Le film prend le risque de prendre de ne pas vraiment offrir de rebondissements narratifs. Juste une narration sur le long cours, sur une amitié qui se crée, se distend, se solidifie. C'est par moment ennuyant, mais la lenteur du film infuse l'esprit du spectateur après la projection. À l'heure où certains récits sont sur vitaminés, c'est un risque et le film ne convainc pas complètement, mais finit par dire des choses, sur le besoin d'évoluer, sur les hauts et bas de la vie, qui vous laisse perdu à 20 ans et vous récupère à 40 quand d'autres font le chemin inverse. C'est intéressant mais pas accompli. La musique folk est approprié à l'histoire, et il y a des plans de montagnes qu'aucun trucages et effets numériques n'atteindra.
Une belle découverte que ce film humain et dépaysant réalisé et écrit par le tandem Charlotte Vandermeersch et Félix Van Greeningen ! "Les huit montagnes" , c'est d'abord une longue amitié entre les deux personnages principaux depuis l'enfance se nommant Pietro et Bruno qui deviennent copains, l'un faisant de grandes études et l'autre devenant éleveur de bêtes en montagne. Justement, ce sont ces sommets majestueux où Pietro et Bruno vont se retrouver chaque vacances, prenant l'initiative de rénover une grange pour la retaper et s'installer. J'ai été séduit par ce long métrage, voir émerveillé par les quelques plans qui filment la montagne. L'histoire est bien sur cette grande amitié qui se solidarise, voir comment les personnages évoluent de façon honnête et sincère. Les acteurs de tous âges qui jouent les personnages sont très bons. En un mot , sublime.
LA LIGNE ROUGE. Debout sur la montagne, Felix essoufflé par l'altitude, laisse dérouler sa pellicule sur un immense pâturage de paysage. Ses montagnes russes accouchent d'une multitudes d'images alpines sans émotion. Quand le berger n'est pas là, le mouton s'égare. Heidi a aimé.
Une belle qualité motivant ma note : l’étude psychologique de ces deux amis est l’atout principal du film, avec une photo hors du commun. Par contre des défauts : beaucoup trop long (2h27) pour le peu qu’il y a à raconter, une tendance écolo-gauchiste limite agaçante, et un réalisme pas toujours atteint. Mais indéniablement on s’évade. A voir
on a bien aimé mais la durée et la lenteur du film (le rythme d'une longue escalade en montagne) en rebuteront certains. Pas d'action, pas d'effets spéciaux dans cette longue fresque d'amitié et de transmission paternelle. Si vous aimez la montagne, la solitude, les beaux males italiens et le Népal, en revanche allez-y vous serez servis. Les huit montagnes n'a pas de clé absolue à nous donner, il invite le spectateur à voyager le long de l'itinéraire de sa vie, de ce qu'il voudrait être, de ce qu'il peut réellement devenir et comment l'assumer pleinement. La différence entre l'Europe et les pentes de l'Himalaya est sans doute aussi importante qu'entre l'agitation turinoise et le hameau perdu dans les Val d'Aoste. A chacun de trouver sa place, et le scénario ne cherche pas à remplir toutes les cases ni expliquer les étapes de cette histoire entre deux hommes en quête de leur identité. Le choix du format 4/3 surprend d'entrée pour un film situé en pleine nature. La beauté des images nous fait oublier rapidement ce choix délibéré et guidé par les scènes d'intérieurs et de confrontation des deux amis tout au long de leur vie. Il y a des silences qui laissent la place au feu de bois qui crépite, il y a des échanges de mots durs faussement définitifs. Et des verres de grappa avalés de concert pour se réconcilier. Au final une belle ballade pour une soirée d'hiver. Cinéma - janvier 2023
C'est vrai que c'est long, surtout à la proche du dénouement. Malgré tout, j'ai adoré cette histoire d'amitié, où la destinée s'entrechoque, pour le bien et le pire. La vie est vraiment terrifiante, quand on y pense...
Les Huit montagnes donne à voir une histoire d'amitié sur le temps long entre Bruno, garçon des montagnes abandonné par son père, et Pietro, fils unique d'une famille bourgeoise de Turin en rébellion contre ses parents. Dans les paysages époustouflants et rudes du Piémont, c'est un joli film qui repose sur quelques brillantes idées de scénario - la coexistence de ces doubles inséparables, et le mythe qui donne son titre au film, distinguant mais rassemblant celui qui reste et celui qui part. Il y a quelques moments de grâce, qui vont émouvoir tous ceux qui ont pu, un jour, vivre une amitié très forte ou ressentir cette liberté qui n'existe qu'à la montagne. Néanmoins, le film souffre de plusieurs défauts majeurs, qui l'empêchent d'accomplir complètement son programme. Il est tout d'abord sursignifiant, accumulant les symboles jusqu'à l'écoeurement ; il a aussi beaucoup trop recours à une imagerie éculée, qui trop souvent agace plus qu'elle n'émeut : on pense à ces scènes rythmées par des guitares sèches (pour l'authenticité) qu'on croirait sorties d'émissions tire-larmes et à cette façon d'envisager le voyage et l'exotisme comme une story Instagram à destination des backpackers (il suffit par exemple à Pietro de quelques mots baragouinés en anglais et de trois photos avec des enfants pour se sentir quasiment Népalais). Enfin, l'amitié que le film dépeint est elle-même assez peu vraisemblable, la faute à des dialogues très maigres, et à un recours trop systématique aux silences "plein de sens" - en fait assez paresseux. C'est simple, Bruno et Pietro ne se disent presque rien de significatif pendant ces 2h30, au point où l'on ne peut s'empêcher de penser que leur amitié est désincarnée. Huit montagnes est par conséquent un film que j'aurais aimé aimer, mais dont la réalisation concrète est assez décevante. Un amateur de randonnée et de beaux paysages y trouvera toutefois largement son compte.
