Etant très engagée auprès des migrants, je vais voir tous les films sur le sujet. Bien m'en a pris pour celui-ci. Après "Les Survivants" que j'avais trouvé un peu trop "barré" à mon goût, trop de péripéties (surtout le côté western dans l'hôtel désaffecté) même si pas mal quand même, pour la "Tête Froide", nous sommes dans un registre plus psychologique ; le réalisateur nous fait rentrer directement dans l'univers de ses deux personnages, Marie (la géniale Florence Loiret-Caille du Bureau des Légendes) et Souleymane (Saabo Balde, que je ne connaissais pas et qui va monter sûrement !). Leurs routes se croisent, ils pactisent et on sent pointer le drame, pas à pas. La vie de Marie, son mobile-home, ses problèmes d’argent, toujours à « côté de la plaque », et ce drame des migrants coincés à la frontière italienne, au pied des montagnes et qui tentent le tout pour le tout malgré le risque des sommets. La Tête Froide est à voir aussi pour les images saisissantes et la musique un brin ensorcelante qui accompagne chaque scène, discrète mais qui œuvre à s'ancrer pleinement dans le film. Je ne raconterai pas la fin, qui m'a tant secouée que j'en ai pleuré. Un film intense donc, à voir si possible au cinéma pour profiter des images en grand format !
90 minutes d'émotions et de tensions dans les Alpes. Casting impeccable - Florence Loiret-Caille d'une justesse. Elle habite le personnage de Marie comme si c'était elle, et Saabo Balde, plus que prometteur dans ce rôle taillé sur mesure, ses silences, son regard-, images enneigées qui créent une atmosphère de bulle de laquelle on ne sort pas indemne. La petite histoire de Marie, qui trafficote des cigarettes dans son coin avant de rencontrer Souleymane... On accède alors à la "grande" histoire, celle du douloureux passage des migrants par les montagnes, au risque d'y rester. L'univers qui se dégage de ce film est à mi-chemin entre le drame et le thriller. A quel moment Marie, toujours prête à prendre LA mauvaise décision, va-t-elle basculer complètement ? Réponse dans les salles ! A voir absolument pour les images, l'intrigue, la musique et surtout les acteurs qui se débattent dans cet univers hostile (la vie, la montagne).
Un immense bravo à ce jeune réalisateur qui a su au travers de ses acteurs nous faire passer sa sensibilité et ses émotions. Un film très bien joué par Laurence Loiret Caille et Saabo Balde, ils nous embarquent dans leurs galères hélas criantes de vérité ! Un film bouleversant! A voir sans tarder. Muriel GRIFFIN
Attiré par la présence de Florence Loiret Caille (la merveilleuse Marie-Jeanne du Bureau des légendes) : excellente surprise que ce premier film, tendu, très maîtrisé formellement, et d’un subtil humanisme. Le récit mêle habilement une chronique sociale digne de Ken Loach (la vie d’une femme ultra précaire, abonnée aux petits boulots, parvenant à peine à payer son loyer), et une tension de thriller, quasi survival lors d’une scène de tempête absolument bluffante (on a froid et peur, pour et avec les deux héros). La lumière est sublime, les paysages impressionnants, et l’émotion vient peu à peu, face à la rencontre de ces deux fracassés de la vie. Face à Florence Loiret Caille, on découvre le jeune Saabo Baldé, présence magnétique qui crève l’écran et joue sa partition avec une grande maturité. Un film très dense, complexe, stylisé, qui nous change de façon salutaire des petites fictions convenues sur des amours de jeunes gens ou des soucis de bourgeois parisiens.
Thriller glaçant, brillant et dirigé magistralement. Le réalisateur Stéphane Marchetti approche sa caméra au plus près de l'humain et des choix que l'on peut faire qui orientent définitivement l'individu vers un un destin irréversible. Le spectateur est scotché à son siège et, paradoxalement, notre libre arbitre est laissé librement à son appréciation. Les acteurs sont magnifiques et personne ne peut sortir de ce film indemne. FONCEZ le voir !
Excellent film servi par une distribution remarquable. Les paysages à couper le souffle rendent bien compte de l'épopée moderne que constitue la traversée des alpes pour ces migrants en quête d'une meilleure vie. Le film retranscrit dans leur entière complexité les enjeux auxquels sont confrontés les habtitants comme les autorités face à ces situations désespérées. A voir absolument
Très beau 1er film de Stephane Marchetti sur un sujet particulièrement d'actualité. Les 2 acteurs principaux sont incroyables sans parler de la photo qui est magnifique !
Drame hivernal complètement dans le ton de ces jours-ci ! Encore plus froid puisque l'action se passe dans les Alpes à la frontière avec l'Italie et parce qu'il traite des passeurs de migrants sur le chemin espéré de l' Eldorado Britannique. Au départ, la difficulté de joindre les deux bouts et après un parcours chaotique, cette jeune femme : Marie ( Florence Loiret Caille ) arrondit ses fin de mois, en franchissant outre la frontière, également les limites de la légalité. Ce qui au départ n'est pas trop méchant, va le devenir par une rencontre imprévue sur une route enneigée, et Stéphane Marchetti met en scène remarquablement cet engrenage implacable. La terrible épreuve du jeune Souleymane ( Saabo Balde ), doublée du désir de retrouver sa jeune soeur, 'passée' quelques jours avant, est remarquablement exprimée, avec de superbes images de deux personnages qui se mettent réellement en danger. L'ambiance générale est bien "dramatique" mais heureusement la note finale permet à elle seule de gommer toute la tension ressentie. Un premier film efficace et humain, aux paysages magnifiques..... !!**
gros bof....j'y suis allé en souvenir du film où Vincent lindon était maître nageur et qui m'avait beaucoup plu....le thème du sans papier qui veut aller en gb là, c'est un mauvais téléfilm.. pourtant y avait les acteurs et le réalisateur au début...heureusement qu'ils sont partis... après tous les goûts sont dans la nature...
