Oui la mise en scène au format carré est majestueuse rendant hommage aux paysages austères islandais. L'aspect contemplatif du film fonctionne, on est du voyage. Curieusement ce sont les rebondissements narratifs qui m'auront fait décrocher. On s'enfonce dans une dramaturgie de plus en plus sombre. Et où à t on vu prêtre aussi antipathique et médiocre, il n' a pas de talents oratoires, ni de spiritualité ni d'esprit. J'ai bien compris qu'il fallait montrer l'arrogance Danoise sur les autochtones mais la dramaturgie dans lequel s'enfonce le film m'ont fait décrocher de ce qui semblait le sujet du film, l'homme et ses doutes face aux force de l'univers.
Plus que repéré avec Winter Brothers et Un jour si blanc, Hlynur Pálmason est passé à la vitesse très supérieure avec Godland dont il est légitime de se demander pourquoi il ne faisait partie que de la sélection d'Un certain Regard, à Cannes. Godland, qui rappelle parfois par son thème Silence de Shinoda, puis de Scorsese, peut aussi s'envisager comme un croisement audacieux et brillant du cinéma de John Ford avec celui de Cart Dreyer. Une sorte de western, oui, mais situé dans la splendeur et la désolation des terres islandaises et magnifié par un format carré aux coins arrondis qui n'est pas qu'une lubie stylistique du réalisateur. La mise en scène est somptueuse, admirez ces panoramiques soyeux et ces plans larges qui ramènent l'homme à sa condition ridicule, dans l'immensité minérale de la nature, lui qui n'arrive qu'à dompter les chevaux, et encore. C'est très beau et d'une riche austérité, si l'on ose employer cet oxymore. La religion, l'arrogance danoise (l'histoire se déroule au XIXe siècle, avant que l'Islande acquiert son indépendance), notamment, se coulent naturellement dans les thèmes qui courent tout le long de ce film éblouissant qui n'oublie pas de composer un personnage central passionnant, un prêtre partagé entre le spirituel et le charnel, et dominé par les éléments et les habitants de cette île fascinante et périlleuse pour qui n'a pas appris à la connaître et à la redouter depuis sa naissance. Et pour qui ignore également que le silence des chevaux est un leurre.
Le film qui aurait dû avoir la Palme d’Or. C’est ainsi que certains parlent du film du danois Hlynur Palmason, dont j’ais découvert Un jour si blanc en 2020 et qui m’avait fasciné. On retrouve dans ces 143 minutes – eh oui, Monsieur Palmason est un cinéaste qui sait prendre son temps -, la lenteur, le goût de l’étrange, de l’ambigü… et des longs plans fixes. À la fin du XIXème siècle, un jeune prêtre danois arrive en Islande avec pour mission de construire une église et photographier la population. Mais plus il s’enfonce dans le paysage impitoyable, plus il est livré aux affres de la tentation et du péché. Un très long chemin initiatique à travers des paysages somptueux et une dernière partie très surprenante. Un très grand film ! Comme d’habitude, il y a deux festivals à Cannes, celui de la Palme d’Or et les compétitions où l’on croise le plus souvent des réalisateurs plus jeunes et beaucoup moins connus du public. C’est là aussi qu’on découvre des pépites portées par des regards originaux. C’est le cas de ce Godland, aride, violent entre film de survie et drame historique – tout le scénario est basé sur des faits réels. En cette fin de 19ème siècle, l’Islande est encore sous domination danoise qui est d’ailleurs de moins en moins bien supportée par les iliens. Le jeune prêtre va devoir donc affronter l’hostilité de la nature, - la mer, le froid, le vent, la pluie, les volcans - et celle des autochtones. Un périple qui va mettre sa foi et sa moralité à l’épreuve. On suit donc avec fascination la lente désintégration morale d’un homme de foi dont on se demande s’il sera à la hauteur de ses idéaux. Superbe photographie – en format carré aux coins arrondies -, une bande-son tout aussi magnifique comme écrin pour un « héros » imparfait et antipathique, car pétri de ses certitudes et de sa prétendue supériorité. Il lui est donc très difficile d’admettre que sur cette terre hostile il est entouré d’hommes et de femmes meilleurs que lui. Aura-t-il l’humilité de le reconnaître ? Jusqu’où ira la métamorphose du jeune prêtre ? L’omniprésence de la nature et de la mort – hallucinantes séries de plans sur un cheval mort entrain de se décomposer de saison en saison – sont un des axes principaux de cet immense film. Elliott Crosset Hove, porte ce film dé bout en bout et nous fait partager le calvaire qu’il traverse. A ses côtés les Victoria Carmen, Jacob Lohmann, Ida Mekkin Hlynsdottir, Ingvar E. Sigurosson et tous les autres sont incroyables de force et de vérité. Palmason est un faiseur de miracle, car il transforme la port en fleurs et la brutalité en poésie. Un film difficile mais magnifique à ne manquer sous aucun prétexte dès sa sortie prévue à la mi-décembre.
