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Carla s'implique beaucoup dans son travail d'assistante dans l'immobilier, mais elle n'est pas considérée à sa juste valeur. Voire pas du tout ! Sa surdité ne l'aidant pas à s'intégrer dans son entreprise. Elle rencontre un nouveau stagiaire, Paul, ex-taulard brut de fonderie qui ne la laisse pas indifférente. Ensemble, ces deux marginaux formeront une improbable équipe de choc.
Le film de Jacques Audiard doit beaucoup à ses deux excellents interprètes, et à l'écriture de leurs personnages. Loin du cliché du criminel coincé dans le mauvais chemin qui accumule les mauvais choix, Vincent Cassel a certes un look improbable (moustache, mulet, veste en cuir). Mais il campe avec fougue un personnage qui malgré ses déboires et ses maladresses, tente sincèrement de s'en sortir.
Emmanuelle Devos, dont la carrière décolla avec ce film, est troublante à souhait. Régulièrement victime, mais également habile pour manipuler ou prendre sa revanche, parfois cruelle. Attirée par son stagiaire... mais le repoussant systématiquement. Elle apporte également beaucoup de sensualité dans la relation avec son partenaire de jeux, plus écorché.
Côté mise en scène, Jacques Audiard adopte une posture naturaliste, avec des caméras à l'épaule, et beaucoup de gros plans. Afin d'évoquer le brouhaha des bureaux, ou la cacophonie d'une boîte de nuit. Ou tout simplement d'insister sur les lèvres des personnages, que notre héroïne sait lire. Un style rentre-dedans qui marche bien, par ailleurs aidé d'un bon montage sonore. Je note aussi sa manière original d'évoquer la sensualité, dont une séquence orgasmique de lecture sur les lèvres !
J'ai toutefois quelques réserves sur le scénario. Si dans l'ensemble il s'agit d'un polar qui tient la route, plusieurs éléments paraissent étranges.
spoiler: La sous-intrigue avec le contrôleur judiciaire qui sort de nulle part. Une entreprise où les gens méprisent la secrétaire... qui est pourtant encore dans les années 2000 LA personne qui a le pouvoir opérationnel et peut transformer votre carrière en enfer. L'amie de l'héroïne dont on se demande bien pourquoi elles se fréquentent, tant elles n'ont rien en commun. Ou nos héros qui volent un gangster... et s'enfuit illico, quoi de pire pour être repérés !
Toutefois, "Sur mes lèvres" demeure un solide polar dramatique.
Le film de Jacques Audiard doit beaucoup à ses deux excellents interprètes, et à l'écriture de leurs personnages. Loin du cliché du criminel coincé dans le mauvais chemin qui accumule les mauvais choix, Vincent Cassel a certes un look improbable (moustache, mulet, veste en cuir). Mais il campe avec fougue un personnage qui malgré ses déboires et ses maladresses, tente sincèrement de s'en sortir.
Emmanuelle Devos, dont la carrière décolla avec ce film, est troublante à souhait. Régulièrement victime, mais également habile pour manipuler ou prendre sa revanche, parfois cruelle. Attirée par son stagiaire... mais le repoussant systématiquement. Elle apporte également beaucoup de sensualité dans la relation avec son partenaire de jeux, plus écorché.
Côté mise en scène, Jacques Audiard adopte une posture naturaliste, avec des caméras à l'épaule, et beaucoup de gros plans. Afin d'évoquer le brouhaha des bureaux, ou la cacophonie d'une boîte de nuit. Ou tout simplement d'insister sur les lèvres des personnages, que notre héroïne sait lire. Un style rentre-dedans qui marche bien, par ailleurs aidé d'un bon montage sonore. Je note aussi sa manière original d'évoquer la sensualité, dont une séquence orgasmique de lecture sur les lèvres !
J'ai toutefois quelques réserves sur le scénario. Si dans l'ensemble il s'agit d'un polar qui tient la route, plusieurs éléments paraissent étranges.
spoiler: La sous-intrigue avec le contrôleur judiciaire qui sort de nulle part. Une entreprise où les gens méprisent la secrétaire... qui est pourtant encore dans les années 2000 LA personne qui a le pouvoir opérationnel et peut transformer votre carrière en enfer. L'amie de l'héroïne dont on se demande bien pourquoi elles se fréquentent, tant elles n'ont rien en commun. Ou nos héros qui volent un gangster... et s'enfuit illico, quoi de pire pour être repérés !
