En 2009, l’auteur néerlandais Herman Koch faisait paraître aux Pays-Bas le roman « Het diner », roman publié en France en 2011 sous le titre « Le diner » par les éditions Belfond. Depuis, ce roman a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques : aux Pays-Bas en 2013, avec Het dinner de Menno Meyjes, jamais sorti en France ; en Italie en 2014, avec Nos enfants de Ivano De Matteo, sorti en France en décembre 2014 ; aux Etats-Unis en 2017, avec The dinner de Oren Moverman, une adaptation désavouée par Herman Koch, jamais sortie en France malgré la présence de Richard Gere au générique. A normal family, réalisé par Jin-Ho Hur, est donc la 4ème adaptation cinématographique du roman de Herman Koch et elle tend à confirmer la déshumanisation qui règne depuis longtemps sur tous les continents dans toutes les couches de nos sociétés et qui se traduit par de la violence et le rejet délibéré d’un comportement moral et altruiste. Pour la suite, rendez-vous sur un site qui a critique et film dans son intitulé.
Le réalisateur aspire clairement à une critique sociale dans la veine de Parasite, mais le résultat peine à dépasser une approche trop scolaire. Les intentions sont louables, si ce n’était que le propos manque de subtilité et de souffle pour véritablement marquer.
Adapté du roman Le Dîner d’Herman Koch, A Normal Family met en scène deux frères aux valeurs opposées, confrontés à un drame provoqué par leurs enfants. L’un est chirurgien idéaliste, l’autre avocat calculateur, et tous deux voient leur morale mise à mal lorsque le scandale éclate. Le réalisateur Hur Jin-ho explore la famille, l’éducation, et la tentation de trahir ses principes pour protéger les siens. Sobriété de la mise en scène, tension psychologique constante, et critique acerbe d’une société coréenne écartelée entre tradition et cynisme. Un drame intense dans la lignée de Parasite, où l’échec parental devient le reflet cruel d’une époque sans repères.
Perle de critique, mais également de noirceur presque comique, Jin-Ho HUR offre par le regard de cette femme, un travail de mise en scène et de tension fantastique, autour de la culpabilité, mais surtout, de l'intimité de celle ci, servit par un casting tout simplement renversant
Excellent film Coréen très grinçant dans sa façon d'être réalisé mêlant l'intime et l'immoralité car oui c'est quand même une sacrée Famille de "Salopard" où il n'y en a pas un où pour rattraper l'autre et cette finale qui est pour moi une sorte de point de rupture ... Le film interroge très certainement sur la violence cachée en chacun de nous et aussi sur ce qui nous ferait abandonner nos Principes !
Le Dîner de Herman Koch a connu d'emblée un énorme succès, aux Pays-Bas puis dans le monde entier. Preuve de son universalité, le livre a déjà été adapté en Italie (par l'excellent réalisateur Ivano De Matteo) avant les États-Unis et aujourd'hui la Corée du Sud, sous la direction de Hur Jin-ho, cinéaste quelque peu sous-côté, qui est surtout connu pour ses mélodrames de début de carrière, dont le sublime April Snow. A Normal Family est fait d'une toute autre étoffe, comédie de mœurs moins grinçante peut-être que le roman mais bien adapté au contexte social coréen, avec une élégance de style constante et un scénario qui donne suffisamment de temps à la psychologie de chacun des protagonistes de cette histoire sordide, à laquelle nul ne peut se sentir indifférent. La question centrale est : jusqu'où peut-on aller pour protéger ses enfants et, en parallèle, quid de l'élasticité de sa propre morale face à des événements tragiques. spoiler: A cet égard, la scène finale, qui n'a rien d'un twist peut aussi bien être pris sous son aspect réaliste que comme un fantasme possible. Car il ne faut pas oublier que derrière le sérieux des situations exposées le côté ludique et cruel du sujet n'est jamais absent, ce que certains prendront pour du cynisme, ce en quoi ils n'auront pas nécessairement tort. En tous cas, le film remet en question l'éthique et les idéaux de vie de chacun et chacune d'entre nous et c'est en ce sens qu'il ne trahit pas le fond de l'ouvrage de Koch, qui n'a laissé aucun de ses lecteurs indemnes.
Ce film coréen est une bonne réalisation très efficace qui relate un drame familial peu commun. Doté d’un casting à la hauteur, le film est parfaitement crédible et l’intérêt ne tombe pas jusqu’à son dénouement. Le scénario très riche et fluide traduit bien la tension générée par ce drame. Dans cette affaire familiale et judiciaire, les difficultés de communication enfants/parents sont notamment bien ressorties et le constat est plutôt glaçant.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse du 15/04/2025 au Club Marbeuf à PARIS)