David Cronenberg déçoit avec un concept aussi provocateur qu’inabouti. Dans ce nouveau film présenté en compétition à Cannes, le réalisateur canadien imagine une technologie révolutionnaire mais controversée : un linceul connecté à une caméra, permettant aux vivants de suivre en direct la décomposition de leurs proches. Une idée dérangeante qui soulève des questions éthiques, mais qui peine à se traduire en un scénario solide. Lorsque des sépultures sont vandalisées, le personnage principal, Karsh, part à la recherche du coupable — une intrigue qui manque de souffle et de tension. Vincent Cassel, en anglais, semble peu à l’aise dans son rôle, ajoutant à la déception générale d’un film qui, malgré son audace, n’atteint ni la puissance émotionnelle ni la provocation attendue.
D’une manière générale, la mort n’a pas bonne presse et, afin d’en cacher la réalité, on s’empresse le plus souvent de dissimuler les cadavres aux yeux de tous à l’aide de ce qu’on a coutume d’appeler un linceul. Il faut avoir le cerveau un peu dérangé d’un Cronenberg pour imaginer un linceul connecté qui, loin de dissimuler le cadavre, permet aux personnes vivantes de rester en contact avec le défunt ou la défunte afin, en particulier, de suivre la décomposition de son corps. Il parait que cette idée morbide, David Cronenberg l’a eue en 2017, à la suite du décès de Carolyn Zeifman, son épouse, vaincue par un cancer. Dans "Les linceuls", il met en scène Karsh, un homme d’affaire dans la cinquantaine, propriétaire de la moitié d’un cimetière et du restaurant qui le jouxte, un homme qui a perdu sa femme 6 ans auparavant et qui, depuis, est inconsolable. De toute façon, impossible pour cette défunte de religion juive de procéder à son incinération, l’explication donnée dans le film, mais qui n’est pas la seule, étant que, dans le religion juive, l’âme doit rester un long moment au dessus du corps en train de se décomposer. Un geek qu’il connait très bien va lui permettre de mettre en œuvre cette invention de cercueil connecté. Cette possibilité de rester en contact avec les disparu(e)s qu’on a aimé(e)s, spoiler: il a décidé de la proposer à d’autres que lui, moyennant finance, bien évidemment, chaque acheteur pouvant donc suivre « son » mort dans ce cimetière connecté qu’il a créé, « son » mort, mais pas les autres morts. spoiler: Ne voulant pas se limiter à un scénario basé uniquement sur la technologie et le morbide, David Cronenberg a ajouté un côté thriller à son film, en injectant des actes de vandalisme et de profanation se déroulant dans le cimetière connecté. . Là où le bât blesse dans "Les linceuls", c’est que cette idée de connexion entre un(e) défunt(e) et une personne vivante aurait apporté une réflexion beaucoup plus riche sur le travail de deuil qui pourrait en être tiré si elle ne s’était pas limitée au suivi de la décomposition du corps; information complète sur / à vous de deviner ! Film vu ai Festival de Cannes 2024
Avec Les Linceuls, David Cronenberg délaisse la body horror classique pour explorer une méditation funèbre sur le corps, le deuil et la possession. Lent, hypnotique et profondément mélancolique, son film plonge dans les névroses humaines avec une finesse clinique. Porté par Vincent Cassel et Diane Kruger, il confirme son statut d’auteur européen, sculptant une œuvre organique où l'obsession du corps devient la dernière trace d’amour.
Le film préfère la lenteur aux effets faciles, la perte de repères aux grands chocs visuels. On avance dans Les Linceuls comme on rêve, hésitant entre fascination et malaise, incapable de se détacher de ce cimetière numérique inventé pour conjurer l'absence. L’horreur n’explose jamais vraiment : elle s’infiltre, silencieuse, dans les failles du héros et de ses désirs contrariés, jusqu’à nous donner l’impression de marcher, nous aussi, sur un terrain qui se dérobe.
David Cronenberg poursuit ici sa quête d’un cinéma viscéral, à la croisée du corps et de l'esprit, dans une approche où la technologie, loin d’être un monstre froid, devient un miroir de nos obsessions les plus intimes. Les Linceuls est un film qui préfère la suggestion à l’évidence, qui assume ses errances pour mieux nous entraîner dans un vertige existentiel, parfois grotesque, parfois tragiquement beau. Une œuvre audacieuse, âpre, et d’autant plus précieuse qu’elle refuse de plaire à tout prix.
Vu au cinema en Italie. Le film est très bien réalisé, mais le scénario est bancal, avec plusieurs incohérences et des sauts logiques entre les scènes. Dans l’ensemble, il reste regardable.
Le pire film que j'ai vu lors de ce festival : l'histoire qui ne tient pas dans sa construction, les acteurs en dessous de ce qu'ils peuvent faire d'ordinaire, et le fait que Cronenberg se fait vieux et ne sait plus trop faire des innovations en terme de plans.
Bon pourtant j'aime bien Vincent Cassel mais là son jeu d'acteur c'est pas possible quoi... Dommage encore une fois le concept était cool. Vu au Festival de Cannes
Je pensais qu’on avait touché le fond de l’ennui et de l’inintéressant avec “Marcello Mio“ et bien non “Les Linceuls“ a réussi à faire pire.
