Une chronique nostalgique (un peu trop) et visiblement très autobiographique de la part de Kenneth Branagh sur le Belfast de la fin des années 60. C’est l’histoire d’un gamin dont le quartier était jusqu’ici une cour de récréation géante et qui se voit pris dans le torrent de l’histoire, de ses parents modestes qui bataillent pour s’en sortir, des grands parents aimants, de sa passion naissante pour le cinéma. Belfast a les qualités et les défauts des jolies œuvres sur l’enfance: il montre bien l’innocence qui se trouble, mais la nostalgie dont il fait preuve à tendance à adoucir franchement la vérité à l’image des éclairages que j’ai trouvé trop clairs et un peu incongrus (j’admet tout de même que le noir et blanc est très joli). Alors oui je n’ai pas passé un grand moment en regardant Belfast, mais je lui reconnais de belles qualités, notamment une troupe d’acteurs adultes convaincants et convaincus, de belles images qui rappellent que Kenneth Branagh valaient bien mieux que ses œuvres Disney/Marvel.
Plongeon 50 ans en arrière, dans une Irlande malmenée, à travers le regard juvénile, innocent et tendre d'un jeune garçon Buddy (Jude Hill). Images extraordinaires en noir et blanc, qui donnent encore plus de relief aux rudes combats qui opposent des hommes, des gamins, le tout dans une pauvreté très bien mise en lumière ! Sans rentrer dans le conflit lui-même, c'est dans le cercle familial et scolaire, que se déroule l'intrigue, et notamment autour des grands-parents "Granny" (Judy Dench) et "Pop" (Ciaran Hinds). Ces deux là offrent des dialogues incroyables de drôlerie, et de tendresse. Outre un casting de premier rang, car le père et la mère sont tout autant remarquables, c'est dans la construction des scènes, dans ce savant mélange de sentiments et de violence, et surtout à mon sens, dans l'accompagnement musical que ce film devient puissant. A noter aussi le clin d’œil joliment repris par les dessins des enfants à l'école - Buddy et son petit faible pour Catherine - sur les premiers pas sur la lune, un évènement qui semble si irréel dans le climat historique local....Emballé par ce film...!!**
Kenneth Branagh est allé puiser dans ses souvenirs d’enfant de Belfast pour rédiger cette histoire qui n’est au final qu’une énième tranche de vie de plus, vue à travers le regard insouciant d’un gosse de 9 ans dans un contexte de troubles et de collision. Bien que joliment écrit, souvent drôle, parfois touchant et tourné dans un splendide noir-blanc, cette normalisation minimise l’impact du film. Le choix indiscutable de Jude Hill, la forte personnalité de la mère (Caitriona Balfe) et l’affection que j’ai éprouvé pour les grands-parents (Ciarán Hinds et Judi Dench) permettent cependant de maintenir un équilibre positif.
En un mois, avec « Mort sur le Nil » et « Belfast », j’ai vu deux films du réalisateur Kenneth Branagh et je préfère ce dernier film. En fait, je suis davantage fan des films à petit budget, plus intimistes du réalisateur britannique. Comme dans « Dead Again » (1992) - mon film préféré de Kenneth Branagh -, l’utilisation majoritaire du noir et blanc apporte beaucoup à la mise en scène et à la photographie. Cette vie de village dans ce quartier de Belfast est très bien rendue et portée par un casting parfait – mention particulière pour le jeune Jude Hill plus vrai que nature –. En plus, le film bénéficie d’un ratio histoire / durée du métrage adapté, ce qui est très rare de nos jours. Ce drame familial, vue par un enfant de 9 ans, retranscrit bien le contexte de l’époque avec cette guerre de religions et le choix pour les citoyens irlandais de partir ou de rester dans leur ville. Un film dont la sortie tombe à pic dans le contexte de l’invasion ukrainienne pour ne pas oublier certaines bêtises de l’Histoire.
Il doit y avoir pas mal d'éléments autobiographiques dans ce film. Toutefois, l'approche par le regard de l'enfant simplifie trop les événements. Il ne faut pas compter sur ce film pour comprendre quelque chose au conflit irlandais même si ce n'était pas l'objectif premier. Je ne suis pas vraiment convaincue ni par le noir et blanc ni par les dialogues, ni même par ce qui s'y passe.
Curieusement (malgré un sujet casse-gueule), ce "Belfast" est à ranger au rayon des "feel good movies", tant la famille dont on suit le parcours semble protégée malgré une adversité anxiogène. La BO est riche en airs de rythm'n' blues et soul qui font naître un sentiment de nostalgie chez les spectateurs, même chez ceux qui n'ont pas vécu cette époque. Pourtant, on reste au final assez mal à l'aise devant un long-métrage qui survole des évènements dramatiques d'un ton trop détaché. En outre, on peut s'interroger sur le parti pris accordé à une forme parfois alambiquée et se demander ce que viennent faire des plans en contre-plongée purement esthétisants, qui n'amènent rien au récit.
