Showing Up
Note moyenne
2,9
608 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

64 critiques spectateurs

5
2 critiques
4
16 critiques
3
19 critiques
2
15 critiques
1
10 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 mai 2026
Sur un mode quasi-anecdotique, Showing Up dresse le portrait de Lizzie, une adulescente qui exerce un métier de secrétaire dans une université d'art et prépare sa prochaine exposition, tout en se comparant constamment à sa voisine, propriétaire, amie et rivale artistique, Jo. À petits pas, discrètement, Lizzie, qu'on pourrait croire entièrement enfermée dans sa solitude, parvient tout de même à avancer, ce que des métaphores animales à la fois évidentes et fines, drôles et précieuses, soulignent tout au long du film. Showing Up ne raconte finalement que peu de choses, mais il le fait avec une telle délicatesse, une telle attention aux personnages et aux détails, qu'il fonctionne à merveille. C'est un film réjouissant bien qu'un peu mélancolique, d'une très grande joliesse sans mièvrerie.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 février 2026
Chaque spectateur verra ce qu'il veut dans ce " Showing up ", construit sur un scénario minimaliste autour du portrait d'une artiste en arts plastiques.

La création est ici vue comme une façon empirique de gérer son intimité émotionnelle. Il faut dire que l'environnement familial gentiment dysfonctionnel de la jeune femme trouve sans doute l'explication de sa volonté créative.

" Showing up " (2022) de Kelly Reichards, c'est peut-être aussi, un regard sur l'origine de l'expression artistique comme tentative de canaliser ses émotions, survivre intérieurement dans une société où ses membres parfaitement intégrés croient, anesthésiés qu'ils sont, à leur normalité.

Présenté en CO à Cannes 2022, " Showing up" repartira la corbeille vide.
CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 octobre 2025
Dans un monde où tout le monde veut “créer”, Kelly Reichardt filme quelqu’un qui pétrit de la glaise. Showing Up se veut une chronique sensible de la vie d’artiste ; c’est surtout un film sur l’art de ne rien faire, longuement, lentement, silencieusement.

Le film s’ouvre sur des gestes minutieux, des silences appuyés, des visages impassibles. Puis il continue comme ça, encore et encore. Michelle Williams sculpte, s’interrompt, se plaint d’un chauffe-eau, regarde un pigeon blessé. Et nous, spectateurs, on contemple tout cela, fascinés ou résignés. Reichardt filme la banalité comme si elle avait découvert le concept.

Showing Up voudrait dire quelque chose sur la création, sur la solitude, sur l’équilibre entre art et vie. En pratique, il dit surtout qu’un film peut être vide sans être profond. Derrière sa sobriété revendiquée, tout paraît figé, suspendu. On finit par se demander si Reichardt filme la vie d’une artiste ou simplement l’immobilité elle-même.

La lenteur, ici, n’est plus une respiration mais un coma esthétique. Les personnages, volontairement ternes, semblent flotter dans une apathie chorégraphiée. Tout est filmé comme un musée sans visiteurs : propre, lent, inanimé. Même la lumière paraît hésiter à s’allumer.

On devine des intentions : montrer la beauté du travail manuel, la dignité du geste, la fragilité du quotidien. Mais le tout reste théorique, désincarné. On ne ressent ni l’angoisse de l’artiste, ni la jubilation de la création.

Les personnages secondaires, à peine esquissés, traversent le film comme des silhouettes d’atelier. Le propos sur le monde de l’art reste trop feutré pour être piquant. On attend la satire, on récolte des politesses. Quant au symbolisme, il flirte avec la métaphore de festival, celle qu’on applaudit par réflexe sans trop savoir pourquoi.

Au fond, Showing Up incarne le pire visage du cinéma d’auteur : celui qui confond lenteur et profondeur, minimalisme et vide, retenue et absence. Un film triste, mais pas dans le bon sens, comme une œuvre qu’on aurait oublié de commencer.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 mai 2025
Il faut voir Showing Up non pas comme on regarde un film, mais comme on observe, à distance, la vie des autres êtres.

