Showing Up
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Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2023
Vu en avant-première en présence de Kelly Reichardt, Showing up est un film sobre et plus léger que les précédentes réalisations de Reichardt mais pas moins intérėssant. Réflexion sur l'art et le travail de l'artiste, subtil portrait de femme, showing up est une comédie douce mais non dénuée d'amertume portée par une incroyable Michelle Williams dont la sobriété de jeu impose le respect. Le grain de l'image donne l'impression que le film a été tourné en pellicule, ce qui lui apporte un certain charme vintage. L'ensemble est simple et limpide empli de passages contemplatifs mettant en scène le geste de l'artiste. Film d'espaces clos alors que d'habitude ce sont les grands espaces qui intéressent la réalisatrice, Showing up est pourtant ouvert sur la vie, c'est un film sur le partage, la famille, le lien aux autres que ceux-ci soient humains comme animaux. La beauté du film réside dans sa simplicité, dans son refus de l'artifice et dans la minutie apporté au traitement de ses personnage. Un cinéma qui tend ā l'épure mais d'une grande beauté. La continuité d'un travail d'une grande rigueur. Reichardt est une ciñnéaste importante et chacun de ses films mérite d'être vu.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2023
Dans un monde science-fiction où l'humanité a appris à dresser les chats à ne pas faire tomber par pure malice tout ce qui est posé sur une table, on suit une sculptrice interprétée par Michelle Williams (quatrième collaboration avec Kelly Reichardt) qui doit préparer une exposition dans une galerie. Le pitch est simple et ce qui est fabuleux avec Reichardt, c'est qu'elle ne nous emmène pas là où on croit que le scénar veut nous emmener. On esquive tous les passages obligés les plus évidents et tant mieux. Parce que c'est trop facile de faire de son artiste un génie qui va réussir dans les dernières minutes à finaliser la meilleure exposition de tous les temps, pendant qu'il réconcilie sa famille en même temps, le tout sous l’œil d'un grand marchand d'art qui ne rêve qu'exposer cet artiste dans une galerie prestigieuse à New York...

Showing Up ce n'est pas ça. C'est peut-être même l'inverse de ça et parce que c'est l'inverse de ça, ça dit des choses sur l'artiste qu'on ne voit jamais, ou éventuellement chez Hong Sang-soo (et c'est le plus beau compliment que je puisse faire). Les artistes sont des gens "normaux". Enfin Michelle Williams a pas l'air d'être la personne la plus joyeuse du monde dans le film, mais justement, on est loin des représentations exubérantes d'artistes qui hantent le cinéma. C'est une femme normale, qui a un métier dans une école d'art, mais qui n'a pas l'air d'être un métier de prof, elle bosse dans l'administration et à côté elle fait son art. Où as-t-on déjà vu ça ?

Et surtout je trouve que le synopsis du film qu'on trouve un peu partout sur internet est loin de rendre compte de l'originalité de ce film qui tranche radicalement avec ce qu'on a l'habitude de voir. Un artiste aujourd'hui n'est pas spécialement riche, il travaille à côté la plupart du temps, il est pas super sympa, il a des problèmes matériels concrets (j'aime bien l'opposition entre les deux personnages "principaux" du film, Williams et son amie Hong Chau, qui joue aussi une artiste, mais qui est plus dans ce qu'on pourrait attendre de la représentation d'une artiste au cinéma).

D'ailleurs la création artistique à proprement parler prend peu de temps dans le film, on la voit peu sculpter et on la voit plus essayer de trouver le temps de sculpter. Rien que ça c'est une excellente idée de cinéma. Il faut avoir matériellement le temps de créer et lorsqu'on prend le temps, on est sans cesse dérangé (la famille, les voisins., le chat...)

