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Patjob
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2,0
Publiée le 29 avril 2023
Les deux personnages principaux sont bien dépeints, intéressants et attachants. Mais leur intrigue sentimentale ne génère pas d’émotion et le glissement progressif vers le thriller tend vers l’invraisemblable, et par conséquent le désintérêt. D’autant que le film se disperse, devenant presque confus. On devine les intentions du cinéaste (voir sa référence très appuyée à « Fenêtre sur cour ») et constate à regret qu’il n’atteint pas son but.
Excellent , Jacques Audiard est un géni , le scénario tiens la route . Dans ce film Emmanuelle Devos est remarquable avec Vincent Cassel avec ses côtés . On a le souffle coupé tout au long du film . A voir absolument .
Le film a deux atouts majeurs : une distribution épatante, y compris la plupart des rôles secondaires, un scénario plutôt original reposant sur le "superpouvoir" d'une femme apparemment marginale, un mélange réussi entre chronique sociale et film de gangsters. Il a aussi, malheureusement, certaines faiblesses : une réalisation faussement angoissante qui enchaîne les longueurs, une intrigue secondaire pas franchement nécessaire. Le personnage joué par Vincent Cassel a un comportement plutôt toxique, on ne remonterait pas ça après #Metoo, enfin pas comme ça. Enfin, la vraisemblance de l'ensemble repose sur la beauté d'Emmanuelle Devos, qui est bizarrement niée par tous les personnages, ce qui donne un résultat un peu cousu de fil blanc. A voir une fois, pourquoi pas.
Secrétaire atteinte de surdité et dépourvue d’aspérités, Carla est figée, piégée dans son rôle, au sein d’une entreprise devenant sa prison. De la prison, Paul, ancien braqueur interprété par Vincent Cassel, en ressort tout juste. Dans Sur mes lèvres, Jacques Audiard entremêle le destin de ces deux marginaux. Contraste brutal, rencontre fatale. L’élément perturbateur, Paul, intervient rapidement dans la vie de Carla, en devenant son stagiaire. Tous deux rêvent de se sentir vivre, de fuir le vide et de trouver une réelle identité. Carla veut quitter la stabilité, et Paul fait tout pour la retrouver. Les deux corps se cherchent et se toisent, et finissent par voir leur idylle troublé par leurs démons du passé. Le chemin vers la liberté est parsemé de tumultes. Emmanuelle Devos, récompensée par un César, retranscrit avec justesse les doutes intimes d’une femme qui n’a jamais rien essayé. Vincent Cassel, lui, demeure aussi percutant que dans Mesrine de Jean-François Richet (2008), et nous donne à voir un bandit aux songes infinis. Couleurs ternes, atmosphère grisâtre : une tempête s’annonce sous le ciel de la Ville Lumière, le banditisme fait suite à l’immobilisme. La caméra de Jacques Audiard suit les personnages agités avec habilité, grâce à des mouvements saccadés et des plans caméra-épaule rapidement entrecoupés. À la monotonie succède la fougue de la vie ! Et peu importe la façon dont les péripéties de Carla et Paul s’achèvent, Sur mes lèvres réussit à ériger un dilemme troublant : peut-on échapper à sa condition de handicap, à sa nature de bandit, et à ses inclinaisons ? Au spectateur de se faire un avis. En ce film réside une ode au pouvoir de la décision. Malgré un approfondissement du passé des personnages absent, l’œuvre de Audiard réussit à illustrer les vicissitudes de l’Homme : violence, sexisme, exclusion et solitude se rencontrent et se confondent. Un portrait unique de songes impossibles à lire sur les lèvres.
Film malade, fiévreux sur deux protagonistes que tout oppose et pourtant... Devos et Cassel sont magistraux et la mise en scène d'Audiard est sublime. Un beau boulot sur le son et le montage également. Un début très film social qui vire par la suite au polar même si la fin est un peu trop gangster mais quelle classe tout de même !!
Le début est excellent avec un numéro d’Emmanuelle Devos – fille de Raymond – en malentendante maltraitée, convaincante et attachante. Puis arrive Vincent Cassel – fils de Jean-Pierre – délinquant en voie de réinsertion. Analyses psychologiques intéressantes… c’est tendre et pudique. Et puis on passe au thriller confus et invraisemblable et la caméra de Jacques Audiard – fils de Michel – devient frénétique, la qualité baisse…et je ne suis finalement d’accord qu’avec le César de la meilleure actrice.
Jacques Audiard réalise son premier grand film avec "Sur mes lèvres", un très bon polar français haletant et sans fioriture, la mise en scène est musclé, le suspense très présent. Cette histoire est touchante, une femme (Emmanuelle Devos) pas très bien dans ses baskets retrouve un peu de piment dans sa vie grâce à la venue d'un stagiaire ex-taulard (Vincent Cassel) très mystérieux et intriguant. Les deux acteurs jouent superbement et sont vraiment excellents, Jacques Audiard sait les filmer de la plus belle des manières. Ce scénario qui paraît vraiment banal devient dans les mains d'Audiard un petite perle pleine de subtilités, de tendresse et emplie d'une très belle description des relations humaines. Un très bon film.
Très déçu par ce film, je ne comprends pas les éloges de la presse. Si l'interprétation est plutôt acceptable, la réalisation est du genre bâclée, c'est mal filmé, trop de gros plans et d'images instables ou mal cadrées. Le scénario est confus et improbable. Le son est mauvais, certains dialogues sont inaudibles. Tout cela donne l'impression d'une commande exécutée à la va-vite.