Ici, tout se passe en sourdine, dans la trame usée des jours sans relief. Chez Reichardt, filmer devient l’acte modeste de rester là. C’est un cinéma sans panache, mais avec un reste : une persistance, une éthique de la sensation sans éclat. Showing Up est un film d’attente où rien ne vient, sauf peut-être l’épuisement lui-même.

Le film devient alors un terrain d’essai pour un cinéma du non-événement, où le motif de la création est rabattu sur sa dimension logistique. Tout ce qui, ailleurs, serait célébration ou extase, est ici rendu à son inertie fondamentale.

Et le malaise vient de là. De cette sécheresse. De cette frontalité de l’ennui. C’est un film qui ne donne rien. Il n’offre pas d’entrée, pas de poignée, pas de point d’accroche. Il se refuse. Refuser de divertir, refuser de séduire, refuser d’aboutir. Faire du cinéma un espace de retrait, d’obstacle, presque de silence.

Les corps dans Showing Up ne sont ni beaux ni filmés pour l’être. Ils sont présents, simplement. Et c’est déjà trop. La caméra les encadre sans flatterie, dans le grain rugueux de leur quotidien.

Showing Up est un film à l’intérieur duquel il faut habiter pour sentir ce qu’il fait. Il ne montre pas, il expose à la fatigue, à l’inconfort, à la médiocrité même du geste créatif.

Alors oui, on peut dire que Showing Up est un film frustrant. Qu’il rate quelque chose, qu’il se dérobe, qu’il n’aboutit pas. Mais c’est là, peut-être, qu’il est politique. Dans son refus de surélever. Dans son acharnement à rester bas.
Nina
Nina

24 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2024
Très subtil, Michelle Williams est magnifique dedans. Les images sont très belles. Dans chaque scène, il y a beaucoup de subtilité et belles surprises
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 janvier 2024
105 mn du vide absolu des journées d'une sculptrice dépressive, quasi autiste et habillée par des sacs (pauvre  Michelle Williams) , entourée de gens aussi déglingués qu'elle. Rien ne se passe, le scénario a l'épaisseur de papier à cigarette et c'est mal filmé, avec la lenteur d'un paralytique Corse. Les critiques "intellectuels" crient bien sûr au génie de Kelly Reichardt. Pour moi, une imposture artistique totale. Réservé à ceux qui veulent s'ennuyer devant l'écran ou même s'endormir. Ça se termine sur un air de pipeau on ne peut plus adapté !
JUJUBE20
JUJUBE20

36 abonnés 59 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 octobre 2023
Mais comment Kelly Reichardt qui a signé de si beaux films a-t-elle pu commettre une inutile pochade pareille ? Un scénario sans intérêt, une mise en scène quelconque, des symboles grossiers (le pigeon coincé), des personnages caricaturaux... Il ne se passe rien, d'accord, mais en plus c'est mal filmé. Espérons qu'elle se reprenne vite.
Lynebonnaud
Lynebonnaud

