Avec" Showing up", la réalisatrice américaine Kelly Reichardt prouve une fois de plus qu’elle est une véritable alchimiste du cinéma, capable de transformer n’importe quelle histoire, anodine en apparence, en or cinématographique. Cette fois ci, c’est auprès de Lizzie, une sculptrice de Portland, qu’elle nous entraine. Stressée par les préparatifs d’une exposition de ses œuvres dont le vernissage se rapproche à grands pas, elle doit également gérer un certain nombre de problèmes, certains habituels comme ses rapports avec un frère qui refuse de sortir de chez lui et ceux avec des parents séparés qui ne font rien pour lui faciliter la vie, et d’autres qui, certes, ont un caractère ponctuel mais ne sont pas moins difficiles à vivre pour autant : l’absence d’eau chaude, la chaudière étant en panne et Jo, l’amie et propriétaire de Lizzie, n’ayant pas le temps de s’occuper de la réparation, car elle, une artiste également, ce sont 2 expositions qu’elle prépare ; un pigeon blessé par son chat et que Lizzie s’est mise en tête de soigner. Lizzie étant professeure dans une école d’art en plus d’être sculptrice de femmes en mouvement, tout cela permet à Kelly Reichardt de porter un regard plein de bienveillance et, parfois, d’humour sur un milieu artistique qu’elle connait bien et de nous parler du processus de création : est-il le fruit de fulgurances géniales d’un ou d’une artiste libéré.e des soucis du quotidien, ou bien, plus modestement, celui d’un modeste travail plutôt obscur effectué quand les aléas de la vie de tous les jours le permettent avec, en contrepartie, la possibilité de puiser son inspiration dans la trivialité du quotidien. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-showing-up/