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Patjob
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5,0
Publiée le 24 décembre 2023
Une œuvre immense et originale, par sa forme à ma connaissance sans précédent et sans équivalent dans l’histoire du cinéma. Lars Von Trier semble d’abord nous inviter à un jeu : la première image, une plongée verticale sur un plateau, évoque celui d’un jeu de société, sur lequel se déroulera l’action pendant près de trois heures, qui passent très (trop) vite tant se succèdent des situations symboliques et puissantes. Le parti-pris du cinéaste d’utiliser comme lieu de tournage ce seul plateau et quelques objets de décors nécessaires à l’histoire est plus que réussi ; en rien de temps, on oublie cet aspect tant l’on est pris par le propos ; le talent n’a pas besoin d’énormément de moyens. Sur ce plateau vont évoluer quelques archétypes du cinéma Américain : les gangsters et le « Parrain », la belle héroïne, les travailleurs des « Raisins de la colère » ; leur perversion par le cinéaste n’en sera que plus jouissive. « Dogville » est un film littéraire : les dialogues et le texte en voix off, écrits par le réalisateur lui-même, sont d’une richesse précieuse, non dénuée d’un humour distancié du meilleur effet. « Dogville » est aussi un film théâtral, par l’unité de lieu, le dispositif scénique (par exemple la cachette visible de Grace dans la « mine ») et le jeu des acteurs, tout à fait excellents d’ailleurs. « Dogville » est surtout un film de cinéma : la construction, le montage, le choix des plans (celui de Grace au milieu des pommes !), les éclairages et l’esthétique de l’image (on pense parfois à Vermeer et aux peintres flamands), les mouvements de caméra (ces zooms rapides sur un personnage qui font ressentir l’impact sur lui des propos tenus à l’instant), toute la grammaire cinématographique est au service du propos. Un propos très riche, principalement sur la nature humaine et les moteurs de son fonctionnement, qui débouchent sur l’exploitation du plus faible (par sa situation et non par sa personnalité propre) ; sur la lâcheté, qui fait présenter aux uns des actes par essence terribles avec de fausses justifications conjoncturelles, qui fait renoncer aux autres à l’engagement dès lors qu’il comporte un risque (le personnage de Tom est à cet égard le plus méprisable), qui pousse à trahir pour des intérêts dérisoires ; sur les pulsions de domination, en particulier de l’homme sur la femme. Le film est une succession de scènes mémorables (celle de l’ouverture des rideaux devant l’aveugle niant son infirmité, celle du chantage du petit garçon qui demande à être battu, etc...). Par la dernière image du chien dessiné qui s’incarne en chien réel, Lars Von Trier nous indique magnifiquement que son conte est la métaphore d’une réalité. Cette œuvre à la dimension mystique qui raconte un parcours Christique, celui de Grace (un prénom intentionnellement choisi) et un châtiment Divin, fait partie des trois chefs d’œuvre de Lars Von Trier et de ceux de l’Histoire du Cinéma.
Un excellent drame entraînant de Lars von Trier avec Nicole Kidman et Paul Bettany sur la Grande Dépression aux Etats-Unis. Un film qui ressemble à une pièce de théâtre avec un narrateur . James Caan incarne un parrain de la mafia.
Un effet de style entre pièce de théatre sans décors et ambiance de film assez réussit. Von Trier excelle dans cette histoire dont le principale atout est une Nicole Kidman au sommet. Le style plaira ou non mais si l'on passe les 10 premières mùinutes, on restera ensuite en haleine devant cette belle histoire. Une nouveauté dans le monde du cinémas actuel.
Après un court apprentissage à l'absence quasi-totale de décor, l'histoire de Grace, porté par une Nicole Kidman resplendissante, nous fait oublier la réalisation théatrale quelque peu abracadabrante. Lars Von Trier nous propose certe un film intéressant mais avec une démonstration un peu trop poussée des instincts humains à travers les villageois, une voix-off usante et un générique de fin pathétiquement hors-sujet sur la misère aux USA, d'ailleurs pourquoi que ce pays, alors que l'on aurait pu illustrer n'importe quel pays, Monsieur Von Trier, auriez-vous un gref contre un pays sans y avoir jamais les pieds déjà entammé dans "Dancer in the dark" ? Monsieur dit :"on parle des Etats-Unis, mais aussi de n'importe quelle petite ville dans le monde". Alors tout devient ambigue,dommageable et regréttable car beaucoup de spectateurs voit en tout ça une forte légitimisation de leur vision critique de ce pays . Ainsi le propos en devient lourd et nous éloigne du chef d'oeuvre tant annonçé. Sans toutes ses reserves, j'aurais mis 3 étoiles.