Mon dieu que c’est malsain, certes c’est du Cronenberg mais là juste non, NON. C’est une manière très limite et morbide de raconter un deuil. Des fois, il vaut mieux tout se garder pour soi-même. Je comprends que c’est un sujet qui tient à coeur Cronenberg et je respecte son deuil mais bon en parler dans un film, ce n’était peut être pas une bonne idée
Bon, en plus, je me suis endormi quelques minutes pour vous dire. Quand je me suis réveillé que j’ai vu que ça a commencé à parler de théories du complot avec des chinois et des russes, je vous avoue que j’avais envie de me rendormir.
Vincent Cassel pas du tout convaincu, enfin je suis pas fan de base donc ça n’arrange pas les choses.
Par contre, chouette le petit placement de produit pour Tesla, ça c’est réussi au moins :)
Parfaitement maîtrisé sur la forme, avec une image léchée et des comédiens bien cadrés dans une sombre intrigue à propos d'espionnage et évidemment de surnaturel : qu'advient-il du corps humain une fois sous terre ? La réponse au cinéma à partir du 30 avril.
Vu en avant-première au Festival de Cannes : Quel déception que ce Cronenberg indigeste porté par un Vincent Cassel en roue libre et à l'accent terrible. La promesse semblait intéressante et émouvante (le deuil de sa propre femme revu au travers d'une fiction) mais le film s'enlise dans un trop plein de sujet très mal abordé (les conspirations à n'en plus finir, le sexe, les trahisons, ...). On en sort sans avoir bien compris grand chose et sans en avoir envie non plus...
Film incompréhensible et ennuyeux… l’idée de départ du film aurait pu éventuellement être correctement traité mais aurait probablement nécessité beaucoup plus de simplicité à la fois dans l’écriture que dans la mise en scène .
"De son propre deuil, David Cronenberg revient sur la Croisette avec une œuvre on ne peut plus personnelle. La disparition de son épouse sept ans plus tôt semble encore le hanter et Les linceuls constitue pour lui une manière de lui rendre hommage, tout en laissant la porte ouverte au dialogue, même après la mort. Et malgré cet effort, le célèbre croque-mort du cinéma ne fait que brasser de l’air avec ses dialogues interminables, qui paralysent toute tentative d’immersion ou de communion avec son film."
"Karsh (Vincent Cassel) a mis en place un cimetière où il trompe la mort. Sa technologie GraveTech permet aux vivants de contempler les restes des défunts en décomposition. Embaumés dans des linceuls équipés de caméras donnant sur l’intérieur, il est désormais possible de se connecter aux êtres qui nous sont chers. « Je suis dans la tombe avec elle. […] C’est ce qui me rend heureux. » Karsh voit les choses ainsi, mais ne cesse de multiplier les signes qui le relient à sa bien-aimée, Becca. Dans son entourage, il existe encore sa sœur jumelle Terry (toujours vivante) et un avatar numérique nommé Hunny. Diane Kruger incarne tous ces personnages à la fois, dans le but d’alimenter les penchants morbides et sexuels d’un homme solitaire qui se cherche. Autant dire que la mort lui va si bien."
"Pour Cronenberg, son approche personnelle justifie la névrose de Karsh, un double du cinéaste, et son film est un peu à l’image de ses personnages, dans un état de décomposition regrettable sachant le sujet. Les différents corps nus qui défilent témoignent également de leur esprit confus et empoisonné par un manque d’affection. Les relations deviennent alors inutilement ambiguës, tandis que le récit espère bouleverser par des complots et trahisons. Malgré un hommage touchant et une réflexion stimulante sur l’identité, Les linceuls nous laisse cependant sur notre faim à la force de bavardages stériles et de rendre indigestes toutes ses théories poussiéreuses et peu cérébrales."
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Vu en avant-première, et malgré le body-horror glaçant porté par Diane Kruger, Cronenberg peine à nous captiver sur 2h, même sur la base d'une intrigue originale
Un concept très intéressant, pour ce film atypique mais bien dans la tradition de Cronenberg, d’un monde futur, mais très proche, où l’on voudrait accompagner ses défunts, ses proches, plus loin dans la mort, dans le tombeau. A la fois par des moyens techniques ; vidéo live du caveau, mais aussi par des prestations permises par les nouvelles technologies permettant de communiquer avec les morts. La base du scénario repose sur le destin des deux sœurs (jouées par Diane Kruger), l’une meurt d’une grave et longue maladie, après des traitements très lourds, utilisant les nouvelles technos ( nano techno et IA ),et l’autre s’identifie ensuite à sa sœur défunte , tout en la jalousant . Diane Kruger est exceptionnelle, troublante, et elle aurait vraiment mérité un prix à Cannes. Le film bascule ensuite dans un thriller d’espionnage, avec des services secrets étrangers qui veulent utiliser la clinique de Vincent Cassel (et les corps des défunts) , pour espionner l’occident . On ne comprend pas toujours tout, et l’intrigue est un peu confuse. Mais le film est superbe, esthétiquement parfait, une très belle image, sobre, design, des décors modernes futuristes, et le duo Cassel -Kruger fonctionne très bien (bel alchimie pour les scènes sensuelles) . Un scénario un plus resserré aurait donné une autre dimension au film.
Avec Les linceuls, Cronenberg revisite le deuil sous un aspect à la fois très cru (la décomposition des corps des êtres aimés) et high-tech (pouvoir suivre cette décomposition sur un écran en direct via un linceul connecté). Mais avec un scénario qui part dans trop de directions à la fois, on perd de vue la réflexion première pour ne conserver que la sensation lancinante de l'abscence. [Visionné au festival de Cannes]