L’idée de Home Stories est née d’un moment inattendu. Alitée et malade, Eva Trobisch regarde une émission de télé-crochet lorsqu’elle est bouleversée par la réaction d’une famille en coulisses. Plus que la prestation de la candidate, c’est ce besoin universel d’être vu et reconnu qui inspire à la réalisatrice les premières réflexions à l’origine du film.
Pour situer son récit, Eva Trobisch a choisi la ville de Greiz, en Thuringe, découverte grâce à son grand-père. Fascinée par cette cité de l’ex-Allemagne de l’Est aux élégants boulevards Art nouveau désertés, elle souhaitait montrer un visage méconnu du pays. Les décors du film reflètent ainsi les traces visibles des bouleversements historiques et sociaux de la réunification.
Après deux longs métrages centrés sur un personnage principal, la cinéaste a voulu explorer une narration chorale. Son objectif était de permettre à chaque protagoniste d’exister à égalité à l’écran, sans héros désigné ni véritable antagoniste. Un choix ambitieux qui a nécessité un important travail d’équilibrage au scénario comme au montage.
Afin de trouver le bon équilibre entre les différents personnages, l’équipe a multiplié les projections tests pendant le montage. Les retours révélaient des expériences de visionnage très différentes : certains spectateurs s’attachaient à Christel, d’autres à Kati ou aux adolescents. Ces réactions ont conforté Eva Trobisch dans son désir de laisser chacun construire sa propre lecture du film.
Pour interpréter Lea, la réalisatrice tenait absolument à engager une comédienne sans expérience. Découverte lors d’un casting ouvert, Frida Hornemann a immédiatement séduit l’équipe par sa spontanéité. Ironie du calendrier, la scène de sa prestation télévisée a finalement été tournée dès son premier jour sur le plateau, renforçant encore l’authenticité du personnage.
Le rôle de Matze s’est révélé être le plus difficile à distribuer. Eva Trobisch cherchait un personnage masculin capable d’incarner avec justesse les fragilités et les désillusions associées à certains stéréotypes de l’Allemagne de l’Est. L’arrivée de Max Riemelt a dissipé tous les doutes : sa présence et sa dignité naturelle ont immédiatement convaincu la réalisatrice qu’elle avait trouvé son interprète.