2 abonnés 131 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 octobre 2023
Sur l’affiche du film, une petite phrase « L’art naît du chaos. ». Le titre en rose invite à la possible légèreté d’une comédie. Le visage d’une femme dont l’expression exprime le doute, apparaît en second plan derrière des petites sculptures qui prennent toute la place.
Le synopsis du film en deux lignes est très ténu. « A quelques semaines du vernissage de son exposition, le quotidien d’une artiste et son rapport aux autres. Le chaos de sa vie va devenir sa source d’inspiration ».
Le film n’est pas un documentaire sur l’art, il est un film de Kelly Reichardt. C’est bien l’expression singulière de la réalisatrice qu’il lui donne toute sa chair. En clair-obscur par petites touches elle filme l’altérité, et comment le rapport aux autres va impacter le processus créatif de son personnage principal.
Showing Up, est son dernier long après le très beau First Cow. Les deux films ont en commun, un même ressort central à savoir la présence d’un animal. Hier une vache, aujourd’hui un pigeon qui va provoquer le rapprochement de deux êtres, Jo et Lizzy.
Lizzy socialement, est assez revêche. Elle vit de manière solitaire avec son chat, et se plaint constamment auprès de Jo sa voisine et propriétaire, de sa chaudière qui ne fonctionne plus. Jo artiste elle aussi, semble habitée par un bel appétit de vivre, tout semble simple pour elle. Quand Lizzy travaille laborieusement pour être prête avant la dead line du vernissage. Elle fait encore et encore, inlassablement, sa vie ne se construit qu’autour de son travail, c’est son identité.
Le titre Showing Up, « se pointer », « dévoiler », invite à rendre visible ceux qu’on ne voit pas, qui sont à la marge.
Qui est Lizzy dans l’ombre de ses œuvres ? une femme qui existe et vit un quotidien. C'est l’actrice Michelle Williams, que nous venons tout juste de découvrir dans le très populaire « The Fabelmans » de Steven Spielberg en femme au foyer, qui vient l'incarner. Elle est incroyable dans la métamorphose de ses deux personnages, qui existent quasi conjointement dans les salles à quelques semaines d’intervalle. On peine un peu à la reconnaître tant les deux sont animées d’une énergie différente.
Je n’ai pu m’empêcher de penser à une autre cinéaste américaine, Debra Granik, qui elle aussi donne une voix aux personnes marginalisées dans la société. Mais aussi dans la manière de faire du cinéma, dans une approche pleine d'authenticité et de réalisme.
Les deux femmes se distinguent dans leur capacité à créer un cinéma intimiste, qui met en lumière des histoires ignorées, avec une grande délicatesse et beaucoup de sensibilité.
Elles nous invitent à réfléchir notre rapport au monde, sur tout ce qu’il y a en périphérie que l’on ne peut apercevoir au premier abord. Et le résultat à l’écran est prodigieux.
Kelly Reichardt tout comme sa compatriote est une cinéaste indépendante. Elle s’affranchit des codes et conventions, à contre-courant du cinéma, ce qui pourra en décontenancer certains.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 septembre 2023
Je le dis d'emblée : si vous cherchez un film qui bouge, fuyez ! "Showing Up" est la chronique d'une artiste qui prépare une exposition, et l'ensemble ne racontera pas grand chose d'autre que son traintrain quotidien.
Avec en prime une lumière très naturelle et une mise en scène sobre, voire minimaliste, ainsi que quelques personnages chelous, on se croirait par moment dans un épisode de la célèbre émission "Striptease" ! (l'humour belge en moins)
L'intérêt est en fait ici la représentation inhabituelle d'une artiste. Oubliez les success stories conventionnelles, le misérabilisme du peintre qui bosse dans un grenier mal éclairé, ou la critique du milieu artistique vaniteux et superficiel.
Ici, Lizzy a un peu de succès dans son milieu, mais pas trop non plus. Elle vit financièrement grâce à une activité d'assistante dans une école d'art. Elle affrontera sa propriétaire et voisine qui a davantage de succès qu'elle, et qui refuse de lui réparer son eau chaude. Sa famille déglinguée. Et le regard d'un pigeon blessé dont elle s'est pris d'affection.
Michelle Williams est très bonne dans ce rôle de femme dépressive, et surtout l'actrice a été admirablement enlaidie ! Son allure crasse étant justifiée par l'absence d'eau chaude...
Il y a quelques thématiques intéressantes (rapport entre la guérison du pigeon et la construction artistique, parallèle entre la protagoniste et les statues qu'elle modèle), mais c'est tout de même très lent. Heureusement les rixes posées avec la voisine sont amusantes.
Par contre, j'avoue que je n'ai pas su dire si la représentation d'une école d'art était volontairement à but humoristique. Cet univers est tellement éloigné du mien que j'y ai probablement vu des décalages là où il n'y était pas censé en avoir...
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2023
Le film paraîtra long et ennuyeux à beaucoup tant il semble se cantonner à enchaîner des scènes du quotidien, à priori sans grand intérêt, sans réels enjeux scénaristiques autres que la réparation du chauffe eau du personnage principal (j'exagère à peine). Le personnage que l'on suit est une artiste taciturne, qui n'a pas l'air très épanouie et n'exprime pas beaucoup d'émotions.