Ai vu "Godland" film danois de Hlynur Pàlmason. Assurément un film dont la forme est époustouflante. Le cadre et la lumière sont absolument étourdissants. Les mouvements de caméra sont soit très fluides et totalement en harmonie avec la nature qu'elle filme, soit fixe de lors longs plans séquences pendant de rares dialogues. Nous suivons le périple de Lucas, prêtre danois qui a pour mission de construire une église en Islande. Lucas traverse à pied des paysages somptueux mais redoutables, eau, feu, boue, glace... et va affronter une population qui ne l'attends pas et toute aussi réfrigérante que le décor. Lucas n'est pas aimable et la plupart du temps est totalement mutique. Alors le spectateur se met lui aussi à traverser tel un chemin de croix sublime mais pénible ces 150 minutes de toute beauté mais totalement dénuées de dramaturgie, de rapports humains pas toujours compréhensibles, et ne développe donc aucune empathie pour aucun des personnages. Qui est vraiment Lucas ? Pourquoi les islandais détestent ils les danois ? Qui est cette communauté spoiler: que l'on aperçoit qu'à la toute fin ? Assurément une tempête tourbillonnante habite le crâne de Lucas, mais le metteur en scène s'attarde plus volontiers sur les éléments extérieurs qu'aux tourments de ses personnages. C'est très contemplatif, poétique, onirique mais ça manque foncièrement de chair...
Le maniérisme a son nouveau porte-drapeau. Il est islandais, il tourne en 35, ce qui complique bien la vie de ses producteurs, et il préfère le format 4/3, celui des postes à tube cathodique. Rien ne va dans ce film. Il est prétentieux et il est creux. Le protagoniste est antipathique au possible. Les enjeux sont dérisoires. Et la romance est aberrante. Deux personnages attachants mais secondaires : une petite fille surdouée et un dur à cuire. Une belle composition pour la bande originale. Mais c'est affreusement long et ennuyeux. On peut s'en passer.
Le film est intéressant pour son côté contemplatif mais le scénario est inexistant - volontairement sans doute - mais cela plombe quand même l'œuvre dans son approche comme dans son ensemble. J'étais parti plein d'attente et j'en ressors déçu. La presse est dithyrambique comme parfois mais je n'ai pas marché moins parce que c'est trop long que parce que les personnages ne se disent rien ou presque alors qu'ils auraient à dire et à se dire.
Sublime ! Avant de voir ce film, il faut être averti de l'immense tradition littéraire et poétique des Islandais. En s'attardant sur des paysages (que Cameron n'aurait pu inventer !), En faisant défiler le temps par des plans décalés du même paysage, la caméra est manifestement imprégnée de cette magnifique culture islandaise. Fallait-il rajouter une confrontation entre colonialistes danois et aborigènes islandais, je ne suis pas sûr que ce fût nécessaire. Mais du moment qu'on est captivé d'un bout à l'autre…
J'adore l'Islande et la Scandinavie en général, plutôt adepte de films lents et profonds, mais là, ça devenait insupportable de tristesse et d'ennui... Je suis parti au bout d'une heure.
Un des plus beaux films de cette année. Le réalisateur touche l'apogée de son art dans ce récit en pointillé sur un prètre face à ses doutes, noyé dans la réalité des passions humaines et les tourments de la nature.