Toutefois, "Sur mes lèvres" demeure un solide polar dramatique.
Sensationnel, un des plus beaux rôles d'Emmanuelle Devos qui est sublimée dans ce film, voir de Vincent Cassel, immanquable
Troisième long-métrage de Jacques Audiard, "Sur mes lèvres" (2001) est une œuvre singulière qui confirme le brio formel de son auteur. Coécrit avec le romancier Tonino Benacquista, ce drame psychologique mâtiné de polar crépusculaire propose une expérience hautement sensorielle. Pourtant, derrière l'efficacité indéniable du film se cache un constat évident : si l'histoire de braquage et d'alliance criminelle reste somme toute assez classique et banale, c'est le traitement esthétique et sonore d'Audiard qui parvient à la sublimer.
Sur le plan de l'écriture et des personnages, la grande réussite du métrage repose sur l'alchimie extraordinaire d'un duo de marginaux magnifiquement interprété. Emmanuelle Devos (récompensée par le César de la meilleure actrice pour ce rôle) et Vincent Cassel forment un couple de paumés de la vie profondément attachant et complexe, dont les rapports oscillent constamment entre manipulation réciproque et complicité ambiguë. C'est grâce à cette relation que le film réussit une hybridation des genres virtuose. L'intrigue démarre comme une chronique de bureau sociale et intimiste avant de glisser de manière organique vers le thriller de série B, dès lors que l'héroïne décide de mettre ses talents de lecture labiale au service des affaires louches de son assistant.
Mais cette trajectoire narrative, plutôt simple sur le papier, se heurte dans son dernier tiers à une intrigue qui devient confuse, voire rocambolesque. Le dénouement accumule les raccourcis faciles et les invraisemblances géographiques ou logistiques, ce qui jure avec le réalisme très soigné de la mise en place initiale. De plus, la réalisation n'échappe pas toujours à la lourdeur : Audiard cède parfois à des tics visuels et une mise en scène outrancière, abusant de caméras épaule tremblantes, de flous artistiques systématiques et de très gros plans répétitifs qui confinent à l'affectation stylistique.
Malgré ces maladresses scénaristiques et ces quelques excès de style, "Sur mes lèvres" reste un superbe morceau de cinéma. En s'emparant d'une trame de série noire très traditionnelle, Jacques Audiard prouve qu'un grand metteur en scène peut transcender un canevas ordinaire par la seule force de sa caméra et de sa direction d'acteurs.
Sur le plan de l'écriture et des personnages, la grande réussite du métrage repose sur l'alchimie extraordinaire d'un duo de marginaux magnifiquement interprété. Emmanuelle Devos (récompensée par le César de la meilleure actrice pour ce rôle) et Vincent Cassel forment un couple de paumés de la vie profondément attachant et complexe, dont les rapports oscillent constamment entre manipulation réciproque et complicité ambiguë. C'est grâce à cette relation que le film réussit une hybridation des genres virtuose. L'intrigue démarre comme une chronique de bureau sociale et intimiste avant de glisser de manière organique vers le thriller de série B, dès lors que l'héroïne décide de mettre ses talents de lecture labiale au service des affaires louches de son assistant.
Mais cette trajectoire narrative, plutôt simple sur le papier, se heurte dans son dernier tiers à une intrigue qui devient confuse, voire rocambolesque. Le dénouement accumule les raccourcis faciles et les invraisemblances géographiques ou logistiques, ce qui jure avec le réalisme très soigné de la mise en place initiale. De plus, la réalisation n'échappe pas toujours à la lourdeur : Audiard cède parfois à des tics visuels et une mise en scène outrancière, abusant de caméras épaule tremblantes, de flous artistiques systématiques et de très gros plans répétitifs qui confinent à l'affectation stylistique.
Malgré ces maladresses scénaristiques et ces quelques excès de style, "Sur mes lèvres" reste un superbe morceau de cinéma. En s'emparant d'une trame de série noire très traditionnelle, Jacques Audiard prouve qu'un grand metteur en scène peut transcender un canevas ordinaire par la seule force de sa caméra et de sa direction d'acteurs.
Le jeu des acteurs est correct, mais le scenario est beaucoup trop peu crédible à mon goût, notamment le dénouement de l'histoire de vol.
