Un film étrange qui nous laisse un goût amer et une impression de malaise. Le premier tiers est rébarbatif , avec ce jeune militaire victime grave d’un attentat , qui devra subir une rééducation complète. On est plus près d’une docu-fiction avec comme cadre l’hôpital militaire des Invalides .
Puis commence alors un film assez glauque quand ce militaire rétabli, retourne vivre chez sa sœur , dans la campagne ariègeoise . Relation trouble, néo incestueuse, même si ils ne sont que demi-frères. D’ailleurs les deux jeunes acteurs ont du mal à trouver le ton juste, eux même. Une de mes actrices préférées de la jeune génération Noémie Merlant joue faux , tantôt trop larmoyante, mièvre, trop décalée, gros plan sur le visage, perdu involontairement, au fond de l'abime, qui cherche le ton . On comprend bien que le personnage la trouble aussi, et qu’elle ne sait par quel bout le prendre : empathie, révolte, indulgence.
Idem pour le frère Benjamin Voisin , jeune espoir du cinéma français, qui surjoue : la peau à vif , au sens propre et figuré. Trop raide , trop « rough », excessif, sans subtilité, pas dans le ton.
Reste deux belles interprétations de seconds rôles : Audrey Dana excellente actrice, que l’on adore, qui attend toujours un grand premier rôle, pour prouver qu’elle est une des meilleures de sa génération, et André Marcon , excellent , grand acteur , vu récemment dans « la Femme la plus riche » qui se tire superbement bien du piège tendu avec ce rôle complaisant, « in » , dans la tendance, d’un homme qui cherche son genre. Quel intérêt.
La dernière partie est lourde aussi, dérangeante, mais pas dans le sens, qui nous bouscule intellectuellement , qui nous fait réfléchir , mais plutôt qui nous gêne ,celui d’assister à un « spectacle » intime , perturbé, malsain, gratuit, procurant un vrai malaise .