Un beau film resserré sur peu de personnages dans un environnement que l'on n'a pas l'habitude de voir sous cet angle. Des enjeux humains sans naïveté qui remettent les choses à leurs places.
Cette première réalisation fait la démonstration d'une efficacité de mise en scène qui va porter l'émotion jusqu'au bout.
C’est le 1er film de Stéphane Marchetti qui nus est donné de voir. Et le moins qu’on puisse en dire, c’est que ces 90 minutes sont plus que prometteuses. Dans les Alpes enneigées, en plein hiver. Pour boucler ses fins de mois, Marie, 45 ans, trafique des cartouches de cigarettes entre la France et l’Italie avec l’aide de son amant Alex, policier aux frontières. Lorsqu’elle rencontre Souleymane, jeune réfugié, prêt à tout pour rejoindre sa petite sœur, elle s’embarque dans un engrenage bien plus dangereux qu’elle ne l’avait imaginé. Un premier film bluffant de maturité qui sait renouveler un sujet de société brûlant avec une grande force et une actrice en état de grâce. Ce film est né de la rencontre avec un adolescent, Porte de la Chapelle, qui a raconté au cinéaste comment un vieux monsieur lui a demandé soixante euros pour lui faire traverser la frontière à Vintimille et rejoindre la France. Mais aussi, à Calais, avec un Afghan établi en France, victime des passeurs avant de le devenir à son tour… De là à imaginer un scénario reliant les deux types de personnages, il n’y avait qu’un pas, brillamment franchi par Marchetti. Le tournage a eu lieu à Briançon, une zone de passage des migrants très fréquentée depuis plus d’un siècle et encore plus depuis une dizaine d’années avec les différentes crises migratoires. Filmé au plus près des personnages, on peut ressentir leur colère, leur peur et le froid glacial qui peut s’avérer mortel. Le réalisateur a su se rappeler la phrase du photographe Robert Capa : Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez près. Toute la 1ère partie est donc filmée dans des endroits souvent clos, comme une voiture, un mobil-home, d’où un sentiment oppressant, une tension interne permanente. Ce n’est que dans la dernière partie que le film s’ouvre sur la montage, espace immense où les personnages deviennent soudain comme minuscules, confrontés à l’infini. Ne ratez pas ce thriller dramatique, c’est excellent. L’actrice citée plus haut, c’est l’extraordinaire Florence Loiret-Caille, instinctive, animale, sans cesse à fleur de peau. Elle a été récompensée d’un prix d’interprétation au Festival de Sarlat. Elle est entourée par Saabo Balde, Jonathan Couzinié, Aurélia Petit, Marie Narbonne, tous très justes dans ce film acéré, sobre et passionnant de bout en bout, qui ne fait pas l’erreur de juger ou d’apporter des solutions. Il fait un récit social glaçant et évite les dérives scénaristiques des Survivants de Guillaume Renusson qui traitait pourtant du même sujet. Je vous le conseille.
Fin 2022 et début 2023, sont sortis 2 excellents films, Les engagés et les survivants, tous les deux centrés sur l’aide aux migrants en grande difficulté lors de leurs tentatives de passage de la frontière entre l’Italie et la France. Dans chacun de ces deux films, un homme, sans l’avoir vraiment cherché au départ, se retrouvait impliqué dans l’aide altruiste et désintéressée aux migrants, dans une aide aux migrants en général pour l’un, dans l’aide à une migrante afghane arrivée sans crier gare dans son chalet en pleine montagne pour l’autre. Ces deux films recherchaient manifestement l’empathie des spectateurs, et, à l’exception de « qui vous savez », ils la trouvaient. S’il se passe lui aussi dans la région de Briançon, La tête froide donne une approche différente de l’aide aux migrants puisqu’il s’agit là d’une aide rémunérée. Va-t-on pour autant, nous spectateurs, ne plus avoir aucune empathie pour Marie et Souleymane ? Ce n’est pas vraiment le cas. Certes, on est conscient qu’ils exploitent la misère de pauvres bougres mais on est tout aussi conscient que, si ils le font, c’est qu’ils sont mus par un instinct de survie, c’est parce que ils sont également de pauvres bougres que la vie a broyés et qu’on vit dans un monde et une époque où tout est fait pour encourager l’individualisme. Et puis, contrairement aux passeurs qui gagnent des fortunes sans prendre aucun risque personnel en entassant des centaines de migrants sur des rafiots et en les lançant dans une traversée de la Méditerranée pleine de dangers, depuis la Lybie ou la Tunisie, Marie et Souleymane prennent de véritables risques. critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-la-tete-froide/
Film très juste et très touchant qui traite du sujet des migrants avec une vraie singularité. Au delà du sujet c'est aussi et surtout un vrai film de cinéma avec une vraie tension et une mise en scène très maitrisée. Les acteurs sont tous excellents. Superbe Florence Loiret Caille dans un rôle enfin à la hauteur de son talent. Un premier film à voir et un réalisateur à suivre !