Sur mes lèvres est un bon film ! La relation qui se noue entre Paul et Carla semble improbable mais ça se fait pourtant très naturellement et c'est assez crédible. Le film met un peu de temps à démarrer mais le scénario s'emballe petit à petit, pour finir sur 30 dernières minutes qui sont assez brillantes selon moi. Mon principal regret pour ce film, c'est qu'il est au final très froid : l'ambiance est très grise et morne, et les personnages ne sont pas du tout attachants, un peu énervants par moment même. La prestation des acteurs est pourtant très bonne ! C'est dommage car hormis ça, je trouve que c'est un très bon film.
6 217 abonnés
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5,0
Publiée le 15 octobre 2020
Comme d'habitude les Français font des films des plus intéressants. L'actrice principale est superbe et j'ai apprécié la façon dont Audiard a visualisé sa surdité en se concentrant sur les petits détails et en étudiant sévèrement ses images. C'était un beau film à regarder et leur relation bien qu'initialement peut-être incroyable mais elle a a grandi dans mon esprit au point qu'elle était inévitable. J'ai apprécié les scènes de bureau et la banalité de celui-ci qui sont souvent si négligée dans les films américains ou diffusée avec peu d'humour. À la fin du film nous connaissons très bien Carla car telle est la force du scénario et du réalisateur. Un personnage compliqué avec lequel j'ai aimé passer du temps interprété par une grande actrice Emmanuelle Devos. Vincent Cassel était génial comme il l'est toujours dans ses films. Sur mes lèvres reçoit donc cinq étoiles de ma part...
Désireux de découvrir le cinéma du jeune Jacques Audiard (je ne connais aucun de ses quatre premiers films) j'ai enfin profité de mon abonnement OCS en visionnant Sur mes lèvres.
Je ne vais pas tourner autour du pot : j'ai ressenti un véritable choc esthétique à la vue de cette chronique à la fois sensuelle et poétique.
La mise en scène est d'abord incroyablement inventive et cohérente. Les effets de manche que certains peuvent juger vulgaire chez Audiard trouvent ici leur pleine justification à travers la matérialisation des problèmes d'audition de Carla. Le film parvient miraculeusement à faire ressentir son handicap par des astuces dans la bande-son et dans l'image, mais aussi dans la mise en scène.
Le casting est l'autre point fort du film : Vincent Cassel, Emmanuelle Devos et Olivier Gourmet trouvent ici tous les trois peut-être leur meilleur rôle. Devos compose un personnage emprunté et sensuel qui ne ressemble pas du tout à ceux qu'elle jouera abondamment par la suite, Cassel dégage une énergie et une animalité rare et Gourmet est inquiétant comme jamais.
Sur mes lèvres brille enfin par son scénario redoutablement efficace, au rythme tour à tour alangui et haletant. Du grand art, et pour moi le meilleur Audiard.
Lorsque je pense à Jacques Audiard je pense Musique et mec badassement banal. Sauf que je n'ai eu la partie musique qui confère aux films d'Audiard une ambiance que j'adule. Plus la magnifique moustache de Vincent Cassel. Ce film semble être une erreur dans la matrice. Alors ça reste un délire rigolo dans la partie bureau. Mais dès que l'on part de ce milieux donnant lieux au meilleurs gags du films (je précise que je trouve la première partie très drôle). Ça perd selon moi de toute sa saveur. C'est loin d'être mauvais. Simplement que lorsque l'on connais le réalisateur pour De battre mon Cœur s'est arrêté, il est compliqué de se retrouver dans cette espèce de prémisse laissent place à un cinéma plus aboutit à l'heure d'aujourd'hui. Puis je trouve les réactions peu maîtrisé sur certains personnages. Ce qui rend certain personnage plus compliqué qu'intimidant. Donc selon moi c'est une tentative très honnête qui n'est pas mauvaise, mais que je ne porte pas comme réussite. Cela dit on voit déjà une certaine maitrise du médium ; ce qui fait que le film n'est pas chiant.
Une vraie histoire avec des rebondissements inattendus (je dis ça pour que les pseudo-scénaristes d'Hollywood qui se mettent à 3 ou 4 pour pondre le scénario d'un "blockbuster" sans histoire, regardent ce film et en prennent de la graine !), une interprétation en osmose avec les personnages, une observation fine des comportements humains, ... Vous avez vraiment besoin que je continue mon énumération avant de courir voir ce film ? C'est un film surprenant, un film noir qui se déguste de bout en bout. J'ai vraiment passé un bon moment, un moment de pur plaisir. Un film dont le nombre d'entrées ne doit rien à une campagne marketing de grande ampleur, comme les films américains même les plus mauvais, mais qui mérite que l'on fasse l'effort d'aller le voir. Dans la famille Audiard, j'adorais le père, Michel, dialoguiste ("Les Tontons Flingueurs", "Flic ou Voyou", "Le Professionnel"...) et je suis désormais tombé sous le charme du fils, Jacques, réalisateur et scénariste.
Rien à dire ou tout à dire. C'est à mon sens l'un des meilleurs films français de ces vingt dernières années. L'histoire est vraiment originale et tout le reste est parfait : le rythme, le suspens, le casting : Vincent Cassel, captivant et inquiétant, avec sa diction unique et Emmanuelle Devos, une des rares actrices crédibles dans un rôle de moche comme dans tout autre rôle.