J'ai donc eu un peu de mal à me prendre au jeu et à m'intéresser à cette histoire au départ, jusqu'à ce qu'un pigeon me fasse miraculeusement entrer dedans pour ne plus me laisser en sortir jusqu'à la fin du film.

J'ai ensuite savouré chaque ligne de dialogue, chaque détail de ce quotidien si banal et si fascinant à observer à la fois, chaque plan sur les très belles sculptures et autres oeuvres d'Art, chaque interaction avec les seconds rôles, tous plus truculents les uns que les autres.

Le contraste entre la banalité du quotidien et le foisonnement autour de la création artistique au sein de cette école d'Art est intéressant car il vient démythifier l'artiste, souvent représenté au cinéma comme un génie exubérant qui mènerait une vie passionnante à chaque instant.

Pas très fan de Michelle Williams (je n'ai jamais eu grand chose à lui reprocher mais je n'ai jamais trouvé qu'elle crevait l'écran non plus, à part dans The Fabelmans), j'avoue qu'elle m'a agréablement surpris, même si, une nouvelle fois, je l'ai peut être vue un peu trop "jouer".

A l'inverse, Hong Chau, qui avait été ma seule source de satisfaction devant l'horrible The Whale, confirme ici son talent. Quel naturel !

J'avais adoré First Cow, le précédent long métrage de la réalisatrice, celui-ci se rapproche davantage de Certain Women, dans lequel j'avais également eu du mal à rentrer, mais l'on ne peut que reconnaître le talent de Kelly Reichardt et sa volonté de proposer un cinéma exigeant et de qualité.

Parce qu'il me reste en tête depuis que je l'ai vu il y a deux jours, et parce que plus j'y réfléchis pour écrire cette critique, plus je le trouve intelligent et réussi, j'en arrive à la conclusion que Showing Up fait partie de ces grands films aux airs de petits films.

Ma page ciné insta : fenetre_sur_salle
Marius M.
Marius M.

4 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2023
Le dernier film de Kelly Reichardt suit le quotidien de Lizzy, partagé entre son activité de sculptrice et son job de secrétaire dans l'école d'art où elle fut jadis élève. L'un des points forts de ce film, à mon sens, est l'écriture des relations interpersonnelles. Le film est de donner à voir les situations dans toute leur complexité, et leur ambivalence, sans jamais verser dans le manichéisme. Kelly Reichardt évite tous les passages narratifs attendus dans lesquels on aimerait voir le film tomber: Showing Up parvient à ainsi faire surgir l'émotion, tout en demi-teinte, sans explosions dramatiques. Le film ne semble jamais pencher d'un côté ou de l'autre, ce qui lui confère une grande justesse, mais aussi une certaine tiédeur.
Retrouvez ici l'intégralité de ma critique: https://mariusmirone.wixsite.com/chimeres/post/showing-up-un-portrait-d-artiste-doux-amer-sign%C3%A9-kelly-reichardt
nicolas jégo
nicolas jégo

15 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 juin 2023
Un film 4 T Télérama comme dirait une amie!!!! Étrange film d une relation entre deux voisines.
Ça s arrête comme ça nous laissant sur notre fin.
L actrice principale joue vraiment bien mais le scenario n y était pas
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 juin 2023
Un processus de création entravé par des problèmes du quotidien... Lizzy doit absolument travailler sur son exposition, mais elle est sans cesse dérangée par quelque chose. Son chat qui a faim, un oiseau dans sa maison, sa voisine qui lui demande un service, son père qui est squatté, son frère alcoolique, etc. Ces retrouvailles entre Kelly Reichardt et Michelle Williams donnent un film trop gentillet avec des pastilles peu marquantes sur les différentes interactions qu'à Lizzy avec son entourage. Même si l'on peut voir cela comme une ode à la création avec cette artiste qui se réfugie dans son travail, on ne peut pas dire que ces histoires de panne de chaudière ou de pigeon blessé soient intéressantes. C'est minimaliste, monotone, peu engageant, inexpressif et surtout assez laid visuellement. Je crois que je me suis plus intéressé au sort du pigeon, c'est d'ailleurs déjà la troisième fois que j'en parle, qu'à cette pauvre Lizzy et ses problèmes futiles. Au final, un film assez quelconque sur une tranche de vie qui l'est tout autant.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2023
Lire la critique entière ici : https://doisjelevoir.com/2023/05/01/showing-up-une-artiste-pas-comme-les-autres/


