Un très bon film, solide, émouvant sur un sujet pourtant très difficile. Cette grand-mère sympathique, sublimement joué par Hélène Vincent, une très grande actrice, qui tient là un de ses meilleurs rôle, le plus profond, le plus dense qui décide de « partir », en le choisissant pour ne pas subir une maladie qui s’aggrave et la fait souffrir .Commencera alors un road-trip , très surprenant, avec beaucoup d’autodérision, beaucoup d’humour aussi, ce n’est jamais glauque, accompagnée de son fils , de sa petite fille, et d’un aide-soignant un peu bizarre. Cette équipée part avec un vieux camping-car tout pourri pour rejoindre Zurich, lieu du grand départ programmé, une sorte de débandade de pieds nickelés.
Mais la famille ne connait pas les raisons de ce voyage et son but final. Quiproquos, situations étranges, la jeune fille qui aura ses premières règles pendant cette odyssée, puis la rencontre avant l’arrivée avec une troupe de gitans en caravane. Eux -même sont en train de célébrer le décès d’une grand-mère, mais à la mode gitane, avec un rituel très atypique mais très joyeux. Une excellente séquence, décalée très originale, qui confronte avec intelligence deux façons culturelles très différentes d’aborder la mort et la douleur. Beaucoup de justesse, de finesse et de sensibilité dans le propos pour la toute jeune réalisatrice de 33 ans Enya Baroux, décidément très douée.
Les autres acteurs sont excellents, bien sûr Pierre Lottin, que l’on connait bien maintenant, vu dans le grand succès « En fanfare » , et la jeune fille Juliette Gasquet , formidable révélation, qui joue avec beaucoup de sensibilité, qui découvrira lors ce road-movie , sa féminité naissante, mais aussi , la mort , la douleur, la filiation, beaucoup de sentiments à jouer. Et puis le fils, ce looser attachant, David Alaya, que je n’avais jamais vu, grand acteur de théâtre, excellent, beaucoup de densité dans son jeu.
Et ne pas oublier plus la famille gitane , formidable qui amène une touche d’irrationnel.