Après Un jour si blanc, primé à La Semaine de la critique en 2019, le réalisateur islandais Hlynur Palmason est revenu en sélection Un certain regard avec un film encore plus esthétique, épuré mais austère. La caméra, sublime pour les paysages, livre une ambiance de tourmente, presque de fin du monde. Film intéressant sur le contexte historique de tensions entre les danois colonisateurs et islandais d’origine. Le scénario nous emmène sur des voies de folie humaine. La nature est indomptable là-bas, et notre héros le prêtre Lucas n’en a cure. En oubliant les conseils qui président à sa mission, de se laisser « apprivoiser » par ceux qu’il doit évangéliser, il signe sa descente aux enfers. C’est un film puissant sur la nature, la prétention et la fragilité humaine. Mais un peu désespérant sur le fond…
Islandais de 38 ans, Hlynur Pálmason a fait ses études de cinéma à École nationale de cinéma du Danemark. "Godland", présenté dans la section Un Certain Regard de Cannes 2022, est son 3ème long métrage. Dès l’écriture du scénario, il avait été décidé qu’il serait demandé au personnage principal de faire des photographies lors de son séjour en Islande et, de ce fait, on le voit sans cesse transporter le lourd et volumineux matériel qu’une telle tâche nécessitait à l’époque. Cette importance donnée à la photographie est confirmée par le choix du format dit carré, un format qui, d’ailleurs, était très « tendance » lors du dernier Festival de Cannes, et qui, ici, est renforcé par un encadrement noir des images. Pour ce film qu’il a tourné dans un environnement qu’il connait bien, Hlynur Pálmason a choisi de donner les rôles principaux à des comédien.ne.s avec lesquel.le.s il avait déjà travaillé dans des films précédents, dont Ída Mekkín Hlynsdóttir, sa propre fille, dans le rôle de Ida. Critique complère sur https://www.critique-film.fr/critique-express-godland/
Très beau film de Hlynur Palmason et au-delà de l'histoire narrée qui en soi est intéressante ce que je retiendrais c'est la magnifique beauté des images filmées et aussi le climat qui sait se rendre âpre et rude en Islande !
Un des plus beaux films de cette année. Le réalisateur touche l'apogée de son art dans ce récit en pointillé sur un prètre face à ses doutes, noyé dans la réalité des passions humaines et les tourments de la nature.
Ce film est une réalisation éblouissante avec des prises de vues magnifiques des paysages sauvages et rudes de cette ile islandaise. Tout au long de ce film, on suit le périple et l’histoire de ce prêtre danois qui a pour mission de bâtir une église dans cet endroit reculé. Le réalisateur montre bien la dureté de cette mission très éprouvante qui va l’affecter physiquement et psychiquement. Malgré un scénario parfois déroutant dans son déroulé, le film est globalement excellent grâce surtout à ses qualités techniques indéniables.
Le film qui aurait dû avoir la Palme d’Or. C’est ainsi que certains parlent du film du danois Hlynur Palmason, dont j’ais découvert Un jour si blanc en 2020 et qui m’avait fasciné. On retrouve dans ces 143 minutes – eh oui, Monsieur Palmason est un cinéaste qui sait prendre son temps -, la lenteur, le goût de l’étrange, de l’ambigü… et des longs plans fixes. À la fin du XIXème siècle, un jeune prêtre danois arrive en Islande avec pour mission de construire une église et photographier la population. Mais plus il s’enfonce dans le paysage impitoyable, plus il est livré aux affres de la tentation et du péché. Un très long chemin initiatique à travers des paysages somptueux et une dernière partie très surprenante. Un très grand film ! Comme d’habitude, il y a deux festivals à Cannes, celui de la Palme d’Or et les compétitions où l’on croise le plus souvent des réalisateurs plus jeunes et beaucoup moins connus du public. C’est là aussi qu’on découvre des pépites portées par des regards originaux. C’est le cas de ce Godland, aride, violent entre film de survie et drame historique – tout le scénario est basé sur des faits réels. En cette fin de 19ème siècle, l’Islande est encore sous domination danoise qui est d’ailleurs de moins en moins bien supportée par les iliens. Le jeune prêtre va devoir donc affronter l’hostilité de la nature, - la mer, le froid, le vent, la pluie, les volcans - et celle des autochtones. Un périple qui va mettre sa foi et sa moralité à l’épreuve. On suit donc avec fascination la lente désintégration morale d’un homme de foi dont on se demande s’il sera à la hauteur de ses idéaux. Superbe photographie – en format carré aux coins arrondies -, une bande-son tout aussi magnifique comme écrin pour un « héros » imparfait et antipathique, car pétri de ses certitudes et de sa prétendue supériorité. Il lui est donc très difficile d’admettre que sur cette terre hostile il est entouré d’hommes et de femmes meilleurs que lui. Aura-t-il l’humilité de le reconnaître ? Jusqu’où ira la métamorphose du jeune prêtre ? L’omniprésence de la nature et de la mort – hallucinantes séries de plans sur un cheval mort entrain de se décomposer de saison en saison – sont un des axes principaux de cet immense film. Elliott Crosset Hove, porte ce film dé bout en bout et nous fait partager le calvaire qu’il traverse. A ses côtés les Victoria Carmen, Jacob Lohmann, Ida Mekkin Hlynsdottir, Ingvar E. Sigurosson et tous les autres sont incroyables de force et de vérité. Palmason est un faiseur de miracle, car il transforme la port en fleurs et la brutalité en poésie. Un film difficile mais magnifique à ne manquer sous aucun prétexte dès sa sortie prévue à la mi-décembre.
Plus que repéré avec Winter Brothers et Un jour si blanc, Hlynur Pálmason est passé à la vitesse très supérieure avec Godland dont il est légitime de se demander pourquoi il ne faisait partie que de la sélection d'Un certain Regard, à Cannes. Godland, qui rappelle parfois par son thème Silence de Shinoda, puis de Scorsese, peut aussi s'envisager comme un croisement audacieux et brillant du cinéma de John Ford avec celui de Cart Dreyer. Une sorte de western, oui, mais situé dans la splendeur et la désolation des terres islandaises et magnifié par un format carré aux coins arrondis qui n'est pas qu'une lubie stylistique du réalisateur. La mise en scène est somptueuse, admirez ces panoramiques soyeux et ces plans larges qui ramènent l'homme à sa condition ridicule, dans l'immensité minérale de la nature, lui qui n'arrive qu'à dompter les chevaux, et encore. C'est très beau et d'une riche austérité, si l'on ose employer cet oxymore. La religion, l'arrogance danoise (l'histoire se déroule au XIXe siècle, avant que l'Islande acquiert son indépendance), notamment, se coulent naturellement dans les thèmes qui courent tout le long de ce film éblouissant qui n'oublie pas de composer un personnage central passionnant, un prêtre partagé entre le spirituel et le charnel, et dominé par les éléments et les habitants de cette île fascinante et périlleuse pour qui n'a pas appris à la connaître et à la redouter depuis sa naissance. Et pour qui ignore également que le silence des chevaux est un leurre.
De l'ennui du début à la fin de ce film. Le personnage principal n'a aucune présence, le scénario est inexistant. Seuls les jolis paysages islandais et quelques scènes intéressantes du temps qui passe rehaussent le niveau général.