Godland
Note moyenne
3,6
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115 critiques spectateurs

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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2022
Les terres islandaises ont une histoire dans le sillage de ses chants et de ses cultures. Hlynur Pálmason (Winter Brothers, Un jour si blanc) propose ainsi une reconstitution de celle-ci avec l’appui de sept négatifs, pris au début du XIXe siècle. Le voyage d’un prêtre danois propulse alors le cinéaste vers un pèlerinage au cœur même d’une terre de misère, l’habitat d’une faune indomptable et d’une flore aux mille visages. En revenant sur les pas de ses ancêtres, il dédie cette odyssée à ses parents, natif d’une nation qui vit littéralement sur un volcan, anciennement sous domination danoise, du langage aux dogmes religieux.

L’île possède ainsi une double identité, qu’il convient de confronter, d’abord à travers la nécessité de se faire comprendre des autres. La communication est un atout qui alimente cette frustration, qui empoisonne peu à peu les esprits. La mission du prêtre danois Lucas (Elliott Crosset Hove) possède une multitude d’obstacles, dont l’effort physique, qui se lit sur son regard ou son comportement, dès lors qu’on le voit s’échouer sur une plage islandaise. Ce dernier est déjà à bout mentalement et son voyage ne fait que commencer. Rejoindre la colonie danoise, pour y installer une nouvelle passerelle de foi, en devient presque un enjeu mineur, au fur et à mesure qu’il apprend à monter à cheval ou à monter son campement. Sans interprète pour faire le pont, sans une ancre qui continue de l’arrimer à sa terre natale, Lucas perd espoir et gagne tout un assortiment de doute quant à son utilité, que ce soit dans ces contrées inhospitalières ou que ce soit dans son existence même.

Pálmason apprécie donc cette fresque, qu’il nous dévoile au rythme des pas, dont on sent le poids, la vulnérabilité et la culpabilité. Les corps se brisent sur les roches, sont emportés par la rivière ou se décomposent à travers des saisons et pour l’éternité. C’est ce genre de réflexion qui hante le héros et qui stimule des conflits, notamment avec son principal guide, Ragnar (Ingvar Eggert Sigurôsson), qui n’a pas de place dans ses prières. La bienveillance laisse rapidement place à d’autres sentiments, plus sanguins ou qui versent dans le péché. Dans ces conditions, les personnages finissent par se retrouver seuls, dans ce cadre atypique, doublé du format qui privilégie la verticalité, non pas pour montrer une ascension, mais bien pour écraser les corps sous la masse de la nature, qui ne souffre pas de ses métamorphoses, contrairement à la condition humaine.

Il n’y a pas de raison de parler de réconfort suite à un effort par ici. À l’arrivée, il n’y a que du bois à façonner et une église qui ne fait que dévoiler sa matérialité. La spiritualité des lieux prédomine toujours sur ce mouvement opposé que chacun tente d’entretenir à son avantage, mais en vain. Cette fatalité repose pourtant sur un moment, si bref, qu’elle n’appartient plus au présent. Les Travellings circulaires captent l’instant, la nature, les uns et les autres qui discutent, s’écoutent ou dansent. De même, le dispositif photographique que Lucas trimbale vient renforcer cette aura spectrale, qui plane sur tous ceux qui souhaitent immortaliser quelque chose derrière leur regard fixe et tourmenté. « Godland » (Vanskabte Land) est donc tout cela à la fois, un mélange subtil de contemplation, d’introspection et de collision, dans un enrobage salé, où la cruauté peut devenir une poésie et vice-versa.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2022
Nous entrons, avec Vanskabte Land, dans la démesure d’un homme porteur de celle de sa religion : le cadre géographique le confronte sans cesse d’une part à la beauté du paysage, sans cesse rappelée et photographiée, d’autre part à la finitude de toute chose ainsi qu’à ses propres limites d’être vivant ; il subit le dualisme d’un esprit qui doit composer avec un corps soumis aux rudesses d’un climat étranger, aux violences d’autres corps avec lesquels il s’efforce de communiquer et qu’il faut à terme convertir.