Très beau film de Hlynur Palmason et au-delà de l'histoire narrée qui en soi est intéressante ce que je retiendrais c'est la magnifique beauté des images filmées et aussi le climat qui sait se rendre âpre et rude en Islande !
Le choix d’une image au format carré, rappelant les premiers âges de la photographie (dont il est question dans le film) est intéressant aussi bien du point de vue de l’esthétique que dans sa participation à convoquer un imaginaire propre aux grands récits d’explorateurs (on pense par exemple, sur un autre continent, aux nouvelles et romans de Jack London). En revanche, là où le film ne m’a pas convaincu, c’est dans la dialectique nature/culture à l’œuvre. Si celle-ci est incarnée dans bien des aspects du film, aussi bien au niveau du langage (le danois du dominant et l’islandais du dominé), des paysages (le volcan et les vastes étendues herbeuses) que des personnages (la rudesse du guide et l’érudition du prêtre, l’amour d' Anna et les obligations religieuses de Lucas) ; cette dialectique souffre cruellement d’un manque de tension, qui rend le film peu intéressant en dehors du travail remarquable sur les espaces et les paysages. Décevant.
De l'ennui du début à la fin de ce film. Le personnage principal n'a aucune présence, le scénario est inexistant. Seuls les jolis paysages islandais et quelques scènes intéressantes du temps qui passe rehaussent le niveau général.
Jeune pasteur danois, Lucas est missionné par son père, pasteur comme lui-même, pour aller construire une église en Islande qui, à la fin du XIXème siècle était encore sous domination danoise. Le jeune homme, passionné de photographie emporte avec lui son matériel pour immortaliser quelques scènes. Après une longue traversée, le prêtre de constitution fragile débarque sur l’île hostile qu’il a l’intention de traverser de part en part. Quelques cavaliers l’accompagnent dont il ne parle ni ne comprend la langue. Au terme de son odyssée, Lucas arrivera enfin à destination.
Parmi les nombreux films sortis pendant les fêtes, "Godland" tenait la corde. Les critiques étaient excellentes, le sujet inspirant. J’allais le voir plein d’enthousiasme, espérant me laisser emporter pendant près de 2h30 dans un voyage aussi dépaysant (l’Islande est de tous les voyages que j’ai faits l’un des plus inoubliables) qu’émouvant quelque part entre "Mission" et "Valhalla Rising".
Quelle ne fut ma déception ! Non pas que "Godland" soit un mauvais film. Bien au contraire. Il a une vraie ambition artistique. Il possède aussi une réelle profondeur psychologique, toute scandinave : le personnage de Lucas, sa foi contrariée, ses vains appels à une transcendance muette face à une nature sévère et hostile, rappellent ceux de Dreyer et de Bergman.
J’ai la désagréable impression d’être passé à côté d’un film qui avait tout pour me séduire mais qui, à force d’austérité, a eu raison de ma patience.
Ce film est long, superbement long ! Je pense que "l'intrigue" du film aurait pu tenir en moins de 1H30 ! La première partie du "film" on voit une caravane traverser l'Islande au 19e siècle, sous des torrents de pluie, pour "accompagner" un prêtre...Bon OK pourquoi pas ? On s'aperçoit alors que les "westerns" filmés par Ford ne sont que de la gnognotte...Ici le cureton il est tout seul face à des Islandais durs. On pense au début qu'il s'agit d'un chemin initiatique ! Que nenni ! Dans la 2e partie du "film" on voit le prêtre, en confrontation avec la société islandaise qu'il est censé "convertir" ou au moins "rassembler"...On ne sait pas quel objectif cherche le réalisateur , à part l'amour du Danemark ! Il y a en tout cas des scènes de dépeçage de moutons/volailles qui mettront la jeune génération en émoi. A part cela évitez ce film, long et ennuyeux !
Un film long et pénible sur les affres d'un moinillon pas très malin qui part prendre possession d'une église que d'autres construiront au Groenland. S'en suit une longue randonnée à cheval au travers du pays avec un guide rustiques . Le moine sans expérience meurt peut être mais se réveille au sous sol d'une maison bourgeoise d'un père et 2 filles. La fin sera de tentations et de meurtres bien peu chrétiens dans ce pays sans arbres ni soleil abandonné de dieux