Que c'est c*n, et que c'est bon ! Enfilez vos plus belles baskets à 100 balles fabriquées par des gamins dans un pays sous-développé, et courez. "Après quoi ?", rien de moins que l'humanité, la bienveillance, l'espoir... Le 1% qu'il reste à sauver, dans une société dystopique (pas si loin de nous...) où la violence et la misère ont eu raison de la main tendue à son prochain. Il ne reste au désespéré plus qu'à enchaîner les foulées et les sauts de haies 400m pour le plaisir scopique d'un peuple fou... Merci à Edgar Wright, pour ce film MTV de 2h (c'est un compliment), lancée à fond les ballons, avec pleins de traits d'humour qui déchirent (le rôle de la sous-côtée Katy O'Brian qui s'éclate en lesbienne qui flambe son pognon et son temps de vie, Michael Cera idem en survivaliste chétif à la mère zinzin), et des scènes d'action filmées avec maestria... On ne s'ennuie vraiment pas ! Même Glen Powell, que l'on ne peut pas saquer d'ordinaire (jusqu'à présent, à part faire le beau gosse... On doutait qu'il puisse faire un mouvement facial), nous a un peu réconcilié avec sa présence en tête d'affiche (il n'est pour une fois pas trop mal). La musique (si chère à Wright) est une fois de plus un atout dans la manche du film (ça dépote), mais ce qui plaît le plus, dans les choix de mise en scène, c'est peut-être le changement de fin. Stephen King n'est pas connu pour réussir ses fins littéraires, et Running Man ne fait pas exception (dans le roman,
le héros crashe volontairement son avion dans la Tour de l'émission TV... Et ? Ensuite ? Ben, ça ne résout absolument rien, et le cliché du prolo sacrifié sur l'autel de l'injustice, dans l'indifférence générale...
Du vu, et revu). Ici, le film se complaît à
nous faire une double-fin, la fausse
(celle du livre, où la salle entière a râlé en silence... Ah, vous voyez, ce que ça fait, de se taper 260 pages pour ce final ?), et
la plaisante, évidemment plus "happy-end", mais assez bienveillante pour les optimistes et les empathiques (on sait que cela est facile, comme final, mais plutôt que d'accepter que sa fille, déjà un bébé malade, soit en plus orpheline et clocharde, car l'on doute que la chaîne a payé un candidat qui a autant mis le boxon dans son feuilleton...
) Bref : on voulait cette fin, la morale l'emporte sur la vraisemblance). Ce Running Man trébuche quand même quelques fois (le premier candidat
qui se fait dégommer pour qu'on comprenne que le jeu est réel, d'accord... Mais pourquoi s'embêter à planter un personnage "outsider" du livre - comprenez : une femme forte, et éventuellement lesbi - si c'est pour nous l'enlever bêtement quelques temps plus tard, sans qu'elle n'accomplisse rien ? On espérait carrément qu'elle ferait partie de la fin, dommage
), n'est pas forcément aussi "dur" que le livre (la femme de Ben Richards est véritablement une péripatéticienne, dans le livre... Idem, il s'inscrit pour participer à ce show, il n'espère rien de plus des autres émissions qui sont "Nage avec les crocos", ou "La Roue" où l'on sélectionne des candidats cardiaques pour voir à quelle question le stress leur fera faire un AVC mortel... Vachement mieux que le Running Man, n'est-ce pas ? Bref, "le livre ne prend pas de gant"), et doit compter sur beaucoup de suspension d'incrédulité du spectateur (mais QUI peut croire à cette serviette de bain magique qui ne bouge pas de toute la scène d'action, alors que nous, on ne peut pas aller chercher un sous-vêt' après la douche, sans se retrouver en pleine Lune au bout d'un mètre). Mais voilà, parce que le livre nous avait moyennement convaincu (il est pertinent, mais daté dans son écriture, ce dépoussiérage lui fait un bien fou), parce que le premier film avec Scwharzy était un navet (ce qui lui vaut d'être sur les billets de banque de cet opus... Ah, la kitcherie), parce que Glen Powell nous insupporte d'ordinaire, mais que la mise en scène de Edgar Wright a trouvé le ton suffisamment décadent, foufou, moderne, maladroit et en s'en moquant bien, pour toutes ses raisons, on va prendre notre Ventoline, et courir comme un pachyderme pour arriver à vous dire : "C'est vraiment fun, allez-y !".