Belle rencontre Devos-Cassel, et joli sujet. mais le film bascule par la suite dans le genre film noir, pour amateurs du genre. Il est vrai qu' Audiard en sera un grand défenseur ... une dernière heure longuette.
La confrontation des deux personnage est belle parce qu’elle est à la fois violente, brute sans pitié, et délicate par moments: pas de rapprochement à pas d’éléphant, mais de petits riens, de petites touches, des silences que le spectateur est libre d’interpréter comme il l’entend. Parfois on a l’impression de comprendre les personnages, et puis soudain, ils semblent indifférents, on les perd, ils ont encore la possibilité de nous surprendre.
Excellent duo Cassel-Devos
Un énorme point commun avec le film Virtuose ou comment un handicap auditif devient un atout énorme exploité à des fins crapuleuse...
Très bonne analyse des personnages...
Film captivant du début à la fin...
Un énorme point commun avec le film Virtuose ou comment un handicap auditif devient un atout énorme exploité à des fins crapuleuse...
Très bonne analyse des personnages...
Film captivant du début à la fin...
Silences et paroles, mots et gestes, réussite d'actrices er acteurs, merci et bravo, on a besoin de ce cinema aussi pret et grand pour nos vies actuelles.
Très bon mélo social. Le principal intérêt du film, c'est les acteurs, et particulièrement Emmanuelle Devos. Superbe mise en scène d'Audiard qui s'intéresse au plus prêt à ses personnages. Si l'histoire est très bien écrite, le première partie, plutôt jouissive, est relativement prévisible. Les deux protagonistes, paumés, sont un peu dessinés au couteau. Pourquoi pas. Cela sert l'intrigue. Audiard réalise non sans talent le syncrétisme de la comédie humaine à la francaise et du drame urbain à l'américaine. C'est plutôt convaincant. Souvent émouvant.
Domage!! que la fin faut l'imaginer ques til arrivé a la femme de l Agent de probation? et il son tous morts, et le patron de la boîte ? Une chose qui est sur Emanuel Devos va assouvir c'est fantasme avec castel je parle bien du film évidamment
Puisqu’il semble qu’il fallait avoir vu ce film, je l’ai vu et été très déçu. L’idée à la base est très bonne mais la réalisation est bourrée d’invraisemblances et fait désordre. Il faut souligner cependant l’excellence du jeu des acteurs et particulièrement celui d’Emmanuelle Devos dans un rôle difficile.
Je me demande si ce film a mal vieilli au regard de la société machiste et violente qu'il nous présente ou si ce n'est juste pas une vision que j'ai envie de voir au cinéma. Plusieurs scènes de violences physiques, psychologiques et sexuelles bien trop inutiles à mon goût, résultat j'ai trouvé ce film stressant et glauque. Si c'était l'objectif c'est réussi sinon passez votre chemin !
Un thriller intense et captivant porté par des performances brillantes, surtout celles d’Emmanuelle Devos et Vincent Cassel. Une atmosphère sombre et prenante, avec un suspense bien maîtrisé. Très réussi.
Encore une interprétation de Vincent Cassel époustouflante. Ce film nous présente beaucoup trop de qualités à travers ses personnages attachants, une certaine retranscription des relations toxiques tout en ajoutant par moments des petites doses d’humour bien dosées et gérées. Avec un titre au service de son histoire bien ficelée, cette œuvre nous offre un concept aussi original que passionnant.
Jacques Audiard réalise son troisième long-métrage en 2001. On y retrouve son goût prononcé pour les histoires réunissant des personnages solitaires, vivant le plus souvent en marge de la société, mais qui une fois assemblés puisent une force intérieure indestructible. Ici, il s’agit d’une jeune femme malentendante menant une existence morne jusqu’au jour où elle rencontre un ancien taulard. D’une petite comédie sociale et romantique, le scénario évolue vers un thriller sombre au suspense haletant. La mise en scène reste bien entendu étourdissante (au sens propre comme au figuré). Mais c’est surtout la direction d’acteurs qui impose le respect. La prestation subtile d’Emmanuelle Devos (lui valant le César de la meilleure actrice) associée à celle plus bouillonnante de Vincent Cassel crée une parfaite alchimie. Bref, un film efficace totalement maîtrisé.
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