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3,0
Publiée le 6 juillet 2023
Documentaire intéressant autour du travail de mémorisation des comédiens. Il est rare et assez passionnant de voir Isabelle Huppert baisser ainsi sa garde et se montrer plus naturelle. Observer cette immense artiste lutter contre une réplique qu'elle ne parvient pas à retenir nous permet d'accéder à une facette de sa personnalité, plus vulnérable, que nous ne sommes pas habitués à voir. La deuxième partie avec Fabrice Luchini m'a nettement moins convaincu. D'abord, car ce n'est plus vraiment de mémoire dont il est question, mais aussi parce que l'acteur reste quelque peu enfermé dans son personnage et, à l'inverse d'Isabelle Huppert, ne semble pas décidé à tomber le masque.
Une plongée passionnante et "live" au cœur du travail de deux comédien.ne.s immenses qui osent montrer leurs doutes et leurs faiblesses. La réalisation et le montage sont habiles et élégants. L'ambiance d'Avignon pendant le festival est restituée On découvre aussi des facettes plus.rares des deux personnages. Un pur moment de délectation.
Festival d'Avignon 2021. Isabelle Huppert va jouer La Cerisaie de Tchekhov et Fabrice Luchini donner une lecture de Nietzsche et Baudelaire. Le film de Benoît Jacquot va suivre chacun des deux personnages quelques heures avant leur représentation, sans qu'iels ne se croisent. Le résultat est passionnant ! Dans un style très différent, chacun·e se livre à l'exercice avec naturel et sincérité. Les deux ont en commun l'amour de leur métier de passeur·se, le respect du texte et du public, la tension vécue pendant ces quelques heures préliminaires si particulières. On est plongé·e avec bonheur au coeur (aux coeurs ?) du métier d'acteur·trice.
Ai vu "Par coeurs" documentaire de Benoit Jacquot. En tant qu' admirateur absolu d'Huppert je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous. Bon évidemment j'ai un énorme problème avec Luchini mais justement le parallèle entre ces deux comédiens diamétralement opposés, sur le papier est passionnante. Le film est construit en 3 partie. Nous sommes au dernier Festival d'Avignon (Eté 2022) et Benoit Jacquot suit et dialogue avec les deux acteurs qui se produisent dans deux spectacles très différents chacun de leur côté. Huppert est le centre de "La Cerisaie" jouée dans la cour du Palais des Papes, spectacle tant attendu et finalement un peu raté, Luchini vient pour faire une lecture de textes de Nietzsche devant un public acquit d'avance. La première partie est consacrée à Isabelle Huppert qui entre petit à petit dans le costume de La Huppert qui a du mal à mémoriser le texte de Lioubov Andréïevna Ranevskaïa. Huppert est vulnérable, humble, ressasse, défaille, recommence, se met une pression de dingue, s'isole, s'endort, recommence encore et encore cet enchainement sur lequel elle bute... irrémédiablement, Huppert défaille, est envahie par le trac et a un trou de mémoire pile à l'endroit où elle l'appréhendait tant depuis longtemps, Isabelle devient de plus en plus humaine, Huppert s'efface et disparait. Luchini s'écoute parler, site Jouvet à tout bout de champ comme s'il avait été son élève, théorise, sur articule les consonnes à l'infini, s'écoute faire des effets alors que son discours est totalement à l'opposé, s'emporte dans ses théories, fait des digressions, reviens à Nietzsche qu'il commente entre deux phrases lues. On ne verra jamais vraiment Fabrice, qui de toutes les façons n'a pas le trac, lui. Son public se moque pas mal de ce qu'il lit, du moment que Luchini fait son show. La deuxième partie prend fin, épuisante ! Puis le troisième acte alterne une interview des deux acteurs chacun dans une voiture les ramenant d'Avignon ayant pour thème le trac du au par coeur principalement. Quel dommage que ces deux personnalités ne se rencontrent jamais, ne partagent pas leurs expériences, leurs techniques, leurs émotions. La bande annonce est bien mieux montée que le documentaire en lui-même. Benoit Jacquot enfonce un peu des portes ouvertes, et rien n'est moins intéressant que de voir un acteur répéter, attendre en coulisses, se concentrer où s'éparpiller avant d'entrer en scène. La première partie est passionnante parce que justement Isabelle laisse tomber le costume d'Huppert qui la vampirise et l'étouffe de plus en plus. Mais l'exercice du documentaire est un peu vain. A voir pour les étudiants comédiens et autres artistes et les fans de Luchini la Rock-star et l'humaine Isabelle.
Par Cœurs est un documentaire réalisé par Benoît Jacquot et sorti en 2022. Ce film est assez inégal. La mise en parallèle de deux acteurs dans leur manière de travailler est intéressante. En revanche, pour gagner en dynamisme de montage, il aurait peut être été intéressant de croiser les méthodes de travail et non de les présenter les unes après les autres (la partie concernant Isabelle Huppert étant moins intéressante que celle sur Luchini, ce dernier étant captivant). Ce court documentaire est une curiosité à réserver aux admirateurs de Huppert et de Luchini.
C’est l’envie de montrer des moments forts de vérité chez deux grands, qui semblent déjà tellement aguerris et dans la maîtrise. Et de justement aller chercher les émotions les plus brutes, dans un moment si propice, chez des artistes que le réalisateur connait justement par cœur. Sortir de la mécanique de l’enchaînement des rôles, pour attraper ce qui les habitent véritablement.
Dans Par cœurs, on est face à deux monstres, deux incarnations, deux folies… Fabrice est autant épuisant qu’il semble entier, avec une exaltation totale, quand Isabelle intériorise, médite presque. Même s’il s’agit de leur spectacle respectif, et donc forcément de leurs choix artistiques, Isabelle Huppert se fond dans un collectif là ou Fabrice Luchini prend seul toute la place sur la scène, ce qui est très certainement très en phase avec ce que semble vouloir nous dire le cinéaste. Le documentaire est forcément clivant, tant le contraste est majeur entre les deux artistes.
Si la finalité de Par cœurs n’est pas très innovante, le procédé, la mise en scène apporte une touche d’inédit pas désagréable, mais difficile à regarder si l’on n’est pas déjà un peu acquis à la cause des deux artistes, ainsi passés au révélateur.
Film tourné en 2 jours à Avignon. Pendant la première demi-heure, on voit Huppert répéter, au sens littéral, son texte, puis l'oublier en scène. Filmé sans intention, on l'a suit dans , il n'y a même pas de preneur de son, on n'entend rien. Heureusement que la générosité de Lucchini arrive pour nous réveiller un peu.
Huppert est ici désespérante à regarder mais surtout à entendre ! Quel long ennui ! Quel intérêt ai-je eu à rester dans la salle ? Le mince espoir que Luchini saura mieux faire quand même que cette pauvrette ! De justesse, je l'ai écouté jusqu'au générique mais c'est parce qu'il a fait parler Jouvet, Bouquet et a laissé son souffle au vent