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Paul_hze
2 abonnés
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3,5
Publiée le 13 août 2025
vu au festival de Cabourg
Un film au propos très touchant, une première partie avec une exploration de l'homosexualité plutôt tendre qui montre ses conséquences néfastes quand des gens sont étroits d'esprit, l'émotion prend assez rapidement, puis une deuxième partie très mal rythmée, où l'intensité disparait, le film s'essouffle sans arriver à se redynamiser malgré quelques tentatives laborieuses, acompagné de lourdeurs scénaristiques malgré quelques idées dans la réalisation se démarquent du reste.
Malgré les bons retours cannois je n'étais pas totalement serein au moment d'aborder ce "Love Me Tender". Car je n'étais pas persuadé que le style Constance Debré soit véritablement transposable à l'écran, et je m'interrogeais sur cette durée dont je ne percevais a priori pas le sens. Et force est de reconnaitre qu'Anna Cazenave Cambet s'en est remarquablement sortie, qu'elle a eu raison de se concentrer sur les mots de la romancière sans forcément tenter de retranscrire à l'image son style rock'n'roll. En résulte un convaincant portrait de femme et de mère en (re)construction et surtout une histoire d'amour que le scénario sait traiter sans mièvrerie, avec la lucidité qui caractérise l'écriture de Debré. Et forcément il faut souligner la performance d'une Vicky Krieps pleinement investie, lumineuse et grave, douce et rugueuse, qui fait battre le cœur de ces 133 minutes. 133 minutes et finalement pas une de trop. "De l'or pour les chiens" avait fait naitre des espoirs, ce nouveau métrage à sortir le 17 décembre confirme qu'Anna Cazenave Cambet a quelque chose de vibrant à apporter au cinéma français.
Antoine Reinartz et Vicky Krieps livrent une performance profonde, réelle et touchante, bien que le film tire un peu sur la longueur en termes d’immersion. Le sujet est sensible et correctement amené.
Adapté librement du livre éponyme et autobiographique de Constance Debré, Love me Tender est une épreuve pour son héroïne à l'écran, une Vicky Krieps qui se livre corps et âme, dans le rôle omniprésent de Clémence, mais aussi pour le spectateur qui suit le quotidien d'une femme qui a fait de son fils, sa bataille, et qui n'a de cesse de se heurter aux préjugés de la société et de la justice, pour ses choix sentimentaux et sexuels. Sa vie semble se fracasser constamment contre les murs, tant dans sa vie de mère, que de femme. La voix off (trop) très présente, la tristesse intrinsèque de l'histoire et la répétition des scènes, entre Paris et le Lot-et-Garonne, mais surtout la durée éprouvante du film peuvent finalement avoir raison de notre patience, même si le récit est souvent poignant. Bien entendu, il n'y a pas de contrepoint, une version du mari qui serait en totale opposition avec celle de son ex mais cela, on le sait et on l'accepte depuis le départ. Les scènes qui racontent des épisodes bourgeois/bohèmes de Clémence agaceront sans doute les yeux de certains et on ne peut leur donner tout à fait tort. Comment Clémence va t-elle se sortir d'une situation qu'elle ne maîtrise plus et affecte toute son existence, voilà ce qui offre de l'intérêt. Disons que l'on reste dubitatif, même sur la toute dernière image d'un film qui suscite les mêmes sentiments qu'une certaine littérature auto-centrée et épuisante pour les nerfs (pas de nom, merci).
Clémence est une femme moderne. Mère d'un enfant de 8 ans mais séparée de son mari, la garde est gérée à l'amiable et tout fonctionne. Clémence réalise qu'elle aime les femmes et l'annonce à son ex mari. S'ensuit une véritable guerre psychologique et administrative pour récupérer le droit de voir son enfant, sa nouvelle identité queer étant considérée comme un obstacle par son ex-compagnon.
spoiler: "Love me tender" est un film à la fois doux et terrifiant, qui nous incite à ne jamais baisser notre garde et à ne pas faire confiance. Vicky Krieps nous offre une prestation magistrale de désillusion maternelle, à la fois forte et victime, puissante et impuissante. La fin est très émouvante et montre que parfois, lorsque le happy ending est impossible, se protéger implique de s'accommoder de la réalité aussi difficile voire impossible soit-elle. Peut-être un côté tire-larmes un peu trop présent : on est invités aux larmes en permanence par la musique et l'image. Comment le père peut-il être aussi malveillant c'est aussi une question qu'on peut se poser.