Après un an de lutte contre une épidémie aux symptômes relativement bénins, ce dernier mute spontanément donnant naissance à un fléau inimaginable. Les personnes infectées se retrouvent alors totalement désinhibées et libérées de toutes leurs pulsions. Plus rien ne semble pouvoir les arrêter, ces dernières se lancent dans une course effrénée de surenchère de violences exacerbées où les crimes et les violes en tout genre semblent devenir la norme…
Premier long-métrage pour le cinéaste canadien Rob Jabbaz qui nous entraîne en plein cœur d’une folie furieuse où les habitants de Taïwan s’adonnent à leurs plus bas instincts. Réalisé pendant la pandémie de Covid19 il est intéressant de voir la façon avec laquelle le réalisateur s’est emparé de cette pandémie mondiale pour en tirer une œuvre horrifico-gore.
The Sadness (2021) est largement inspiré des œuvres hong-kongaises de "category III" et des comics ultra-violents "Crossed" de Garth Ennis et Jacen Burrows. Il en résulte une œuvre volontairement jusqu’au-boutiste et qui assume le côté grand-guignolesque et absurde. L’ennui, c’est qu’à trop vouloir en faire, le film oscille entre le côté généreux et le côté foutraque. D’une violence extrêmement graphique, il l’accentue avec des geysers sanguinolents irréalistes qui d’emblée, met le film en dehors de toute réalité possible et c’est en cela que c’est regrettable. En ayant privilégié la violence de façon réaliste, cela n’aurait fait qu’accentuer le malaise qui se dégage du film, sans parler de la pulsion et la cruauté des protagonistes. Au lieu de cela, le réalisateur opte pour la violence extrême irréaliste et cela dessert son propos.
Malgré cela, on appréciera ce pourquoi on a fait le déplacement, à savoir un déluge de scènes gores et abjectes, nous réservant son lot de séquences toutes plus crades les unes que les autres
(un vieillard échappé d’un EHPAD, un restaurateur ébouillanté à l’huile de friture, une relecture de Scanners (1981) de Cronenberg, un viol oculaire, une orgie sanglante, une castration aux barbelés, …).
Mais à côté de cela, il faut aussi signaler que tout la hype qui ressort de ce film est néfaste pour ce dernier. Après un passage remarqué à L’Étrange Festival 2021 et à Gérardmer 2022, pourquoi autant de bruit pour au final, n’avoir droit qu’à une poignée de scènes gore ? Car malgré ces quelques séquences cradingues, il faut aussi et surtout souligner l’absence totale d’enjeu dramatique (le scénario tient sur aisément sur une feuille de PQ), résultat, on trouve le temps long, très loooooong et il ne faudra donc compter que sur la poignée de scènes trash pour nous sortir de notre léthargie.
Il faut cependant reconnaître l’excellent travail effectué au niveau des effets prosthétiques qui bluffent et vous manque à l’issue du film. Provocateur et subversif, le film aurait gagné à être raccourci (pour le peu qu’il a à raconter), au lieu de cela, il s’épuise de lui-même et le spectateur aussi par voie de conséquence.