Mais quel film je viens de voir ? Dogville est un OVNI, j'avais lancé le film complètement au pif car j'ai beaucoup aimé The House That Jack Built et Melancholia de Lars Von Trier. Et dans Dogville, on retrouve sa volonté de choquer le spectateur. Déjà avec la forme très "brute de décoffrage" du film : aucun décors qu'une simple scène avec des acteurs et en plus très peu de musique et des mouvements de caméra assez basiques. C'est d'ailleurs le seul défaut du film, c'est vrai que tout ça + les quasi 3h de film peuvent rendre le film un peu barbant et je suis sur que plein n'accrochent pas à cause de ça. Mais rien que pour le propos de Dogville, je lui pardonne complètement ce défaut. Car Von Trier arrivé ici à nous faire ressentir un malaise palpable devant ce village faussement accueillant, qui est surtout une belle satire de la société à une plus petite échelle. [Spoilers/] Une société dans laquelle on se met des œillères pour ne pas voir le mal qu'on peut parfois faire aux femmes, bien représenté ici par Nicole Kidman qui signe une excellente prestation, passant de la petite fille sauvée, puis de la prisonnière du village. A ce titre, même si Lars Von Trier est souvent décrié comme un simple provocateur un peu sadique, je pense que son envie de filmer des scènes chocs comme des viols n'est en fait que sa volonté de nous confronter à ses évènements, justement pour qu'on ait conscience que ça puisse arriver et que nous ne faisions pas les mêmes erreurs que Dogville. Cette oeuvre est à mon sens bien plus féministe qu'elle pourrait le sembler, même si la fin est très pessimiste et laisse présager que l'humanité est pourrie et ne fait au final que renverser le mal qu'elle a subi sur quelqu'un d'autre. En plus de ça, j'aime beaucoup l'idée d'avoir utilisé un simple plateau comme décor car cela fait ressentir le village comme un lieu où il n'y a aucun secret, où Grâce se fait abuser à ciel ouvert, et pourtant tout le monde a toujours les yeux détournés de ces scènes. Une belle métaphore selon moi, [spoilers/] Dogville est un film un peu long et pas toujours super bien rythmé mais Lars Von Trier a encore réussir à y glisser un sous-texte passionnant et choquant qui suffit à lui seule le visionnage de cette oeuvre unique. Je ne peux que recommander.
La 1ère heure du film est assez longue mais tout s'enchêne pas la suite et qui donne un final inattendu et surprenant. Les jeux d'acteurs sont très très bon et même sans réel décors, on se laisse embarqué dans cette histoire peu banal qui est comme souvent avec Lars Von Trier, noir, glauque, perverse...
Une oeuvre longtemps fascinante mais rattrapée par la misanthropie de son réalisateur. Le procédé original de tourner sans autre décors que quelques meubles et indications au sol, ne nuit pas mais permet de se concentrer sur les relations humaines. Cela met beaucoup d'intensité entre les protagonistes et les acteurs y sont aguerris . Lars Von Trier montre la bétise qui s'empare d'un groupe au contact de l'autre qui devient suspicieux. On sent qu'il cherche à dénoncer certains mécanismes de domination qui font d'une personne un membre d'un groupe et peut conduire aux pires actes tout au long de l'histoire. Quel dommage alors que cette brillante démonstration tombe dans l'outrance à l'image du final et surtout que Von Trier ne veuille sauver aucun de ses personnages, tous réduit au rang de salauds irrécupérables. Von Trier ne change pas
Original, c'est le moins que l'on puisse dire! Un film déroutant de par sa mise en scène qui ne vous laissera pas de marbre, c'est sûr! Alors soit on accroche à cette manière de présenter cette histoire soit on déteste et on ne reste pas jusqu'au bout. Mais si on s'y fait, Lars Von Trier fait passer de manière puissante grâce au décor minimaliste ses idées sur la nature humaine. Chaque personnage prend alors une force qu'on n'aurait pas ressenti avec un décor conventionne. A voir par curiosité et pour Nicole Kidman, merveilleuse!
Dogville est le meilleur film de son grand auteur Lars Von Trier. C'est aussi une oeuvre forte qui frappe jusque dans les entrailles de ses spectateurs, lorsqu'il expose la bestialité et le sadisme humains. Qui arrive à imaginer Dogville autrement qu'avec ces décors limités à la craie ? Un grand film qui méritait de raffler tous les prix cannois.
Un des rares films de Lars Von Ttrier que j'ai vu, attiré par Kdman, dans un premier temps. En effet elle porte le film (3h) ou plutôt cette pièce de théâtre. En ce sens (pièce filmé) il y a des trouvaille sde mise en scène indéniable. L(histoire qui se développe est fascinante sur les rapports dominants/dominés et la condition humaine. Parfait exemple d'une allégorie.
