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Rachel Sandner
9 critiques
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1,0
Publiée le 3 mars 2025
Décevant. On s attend à un film d auteur mais la mayonnaise ne prend pas. Pas drôle. Peu de scénario. Dialogues creux. Redondant. Du déjà vu. Bref ça manque de talent.
Mi-drôle mi-cruelle, Red Rocket est une comédie réussie narrant l'histoire d'une ex-star du X revenant vivre chez son ex-femme avec une seule idée derrière la tête: redevenir une star du X. Cette quête insatiable de célébrité et d'argent le pousse dans des dizaines de péripéties hilarantes et risibles et notamment à spoiler: rencontrer une jeune femme (magnifiquement interprétée par Suzanna Son) spoiler: qu'il essaiera d'enrôler . La justesse du jeu des deux acteurs principaux, un scénario loufouque entre pitié et éclats de rire ainsi qu'une photographie très soignée sont les trois points forts de ce film à voir absolument.
Red Rocket suit un ancien acteur qui revient dans sa ville natale, sans argent ni véritable plan, mais avec une grande capacité à parler, séduire et manipuler. J’ai passé un bon moment devant cette comédie noire inconfortable, portée par un personnage principal aussi magnétique qu’insupportable.
Avec Red Rocket, Sean Baker s’inscrit dans un cinéma indépendant très ancré dans les marges américaines, la précarité et les zones grises morales. Tourné au Texas, le film privilégie les décors réels et une approche proche du terrain. Il prend ainsi la forme d’un portrait cru et sans glamour d’une Amérique périphérique.
Le film parle avant tout de manipulation et d’exploitation. Mikey transforme les autres en solutions provisoires : un toit, de l’argent, une voiture, une nouvelle chance ou une porte de sortie. Son charme devient une arme, et le film montre comment la séduction peut masquer une violence plus ordinaire, faite de mensonges, de promesses et d’opportunisme.
Le récit aborde aussi la précarité, le rêve américain abîmé et l’Amérique périphérique. Les personnages vivent dans un environnement de petits boulots, de combines, de sexe marchand, de télévision, de politique-spectacle et d’illusions de réussite. Mikey incarne alors une forme de loser américain incapable de se voir comme tel, toujours prêt à se raconter un nouveau retour possible plutôt qu’à assumer ce qu’il détruit autour de lui.
J’ai passé un bon moment devant Red Rocket, que j’ai trouvé efficace dans son registre de comédie noire. Le film possède une vraie énergie narrative, portée par la performance de Simon Rex et par ce personnage principal aussi magnétique qu’insupportable. J’ai aussi apprécié son regard social très ancré dans le réel, avec cette Amérique périphérique filmée sans glamour, mais avec une vraie attention aux lieux et aux corps. Son ton ambivalent, entre malaise, humour et lucidité, permet également de proposer une critique assez acide du rêve américain.
Après, cette mécanique fondée sur les mensonges, les combines et les nouveaux départs finit par devenir assez répétitive. Le rythme m’a aussi semblé flottant par moments, comme si je ne savais pas toujours où le film voulait m’emmener. Cette approche fait partie de son identité, mais elle m’a quand même donné le sentiment d’un film un peu long.
Au final, Red Rocket reste une comédie noire efficace, portée par une excellente performance de Simon Rex et par un regard social très concret. Malgré quelques longueurs et répétitions, son énergie et son ton particulier suffisent largement à maintenir l’intérêt.