui a la patience.
Un an avant les commémorations de la "grande" guerre, E.Courcol sortait cette honnête protestation contre la folie des hommes, qui présida à la première boucherie industrielle du 20° siècle. Un an après avoir repéré et loupé son film dans les salles, je me suis décidé à le visionner chez moi. Sans doute le passage au petit écran dessert-il un peu le film, tourné pour partie en Afrique dans des extérieurs de pleine nature accrocheurs. Mais je suppose que même en salle, j'aurais ressenti un certain manque de rythme. Si Georges, le personnage que joue Duris, est intéressant mais un poil désincarné, celui que joue Grégory Gadebois m'a vraiment touché, peut-être dans la mesure où son refus de la violence est plus radical. Il dit en voix off un texte qui clôture l'histoire en beauté dans un final très réussi. Quoi qu'il en soit, difficile de ne pas adhérer au propos de ce film généreux, qui évoque le retour à la vie ordinaire de gens ordinaires, après l'enfer.
Le premier film d’Emmanuel Courcol débute par une séquence ambitieuse dans les tranchées du front de la première Guerre Mondiale. Ces plans réalisés à la grue rendent compte avec intensité et authenticité de la violence physique et psychologique des combats. Les ambitions de cette scène liminaire ne sont pas confirmées tant dans la narration que dans la mise en scène par les segments suivants de Cessez-le-feu. La partie campée en Haute-Volta embarque une intrigue faible. Dans la partie française du film, le scénario privilégie les sentiers battus au détriment de ce qui aurait dû rester son sujet central, le sort des poilus et la gestion de leurs traumatismes durant l’immédiat après-guerre. Les interprétations livrées par Romain Duris, Céline Salette et Grégory Gadebois sont bonnes mais sans surprise car ces acteurs évoluent ici dans les registres que nous leur connaissons. Imparfait et inégal comme nombre de premiers longs-métrages, Cessez-le-feu suscite un certain intérêt qui nous laisse attentifs de la prochaine réalisation d’Emmanuel Courcol.
Un très beau film, magnifiquement interprété mais je n'ai pas été touché. La partie sur l'Afrique est intéressante mais pas suffisamment développée. La seconde partie, celle du retour du "héros", ronronne beaucoup et manque de rythme. Le traumatisme n'est pas assez fouillé et mis en avant. Le visuel est réussi !
Marcel (Grégory Gadebois) rentre du front sourd et muet après la Grande Guerre tandis que son frère Georges (Romain Duris) et lui, parti vivre en Afrique pour oublier 14/18. Finalement, ce dernier va déçider de rentrer au pays mais les traumatismes de la guerre ne sont jamais loin. Le casting est brillant avec également Céline Sallette et Julie-Marie Parmentier mais le film nous fait parfois sombrer dans l'ennui malgré les superbes paysages africains et quelques séquences fortes. Par contre, Grégory Gadebois est lui, extraordinaire,spoiler: même s'il ne prononce qu'un mot dans le film et la scène finale est grandiose (à l'inverse du film qui a quand même le mérite de montrer les stigmates des soldats après l'armistice).
Après un début très lent en Afrique, le film devient intéressant avec le retour des soldats de la 1ère guerre dans leurs familles. Un immense décalage s’est dressé entre les soldats ayant vécu l’enfer des tranchées et leurs proches qui voudraient oublier et reprendre une vie normale. Romain Duris retrouve son frère devenu muet à la suite d’un traumatisme et qui apprend à communiquer avec la langue des signes, Romain Duris entame une liaison avec la professeure de son frère mais se met très en colère quand elle parle de son mari revenu du front et ne ressemblant plus à l’homme qu’elle avait aimé. Malgré tout la vie continue et s’améliore doucement. Mais les tourments de la guerre ne sont pas vraiment loin et vont ressurgir lors d’un orage. Si le scénario et les acteurs sont bons, par contre la mise en scène de ce film est très déroutante, on passe d’une scène à une autre sans transition, sans explication. De plus Romain Duris est de tous les plans et ça devient vraiment dérangeant au bout d’un moment. Grégory Gadebois qui joue son frère est d’une justesse et d’une retenue bouleversante.
Avec quelques longueurs à l’image du temps qu’il faut pour s’échapper du traumatisme de la guerre et entamer une lente reconstruction, ce film, tout en délicatesse fait état du retour à la vie normale d’un homme qui veut fuir son passé de soldat de la grande guerre puis de ses années en Afrique. Romain Duris interprète remarquablement cet homme abîmé qui a du mal à comprendre ses proches et lutte, cette fois sur un autre champ de bataille, le terrain psychologique. Le trio Duris-Sallette-Gadebois fonctionne plutôt bien et chacun, à leur manière, rende un hommage sincère à ces sacrifiés de l’Histoire. On peut s’ennuyer toutefois car l’ensemble reste un peu morne sans vraiment d’étincelles scénaristiques.
Même si le thème a déjà été traité au cinéma [« La vie et rien d’autre » (1989) de Bertrand Tavernier, « La chambre des officiers » (2001) de François Dupeyron], le retour à la vie civile après la 1ère guerre mondiale, demeure toujours d’actualité. Le film débute dans les tranchées de l’Argonne en 1916 où les soldats subissent le pilonnage incessant et meurtrier des canons allemands. Retour à la vie civile en 1923 à Nantes (on y aperçoit la cathédrale St-Pierre et le cours Cambronne). Marcel Laffont (excellent Grégory GADENOIS, tout en retenue), ayant perdu la parole, est retourné vivre chez sa mère, veuve, tandis que son frère, Georges (Romain DURIS) est parti en Haute-Volta faire du troc pour acquérir des sculptures africaines, accompagné d’un autochtone, lui aussi ayant été soldat. spoiler: Suite à l’assassinat de ce dernier, il décide de rentrer (à 35 ans) en France pour trouver un travail d’ingénieur.spoiler: Il s’éprend du professeur de langage des sourds-muets (Céline SALETTE) de son frère . Avec un sens du montage et de l’ellipse (rappelant celui de Jean-Paul Rappeneau), Emmanuel Courcol décrit bien le mal-être des survivants de la Grande-Guerre, même chez ceux non touchés physiquement, sans oublier la reconstitution réaliste des années folles (au son du charleston et du fox-trot) avec ses zones d’ombres (enrichissement de certains grâce aux chantiers de réhabilitation des champs de bataille). Le style reste académique et manque un peu de souffle ou d’émotion. Le point faible du film réside dans la trop grande part accordée à la partie africaine de George Laffont (très bien filmée) qui pourrait constituer à elle seule un autre film.