J’ai tenu deux heures. Deux longues heures à attendre que ce film décolle, qu’il me fasse ressentir quelque chose. Rien.
Je n’ai pas lu le roman de Dumas, mais j’ai vu la version de José Dayan avec Gérard Depardieu : et là, on parlait de cinéma. Depardieu vit Edmond Dantès. Il le respire, il le brûle. Il porte le rôle comme personne.
Ici, tout est plat. Le héros manque d’aura, de rage, de chair. On ne ressent ni la douleur, ni la vengeance, ni la renaissance.
Quand Depardieu sort du Château d’If, c’est un tremblement ; ici, c’est à peine une respiration.
Et cette musique omniprésente… on dirait qu’elle essaie de remplir le silence émotionnel du film.
L’introduction est interminable : plus d’une heure avant qu’il découvre le trésor.
On s’attend alors à des vengeances magistrales, à un feu d’artifice dramatique : mais non. Tout retombe.
Les scènes manquent d’intensité, les confrontations sont molles, et le Comte lui-même semble absent.
Dans la version Depardieu, chaque vengeance avait du panache, de la théâtralité, de la puissance.
Ici, tout semble poli, distant, presque froid.
Le film est beau à regarder, certes, mais creux à vivre.
En sortant, j’avais juste une envie : revoir la version de José Dayan.
Parce que la vengeance, quand elle ne brûle pas, n’est plus une vengeance : c’est une berceuse.