Boum, crac, paf et toutes ces sortes de choses
Edgar Wright, spécialiste du film d’action XXL… et lourdingue, revient sur nos écrans avec 134 minutes bien dans son style. Indigeste à souhait. Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l'œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian, son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber. Le cinéma semble découvrir Richard Bachman, le pseudo devenu célèbre de l’immense Stephen King. Après le très estimable Marche ou crève, le pauvre romancier voit sa dystopie de 1982 complètement trahie. La broyeuse hollywoodienne est passée par là et c’est insupportable.
Même si cette seconde adaptation, - après la très navrante de 1987 avec Schwarzenegger – est plus fidèle au roman, c’est le clinquant, l’action qui se veut haletante et les effets spéciaux qui prennent le dessus. On ne voit que ça. Les thématiques les plus intéressantes du roman – endoctrinement des peuples, aliénation du public par les médias, désignation systématique de boucs émissaires, la toute puissance d’un état totalitaire… toute ressemblance avec le 1984 d’Orwell ne serait absolument pas une coïncidence – toutes ces thématiques sont ici à peine effleurées au profit du spectaculaire et de l’action. On a donc droit à un film dans le style bourrin qui vous file très vite un gros mal de tête… et ce n’est pas à cause du niveau de réflexion requis. Malgré un univers dystopique plutôt bien construit, un concept prometteur et quelques éclairs d’efficacité, le film s’enlise très vite enseveli dans les 110 millions de dollars de budget que les producteurs supporteraient mal de ne pas assez voir à l’écran. Qu’ils se rassurent, on les voit bien. On ne voit d’ailleurs qu’eux.
Glen Powell, - Top Gun, Jurassic World, Twisters et une foultitude de films à sortir -, porte le film en bon héros incassable et charismatique (???). Face à lui Josh Brolin, en grand méchant, fait le job tout comme William H. Macy, Emilia Jones, Michael Cera, etc. A l’arrivée, un blockbuster fade, banal dans sa forme et trop maladroit pour convaincre. On sort de là lessivé. Ludique, explosif et satirique pour les uns, aussi épuisant que superflue pour moi… et pas mal d’autres. Et vous ?