Deuxième visionnage, ma note passe de 3 à 5. Peut-être étais-je fatigué la première fois, peut-être était-ce la VF, ou peut-être est-ce l'effet cinéma ce soir. Ou alors ce film mérite tout simplement d'être vu plusieurs fois pour être apprécié pleinement. Mais ce soir, ce film m'a captivé de bout en bout alors qu'il m'avait ennuyé la première fois. Dogville, avec le côté cru et froid lié au cinéma de Lars von Trier, est un chef d'oeuvre (statut que je lui octroyais quand même avant) très riche, avec une évolution des personnages passionnante et des revirements de ton et d'ambiance grandioses. En 10 chapitres entrecoupés d'intelligentes ellipses, et une mise en scène totalement déstabilisante, le cinéaste a réalisé quelque chose de brillant, sur le fond comme sur la forme.
Dogville, un film qui m'a laissé une drôle d'impression. ( Spoilers à venir) En fait sur le coup on peut dire que j'ai vraiment "adoré". En fait, le sentiment de frustration a dominé pendant une bonne partie du film. Je commence d'abord par ce qui m'a énormément plu à savoir le parti pris visuel. L'esthétique épurée de Dogville est pour moi une ingénieuse trouvaille, on se sent voyeur, omniscient mais aussi on ressent comme un sentiment de claustrophobie avec cette ville que l'on observe vivre pendant 3 heures et ce sans issue de secours ou presque. Ce parti pris donne ainsi au spectateur le droit d'observer et en même temps de juger tout en laissant le film dérouler sa liste de personnages et les caractères propres à chacun qui forment une fois ensemble un caractère commun, plein de mystères mais aussi de noirceur. Grace (Nicole Kidman) débarque dans cette ville après avoir été poursuivie par des assaillants. Pour s'intégrer elle va proposer son aide à tous les habitants afin de se sentir utile à Dogville. Sa rencontre avec Tom (Paul Bettany) ets l'élement-clé car c'est ce dernier qui la guidera, qui semblera être l'habitant idéal, la seule personne viable. Mais plus le temps passe et plus Dogville prend des allures de prison pour Grace, sentiment qui va de pair avec le spectateur car nous ressentons la même chose, ce sentiment de ne jamais pouvoir sortir de cette ville qui semble s'obscurcir au fur et à mesure que nos minutes de visionnage s'écoulent. La manière de filmer de Lars Von Trier m'a un peu étonné, la caméra semble hésitante, tremblante, les changements de plan sur une même séquence sont fréquents mais en fin de compte ça m'a pas gêné, même si je m'attendais à quelque chose de relativement plus posé, du moins de plus lisse. Au niveau de l'interprétation on a du lourd, Kidman est superbe dans son rôle de réfugiée devenue victime et Paul Bettany, qui décroche pour moi le meilleur rôle du film, est bluffant, vraiment il réalise une grande performance mais il faut dire aussi que son personnage relève du génie, Tom est une sorte de diable dont le masque d'ange s'estompe tout doucement et sans prévenir. En revanche le personnage de Grace, même si Nicole Kidman est une interprète de grande qualité, m'a laissé un goût mitigé. J'ai trouvé sa réaction beaucoup trop tardive, on la sait impuissante mais LVT fait trainer sa "rebellion", honnêtement on ne dirait qu'elle ne réagira jamais, je trouve que c'est horriblement malsain d'imposer ça à un personnage et au spectateur qui s'attache à elle. C'est la première fois que je ressens ce genre de sensation pour un personnage, car la voir violée, enchainée, emprisonnée dans cette ville infernale m'a fait du mal pour elle. La violence de la séquence finale par contre est un véritablement soulagement, qu'est-ce qu'on se sent bien après ça! Mais après j'ai trouvé que le motif de "dispute" entre le père et la fille était assez flou, est-ce une volonté du réalisateur? Je n'en sais rien, mais le motif me semblait obscur. Après le générique de fin m'a laissé perplexe, dans le genre "tue l'ambiance" y a pas mieux . Enfin j'imagine que ce générique est surtout un échappatoir pour le spectateur, après tout on vient de passer 3 heures à Hellville.
En fait je crois que j'apprécierais vraiment plus le film à un deuxième visionnage. Maintenant je sais à quoi m'attendre et le drôle de sentiment de frustration que j'ai ressenti n'aura plus lieu d'être. En tout cas je tire mon chapeau à ce film, c'est une expérience enrichissante, composée d'une forme travaillée et originale au servir d'un scénario obscur qui peint avec brio la noirceur de l'être humain et emprisonne le spectateur qui le suit au même titre que Grace. Un film d'une grande intelligence qu'il faudra que je revois absolument afin de mieux l'apprécier, en tout cas c'est du lourd.