Le long métrage s’affirme dès le début comme le drame d’une communication impossible, peu à peu accrue par la disparition du traducteur, par l’intégration suspecte du prêtre étranger au sein d’une communauté qui hésite entre hospitalité et prévention d’un mal à venir, endémique au microcosme investi. La langue danoise se heurte à l’islandais et à la culture orale associée, en témoignent les chansons populaires, les légendes, l’interprétation des signes d’une nature déesse qui donne la vie et la reprend, dégrade, dévore, dissout les corps sans autre forme de procès. Ce que découvre Lucas n’est autre que la vanité, mais ce motif esthétique et moral se voit raccordé à une tradition philosophique plus proche de l’Antiquité, fidèle au De Rerum Natura de Lucrèce : la matière ne surgit pas de nulle part et ne disparaît pas, elle subit une suite infinie de transformations. Dieu n’a rien à faire là-dedans. Dès lors, le prêtre est confronté au dilemme, au sentiment d’injustice et de vacuité quand, par exemple, le premier office délivré dans l’église est perturbé par le chien qui s’impatiente à l’extérieur ainsi que par les cris d’un nouveau-né... Le respect obtenu de ses fidèles résulte de leur complicité à son égard et de la crainte d’un jugement céleste, non d’une foi véritable.

Ce bouleversement, d’ordre philosophique, est ainsi redoublé par un autre, d’ordre esthétique : Lucas doit prendre des photos de son expédition, c’est-à-dire des clichés qui l’obligent à réfléchir le monde en tant qu’artiste, de le réorganiser et, ainsi, de se revendiquer créateur d’une représentation ; on le voit alors décider des modèles, refuser à l’un son portrait pour l’accorder à celle qu’il aime. Il veille à l’entretien de son matériel, se montre impatient, impertinent voire destructeur lorsqu’on interfère dans son geste artistique. La mise en scène adopte cet œil scrutateur par le soin apporté à ses cadres, par les mouvements de caméra qui suivent les personnages avec une fluidité remarquable tout en célébrant la beauté obsessionnelle d’un paysage qui réduit ceux qui le composent à l’état de sujets d’une harmonie d’ensemble.

Si le film pèche par une longueur inutile qui lorgne parfois du côté de la contemplation forcée, il propose une vision de la vanité somptueuse et originale comme le faisait cette année, dans un genre différent, Triangle of Sadness (Ruben Östlund).
Fgiraut
Fgiraut

8 abonnés 29 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 janvier 2023
Expérience sensorielle, esthétique, philosophique inouïe aux confins de la puissance de la nature, du pouvoir du langage et des tréfonds humains. Une économie temporelle et sensorielle des sons et du visuel. Deux travelings circulaires à 360 degré stupéfiants, l'un est un voyage du groupe vers un soi perdu et profond en passant par l'ensauvagement (oui tout cela en un traveling qui marquera l'histoire du cinéma !). Aventure personnelle et quête perdue dans les confins colonisés révélateurs. Il y a de l'Aguirre et du Stalker en ce chef d'oeuvre.
Znodd
Znodd

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 janvier 2023
J'ai créé un compte Allociné unIquement pour faire cette critique, et disons-le, lancer aux cinéphiles innocents ce cri que j'aurais tant voulu entendre moi même: "N'y vas pas camarade, fuis ! FUIS!!" Alors oui quelques beaux plans (certes), mais un film d'une lourdeur, d'une pesanteur, d'un ennui absolu, d'un inintérêt abyssal, avec des personnages vides, totalement vides, austères, mornes, sans une once de grâce ou d'humanité, qui ne ressentent et n'expriment rien, que ce soit dans leurs silences sans fin et dans les rares moments où ils parlent, pour ne rien se dire, sur rien. Ce qui résume assez bien ce film en forme d'enclume qui se contemple elle-même dans un miroir (dans un beau paysage, oui) pendant 2h30. Et j'oublie le "dénouement" franchement grotesque, petit déferlement de violence de 5 mn maladroit, pataud, lourd, si lourd, tellement lourd, pour tenter de donner rétrospectivement une direction, une âme, une sève, un sens à un film qui n'en ont aucun. Une expérience sincèrement pénible. Je serais parti au bout d'une heure si j'avais pu, et je ne serais pas entré si j'avais su.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2022
Ce film est une réalisation éblouissante avec des prises de vues magnifiques des paysages sauvages et rudes de cette ile islandaise. Tout au long de ce film, on suit le périple et l’histoire de ce prêtre danois qui a pour mission de bâtir une église dans cet endroit reculé. Le réalisateur montre bien la dureté de cette mission très éprouvante qui va l’affecter physiquement et psychiquement. Malgré un scénario parfois déroutant dans son déroulé, le film est globalement excellent grâce surtout à ses qualités techniques indéniables.