Et puis il y a cet élément perturbateur : le pigeon. C'est à la fois tellement absurde et tellement réaliste, le chat qui ramène un pigeon dans l'appartement pour le bouffer, la fille qui décide de le mettre dehors pour qu'il crève plus loin, loin de ses yeux... ça fonctionne vraiment bien et tout propriétaire d'un chat a eu la même réaction... Et forcément tout ce qui s'en suit est super drôle et cocasse.
Parce que le film a beau être comme tous les films de Reichardt extrêmement calme, ça ne crie pas, les conflits ne donnent pas lieu à des éclats de voix (le moment où Williams s'énerve est vraiment drôle parce que c'est tellement juste et en même temps juste ridicule), il y a malgré tout une touche d'humour, d'ironie, qu'on ne retrouvait peut-être pas dans ses autres films. Peut-être que le sujet plus léger s'y prête plus. Ici il n'est pas question de vrai/faux meurtre, de se perdre dans le désert ou de terrorisme... On parle juste de création artistique.

Et forcément il me faut aborder le coup de théâtre (si on peut appeler ça comme ça), la réalisation de la pièce maîtresse de l'exposition, puisque ça dit tout de la création artistique : on ne maîtrise pas tout... Même en sculpture où c'est quand même quelque chose d'assez solitaire, on doit faire appel à d'autres gens et on ne maîtrise pas tout le processus et ça fait que parfois, ben le résultat n'est pas forcément celui qu'on attendait et il faut l'accepter parce que ça ne dépend pas de nous... On se doute bien qu'au cinéma, vu que c'est un travail d'équipe, on maîtrise encore moins le résultat.

Il faut également souligner l'excellente idée de Reichardt d'aller tourner dans une vraie école d'art (encore une fois en Oregon !), ce qui permet de filmer ce lieu atypique, ses élèves au travail (quasi sûr que c'est les vrais élèves de l'école) et ça donne de la vie au film, certes le perso de Williams est un peu mutique et renfermé, mais autour d'elle il se passe des choses. Le cadre vit autour d'elle.

Bon et il faut mentionner le travail d'écriture, parce que contrairement à n'importe quel autre film, on découvre, on comprend des choses sur les personnages au fur et à mesure de leurs interactions. On peut voir des personnages se parler plusieurs fois avant de réellement comprendre qui ils sont les uns pour les autres. C'est ce genre de détail qui permettent de donner de la crédibilité à ce qu'on voit. Dans la vraie vie les gens qui se voient tous les jours ne croisent pas en se disant : « Hey, Salut John mon meilleur ami depuis la cinquième ! » Reichardt s'épargne ce genre d'écueil pour notre plus grand bien.

Bref, Showing Up est un grand film, Reichardt est sans doute non seulement la plus grande réalisatrice américaine, mais sans doute le plus grand réalisateur américain actuel tout court...
En plus elle vient d'inventer une forme esthétique nouvelle : le pigeon gaze.
DanDan
DanDan

97 abonnés 272 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 juin 2022
Lent et lourd deux mots qui définisse ce film sur une artiste et sa vie avant un vernissage de son art sur qui personne ne s'intéresse...l'histoire aussi d'un pigeon blessé...par le chat de la protagoniste...pas un grand intérêt..Michelle Williams est tres fade dans ce film..et c'est bien dommage elle a l'air de s'ennuyer autant que le spectateur..
Naughty Doc

1 041 abonnés 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2022
Après son réussi First Cow, Kelly Reichardt retrouve Michelle Williams dans l'exploration de la vie d'une artiste adepte de poterie.

Ce qui estassez troublant avec Showing Up, c'estqu'on observe du début à la fin des tranches de vie sans apparente trajectoire scénaristique ni gros parcours de personnage.

On découvre donc son rapport avec d'autres artistes, des séquences avec son frère parano, ses parents divorcés ou sa voisine (Hong Chau qui vole chaque séquence) lui faisant payer le loyer


Au final, si le tout manque peut-être d'une vraie cohésion narrative ou même d'émotion, l'interprétation encore une fois très bonne de Williams, la direction globale (Kelly choisit ses plans de manière efficace, notamment lors d'une scène sans coupe où le personnage fignole une sculpture) et le ton pince sans-rire procurent un certaincharme au film.

Une mosaïque de séquence qui petit à petit dresse un portrait intéressant de personnage à la vie chaotique, mais où une certaine lumière au bout du tunnel semble pointer.
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