Là où le film est beau c'est de présenter ces deux destinées, si différentes mais qui peuvent tant échanger et s'apporter l'une à l'autre. Il pose aussi la question de la prédestination et du rôle de l'éducation, du conditionnement de chacun. Même si ici c'est plus suggéré qu'abordé. Le film se raconte avec beaucoup de poésies mais il s'avère finalement un peu décevant sur le rapport à la montagne et les images de paysages qu'on pouvait en attendre. Aussi, c'est bête, mais le format 4/3 est incompréhensible, la beauté des montagnes pour être montré a besoin du maximum d'espace. Un beau film romanesque quand même.
Ce récit fleuve évoque l’amitié sur plusieurs décennies de deux hommes solitaires dans la montagne transalpine. La beauté esthétisante des images envoute tant les paysages montagnards cadrés dans le format carré de l’image ensorcèles par leur beauté. Le réalisateur belge Félix Van Groeningen offre un long-métrage certes trop long dont le rythme contemplatif peut ennuyer par moments mais cette quête existentialiste est touchée par une forme de grâce porté par des acteurs aussi solaires que renfermés.
Une adaptation très fidèle à l’œuvre éponyme de Paolo Cognetti, une réalisation happée par la beauté des sommets, la pureté de son environnement et un ron bien tranquille dans la torpeur traitresse des cimes enneigées. Charlotte Vandermeersch et Felix Van Groeningen nous parlent d’amitiés, du poids des racines, c’est certain, d’un rêve économique lié à une écologie revendiquée sur les bases de la solidarité, en réalisant un beau livre d’images où le cinéma ne sert que de support créatif. On s’y ennuie très vite et malgré des rasades de grappa ou la fabrication d’un fromage artisanal, on reste sur notre faim. AVIS BONUS Un excellent making of Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un très bon film sur l'amitié et la dure vie à la montagne belle mais invivable. Deux amis en feront la douloureuse expérience tout en cherchant leur voie. Les images sont très belles et le rythme envoutant
Avec ses réalisateurs flamands et ses acteurs et paysages italiens, ’Les huits montagnes’ déroule la chronique existentielle d’une amitié d’enfance qui se poursuit à travers l’âge adulte, sur les valeurs qui rapprochent ou au contraire éloignent les êtres, sur la compréhension qui se crée peu à peu, les rebondissement de la vie aidant, d’éléments qu’on avait jugé trop hâtivement dans l’impatience de la jeunesse. Le roman de Paolo Cognetti tirait son titre d’une fable tibétaine dont le héros se demandait si celui qui avait appris le plus était celui qui avait exploré les sept montagnes périphériques ou celui qui était resté sur la montagne au centre de toutes les autres. Cette métaphore se retrouve dans les destins croisés de Bruno et Pietro, le premier fondant famille et exploitation agricole dans les alpages qu’il a toujours connus, le second cherchant dans l’ailleurs les réponses à des questions qu’il ne s’est pas encore posé, un chalet isolé en haut d’une montagne leur servant de lieux de retrouvailles périodiques et d’échange, alors que la vie leur fait emprunter des chemins de plus en plus divergents. Malgré son ambition philosophique et temporelle - 30 ans d’amitié et de changements - et son aura d’oeuvre initiatique profonde qui pourrait rafler des prix en festival, ‘Les huit montagnes’ n’est pas exempt de certaines faiblesses, notamment les silences sursignifiants supposés en dire beaucoup et qui évitent d’avoir à se préoccuper des dialogues et le folk tristounet qui prédomine dans la bande sonore (mais on est chez Van Groeningen après tout). Il y a aussi que s’il ne pouvait compter sur les paysages majestueux des Alpes piémontaises, au hasard s’il se déroulait en Campine, les thématiques traitées par le film laisseraient sans doute une impression beaucoup plus prosaïque.
Film explorant la complexité de l'amitié, nuancée et marquée par une proximité intense autant que par des moments de distance. Le film dépeint l'évolution personnelle, révélant comment deux modes de vie distincts se croisent et se complètent.
Ce voyage, à la fois intérieur et extérieur, est encadré par les Alpes, dont les sommets deviennent des miroirs des défis à surmonter et de la solitude intérieure des personnages. La nature, ici, est un sanctuaire et un lieu d'exploration, offrant refuge.
Le titre, métaphore, s'inspire d'un proverbe, suggérant que la véritable sagesse vient de l'exploration intérieure plutôt que de la conquête des sommets extérieurs. En somme, une ode à l'introspection, à la simplicité et à l'amitié.
Le film dégage une indéniable poésie. Les acteurs font le job, et les images, les paysages sont vraiment magnifiques. Le problème pour cette belle ode a la nature et a l’amitié, c’est qu’il n’y a quasiment pas de scénario pour un film d’une durée de 2 heures 30… Alors forcément malgré les qualités indéniables du film, on trouve parfois le temps un peu long a certains moments. Du coup, les critiques des spectateurs semblent quelque peu exagérément positives.
Prix du jury ex æquo ( cannes 2022), " les huit montagnes" se propose de nous conter ( surtout en voix off), l'histoire de la perte d'un ami cher et d'une relation d'amitié entre deux jeunes hommes.
Se situant presque exclusivement en décor naturel ( Alpes italiennes et incursion au Nepal), qui constitue le point fort du film.
On regrettera toutefois la difficulté pour les cinéastes d'exposer clairement leur point de vue, trop de longueurs et un casting parfois discutable.
Ceci dit, ce film sympathique qui plaira aux randonneurs et aux amateurs de grands espaces naturels, se laisse voir avec plaisir, même s'il laisse tout de même une impression d'inaccomplissement.