L’an passé, nous avions eu droit à la ressortie purement lucrative de La Menace Fantôme en 3D, à la redécouverte totale du superbe Titanic, ainsi qu’au rafraichissement fort sympathique du Roi Lion. Les technologies évoluent et emportent avec elles ses prouesses passées en les remettants au goût du jour. C’est ainsi que l’un des meilleurs Pixar nous parvient dans les salles obscures, un peu moins de dix ans après sa sortie française initiale : Le Monde de Nemo. L’histoire, nous la connaissons tous : Marin et Corail attendent joyeusement une flopée de pleurnichards (plus de quatre-cent, c’est du taf à plein temps) tandis qu’un « beau » jour, un requin vient soudainement perturber le cocon familial, laissant le papa seul avec un seul et unique œuf. C’est Nemo. Depuis, une certaine paranoïa demeure dans l’anémone qui leur sert d’habitat. Pour son premier jour d’école, le jeune intrépide aura vite fait de se rendre au mauvais endroit au mauvais moment. Marin, qui assiste à la capture de son fils, se lance dans une aventure palpitante… L’un des atouts de cette reconversion en trois dimensions réside en l’univers magnifique créé pour l’occasion. De fait, l’immensité de l’océan en demeure plus belle encore, nous plongeant sans mal au cœur du plus ambitieux long-métrage signé par les studios à la lampe. Personnages hauts en couleur – avec trois bandes blanches pour certains – mis en scène dans des situations purement cocasses ou, au contraire, particulièrement indélicates. On aura beau avoir vu et revu Le Monde de Nemo des dizaines de fois, rien ne semble affecter la qualité d’un suspense toujours très puissant ; le tout au service d’une intrigue unique en son genre qui constitue en partie la grande réputation de Pixar, ainsi que sa capacité à donner du charme à de la poisse-caille qui parle ou une histoire d’amour entre robots (Wall-E, à l’instar du Monde de Nemo, a été réalisé par Andrew Stanton). En conséquence, si ce Monde de Nemo 3D n’atteint pas l’extravagance d’une production James Cameron en matière de 3D, le relief apporte – comme dans Le Roi Lion – une seconde jeunesse pour un film déjà pas si vieux (d’autant plus que même les premiers Pixar n’ont jamais pris la moindre ride). En d’autres termes, c’est toute la fraicheur du long-métrage aquatique qui se voit décuplée, grâce à de minimes limites visuelles désormais disparues. L’aventure s’en trouve plus haletante encore que celle que l’on connait sur des supports tels le dvd. Les amateurs de réalisations Pixar sauteront sur cette ressortie au charme certain qui, en plus de nous faire retourner dans les tréfonds marins riches en péripéties, permet à son univers picturale de grande richesse une mise en valeur méritant sans aucun doute les deux euros de supplément exigés pour la location des lunettes.