Un film qui fait du bien, tendre et touchant alors que la guerre gronde. La famille du petit Buddy est un régal de drôlerie, d'intelligence et de bienveillance avec un couple glam en diable. Et la photographie en noir et blanc donne non seulement un côté intemporel au film mais aussi une classe folle. Une pépite.
Beaucoup de chaleur et de nostalgie dans ce film en noir et blanc sur l'enfance du cinéaste en pleine guerre civile d'Irlande. Un joli noir et blanc parsemé ici et la de couleur dès qu'il est question de montrer le théâtre ou le cinéma. Les acteurs sont tous bons. Le film manque malgré tout dans sa forme un peu d'audace et ressemble finalement à d'autres films (billy elliot par exemple), ce qui en fait un joli petit film mais pas inoubliable pour autant.
Belfast c’est beau, touchant, ça fait même pleurer et la bande-son avec Van Morrisson en tête nous emporte. Les angles de vues sont aussi surprenants que sympathiques ! Bel hommage à cette ville irlandaise au passé douloureux durant les années 60. Bravo Kenneth Branagh !
Ce film a été démonté par une certaine critique pédante et sûre de soi. Je dois dire que j'ai mis un peu de temps à entrer dans l'histoire car le film perd du temps à trouver ses marques, en jouant sur deux tableaux, le social et l'historique. Au début, la netteté de l'image et l'utilisation de la courte focale rendent le film un peu froid. Heureusement, au fil de l'intrigue,tout cela se réchauffe et les caractères des personnages se dessinent plus nettement. La bouille du gamin et la forte personnalité de Caitriona Balfe en mère aimante et protectrice emportent l'adhésion du spectateur.
Un bien joli film qu'a réalisé Kenneth Branagh avec Belfast ! Un film étonnant car poétique et tendre sur fond de l'explosion de violence qui a marqué l'Irlande du Nord en Août 1969 il y a un peu plus de 50 ans. 1969 correspondant au démarrage des "troubles", expression gentille pour qualifier un conflit post colonial intra communautaire qui fera 3 500 morts. Un film très beau visuellement avec un Noir et blanc bien maîtrisé et une démarche artistique intéressante. Sans doute, le film le plus personnel de Kenneth Branagh né à Belfast en 1960 dont le personnage principal Buddy âgé de 9 ans est interprété par un jeune acteur très doué : Jude Hill. Sa famille qui au centre de l'histoire est constitué de ses parents merveilleusement interprétés par la ravissante Caitriona Balfe et Jamie Dornan (connu pour son rôle dans "50 nuances de grey"). Et ses grands parents par deux grands acteurs au sommet de leur art : Judi Dench et le truculent Ciaran Hinds. La bande son avec Van Morrison - l'immense bluesman de Belfast qu'on avait oublié - est totalement adaptée et on ne peut que remercier Kenneth Branagh de nous en faire découvrir de sublimes morceaux. On comprend pourquoi ce film a été nominé 7 fois au Oscar dans 7 catégories, ce qui représente le record à ce jour. A voir absolument.
Un film d'école, comme on n'en fait plus, nostalgique et tendre, avec une jolie distribution et une belle histoire d'amour familiale. Néanmoins, l'artificialité de la démarche saute aux yeux (dès les premières scènes, on sait qu'on est dans un studio ciné) et nuit à la sincérité du propos.
Alors que l’on croyait Kenneth Branagh définitivement cantonné aux grosses productions, (voir ses notamment ses adaptation d’Agatha Christie), le cinéaste irlandais revient cette fois avec un film beaucoup plus personnel, une œuvre en noir et blanc dans laquelle il se replonge dans son enfance pour évoquer la lutte entre protestants et catholiques à la fin des années 60 à Belfast. Dans un noir et blanc très beau, qui peut rappeler par moment des photos de Robert Doisneau, le cinéaste nous faire revivre la guerre civile en Irlande du Nord vue à travers les yeux d’un gamin de neuf ans.
Beaucoup moins ambitieux et spectaculaire que les films l’on a pu voir au cours des précédents décennies concernant le conflit Irlande, Kenneth Branagh lui opte pour une vision plus naïve, plus insouciante vu avant tout du point de vue de la famille, des amis et du quartier. Dans un quasi huis clos, Branagh signe un drame historique et social emprunt de légèreté, de douceur et de sincérité porté par des actrices au top (Caitriona Balfe, Jamie Dornan). Un film plutôt attachant plein de nostalgie, mais avec une mise en scène impersonnelle et une réalisation trop théâtrale qui manque de souffle, de force. Une reconstitution qui n’est pas à la hauteur de ce que pouvait être le projet. Bref, on est loin du Roma de Alfonso Cuarón qui reste un modèle du genre de ces dernières années.