Bring them down, tel est le titre de ce film qui nous vient d’Irlande.
Dans ce monde de bergers des collines Irlandaises, cela peut signifier « descendez les » sous entendu, « descendez-les, les brebis de la montagne », mais tout autant, cela peut signifier « descendez les » dans le sens « tuez les ! »
Le pitch, somme toute assez court du dossier de presse, est ainsi formulé : « Un berger irlandais est entraîné dans un conflit violent avec une ferme voisine, lorsque ses moutons sont attaqués par des inconnus... » cela pourrait nous faire penser au film espagnol, d’il y a deux ans : As bestas.
La vision du film nous montre qu’il n’en est rien : si pour l’espagnol, c’est l’élément exogène qui pose soucis, là pour l’Irlande, les protagonistes sont là sur les terres depuis longtemps, autant les uns que les autres. Au sein de la même communauté les aigreurs anciennes vont refaire jour. Aigreurs, rancunes profondes, sans qu’on ne sache pourquoi elles se sont enkystées. Une fois de plus, dans une société patriarcale, c’est le père qui semble être celui qui pose soucis, bien qu’ici il soit handicapé… Sous-entendu assez grossier pour dire que le « male » est ébranlé.
Oui, j’aurais aimé aimer le film, mais plusieurs éléments font que les 1h45 m’ont semblées bien longues.
Une durée excessive, avec beaucoup de scènes soit redondantes, soit étirées. De plus beaucoup d’entre elles sont de nuit. Celles qui sont de jour sont caméra à l’épaule, ou cadrées en très gros plans signifiants.
Ce qui aurait pu être le plus intéressant est juste esquissé : pourquoi la toxicité de l’environnent familial se perpétue t il ? Pourquoi ce père a en lui tant d’aigreur. Pourquoi ce fils a volontairement provoqué un accident mortel ? quelques flashbacks sont juste là pour nous dire « eh oui, il s’est passé ceci avant ».
Reste la seule petite originalité, bien qu’ayant été déjà utilisée : en l’occurrence, la même histoire va être racontée deux fois : la première par un des protagonistes et une seconde fois par l’autre. On nous refait le coup de l’innocence ou effet Rashomon, mais tout le monde ne maitrise pas le procédé.
Enfin le film ne fait pas dans la dentelle : beaucoup de coups, beaucoup de sang, que ce soit entre les hommes et/ou envers les animaux : oui, le réalisateur met dans le même sac (je ne divulgâche pas, mais il y a un sac dans le film ….), hommes et animaux.
Dans le rôle principal Chistopher Abott conserve la même expression tout au long du film. Barry Keoghan, étincelant dans Bird, est peu convaincant. Le père handicapé est interprété par Colm Meaney inoubliable dans the commitments.