Bernard CORIC
Johanna Mayer
Johanna Mayer

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 décembre 2022
Un immense voyage sensoriel qui imbrique avec génie l'esthétique et le métaphysique. Un film qui redonne foi dans le Cinéma.
eduboisgeoffroy
eduboisgeoffroy

65 abonnés 105 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 décembre 2022
Film hallucinant et halluciné sur le parcours d'un prêtre photographe en Islande.

Une réflexion sur la photographie, sur la relation à l'espace, sur la notion de voyage.

Un poème cinématographique et photographique sur l'Islande.

A voir et revoir.

A quand un voyage dans cette contrée des Dieux ?!
Mathieu
Mathieu

4 abonnés 4 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 janvier 2023
Beaucoup trop long et contemplatif. Les personnes ont peu de profondeur et de complexité. Assez déçu.
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 janvier 2023
Un film extrêmement long et même trop. Les scènes vides et sans intérêts s'accumulent à n'en plus finir. Les dialogues sont plats et soporifiques. Certains plans laissent songeurs n'amenants pas d'idées spéciales. Pour un film de 2h30 parlant uniquement de la construction d'une église.
iof
iof

7 abonnés 146 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 mai 2023
Un prêtre danois, ferru de photographie s'enfonce en Islande avec la mission de construire une église. Il s'entoure d'une lourde caravane de chevaux, de matériel , d'un traducteur, d'un guide, etc. Ses certitudes vont se heurter à l'âpreté du pays et de ses habitants, à la barrière de la langue et il y laisse la vie. On pense à Jauja de Lisandro Alonso ou un autre danois joué par Viggo Mortensen, se perd en Patagonie à la recherche de sa fille... Dans les 2 cas la beauté des images ne sauve pas le film.
pascalparis04
pascalparis04

29 abonnés 33 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 décembre 2022
D'un ennui mortel 10 minutes sur des fleurs ou sur l'éruption d'un volcan De quoi s'endormir ou partir au bout d'une heure et demie ce qui a été mon cas
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 janvier 2023
Contrairement à ce que j'ai pu lire, "Godland" n'est d'après moi pas un voyage mystique mais l'inverse : celui d'un prêtre qui confronte sa foi à la dureté d'un monde éprouvant tant par sa nature hostile que par les hommes qui y vivent et spoiler: qui échoue jusqu'à commettre les actes les plus condamnables
. Toute la première partie est très contemplative et saura satisfaire ceux qui aiment les films lents faits de grands espaces magiques comme dans "Dersou ouzala" ou "Aguirre, la colère de dieu", la deuxième partie se rapproche plus de drames intimistes - et toujours lents - à "La leçon de piano". Ainsi pour moi "Godland" est une réussite visuelle et sonore mais n'arrive pas à aller bien au-delà tant le personnage du prêtre m'a été déplaisant tout du long, et tant j'ai eu du mal à en comprendre les actes et les motivations. C'est donc plus sur le scénario que vont mes reproches et je peux dire que je suis pas mal déçu au final.
Gimo
Gimo

2 abonnés 10 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2022
pas de commentaire supplémentaire concernant les affres coloniaux , et dieu dans tout ça... mais des commentaires sur les choix formels de ce cinéaste: format carré à l'identique des formats de films des années 30, mais aussi des photos d'une chambre. Époustouflante mise en espace à la fois serrée par le format carré et des travelling et panoramiques serrés qui ne dévoilent ces espaces grandioses qu'à la mesure du regard et de la subjectivité des personnages. Remarquable !
spit
spit

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 8 janvier 2023
Le film ne repose que sur le pittoresque des scènes ou paysage, et sur la rudesse de la vie Islandaise. Cela ne suffit pas pour faire un drame, l'intrigue est faible, c'est long, et c'est lent, tout le temps !
Rougi
Rougi

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 décembre 2022
De belles photos mais des longueurs dans toute la 1ère partie du film. Quelques scènes violentes.Une vision de l' homme surtout très pessimiste même si elle s' inscrit dans la tradition luthérienne. D 'ailleurs le terme prêtre utilisé est erroné puisqu' il s agit d'un pasteur ( le Danemark au XIXe ayant depuis le XVI e le lutheranisme religion d'Etat )
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