Showing Up, un film intriguant, transporte le spectateur dans le monde décalé de Lizzie, une artiste déconnectée malgré son intégration dans la société. Il déconstruit le fantasme du génie en montrant que les créations artistiques de Lizzie résultent d'un travail acharné plutôt que d'un don. Le film présente les œuvres de Cynthia Lahti. Avec une image soignée et un grain subtil, il crée rapidement un attachement envers Lizzie, une artiste complexe qui doute d'elle-même. Il offre un regard poignant sur les relations toxiques entre les personnages, y compris sa mère indifférente. Malgré les obstacles, la force de Lizzie dans sa quête d'épanouissement artistique touche profondément. Le pigeon symbolique souligne son échec à trouver sa place parmi les humains. Les performances des acteurs sont remarquables, notamment celle de Michelle Williams qui livre une prestation fantastique, incarnant les doutes et les complexités de Lizzie avec brillance. Hong Chau apporte une profondeur supplémentaire avec son jeu nuancé, tandis qu'André Benjamin complète parfaitement le casting avec une performance efficace
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2023
Lizzie (Michelle Williams), la petite quarantaine, n’arrive pas à mettre la dernière main aux céramiques qu’elle doit exposer dans quelques jours à peine. Tout conspire à la déconcentrer de sa tâche : son travail administratif dans l’école d’art que dirige sa mère, son vieux père, son frère psychotique, la maison qu’elle loue dont la propriétaire refuse de remplacer la chaudière hors d’âge, jusqu’au pigeon que son chat a laissé pour mort et que Lizzie se voit contrainte de soigner….

Tout en en reconnaissant la valeur, je ne suis pas un fan inconditionnel du cinéma de Kelly Reichardt ("River of Grass", "Old Joy", "Certaines femmes", "First Cow"). Je lui reproche ses afféteries arty, cette façon de faire passer du silence pour de la profondeur… alors qu’il n’y a que du vide.

Aussi, suis-je allé voir à reculons son dernier film, attendant plusieurs semaines après sa sortie début mai, échaudé par les avis mitigés de plusieurs amis pourtant spontanément plus indulgents que moi pour les films de cette cinéaste indé très West Coast.

Pour autant, à rebours de mes préventions, j’ai beaucoup aimé ce "Showing Up" au titre intelligemment polysémique.
Certes il ne s’y passe pas grand-chose. On sait par avance que le récit s’organisera autour d’un compte à rebours jusqu’à ce vernissage qu’attend et redoute tant Lizzie.
Mais "Showing Up" a une vertu rare : il montre des artistes au travail. Trop souvent, les films consacrés à des écrivains, à des peintres, à des sculpteurs les montrent occupés à tout un tas de choses sauf à écrire, peindre ou sculpter. En particulier, "Showing Up" nous évite plusieurs passages obligés des biopics des grands artistes qui nous racontent leur ascension et leur chute ainsi que les impossibles amours que la passion dévorante de leur art les empêche de vivre sereinement sans jamais les montrer au travail.

Rien de tel dans "Showing Up" qui est beaucoup plus terre à terre. Son héroïne est une femme banale, que Michelle Williams, pourtant si belle ("Manchester by the Sea", "The Fabelmans"), semble prendre plaisir à jouer en s’enlaidissant : le cheveu gras, chaussée de Crocs horribles et de chaussettes marronnasses et difformes.

On peut se demander la part d’ironie qu’il y a dans cette interprétation et, plus largement dans ce film.. Kelly Reichardt et Michelle Williams se moquent-elles de la petite communauté d’artistes qu’elles peignent ? Peut-être. Mais, elles le font avec beaucoup de délicatesse. "Showing Up" ne verse jamais dans la satire grinçante, mais préfère, comme "Paterson" de Jim Jarmusch, creuser un sillon rare et précieux : celui de la création artistique.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse