LA PAMPA - Antoine Chevrollier | ⭐ 8,5/10
Grâce à un scénario très bien écrit, ce premier film, très réussi, n'est jamais là où l'attend, en prenant constamment des virages inattendus. Alors que l'on pense avoir affaire à la chronique sociale d'une certaine France abimée, sur fond de motocross, milieu où la masculinité toxique règne en Maître, puis à une histoire d'amitié profonde entre deux jeunes adolescents, puis à celle d'un amour caché et impossible, puis au récit d'un harcèlement sur fond d'homophobie, le film est un peu de tout ça, mais ne cherche jamais à être le film d'un seul sujet, et c'est avant tout le chemin d'un jeune homme vers l'émancipation qui nous est raconté.
Alors qu'il crevait déjà l'écran dans Leurs Enfants après eux, Sayyid El Alami confirme ici son très grand talent et parvient à développer, avec Amaury Foucher, une relation amicale incroyable de finesse. Artus, dans un rôle à contre-emploi, surprend très agréablement.
L'on pardonnera à ce premier film ses quelques maladresses, comme une scène sous gaz hilarant vraiment pas réussie, et des dialogues qui ne sonnent pas toujours très justes.
A l'inverse, l'on soulignera la subtilité et la poésie de la parenthèse artistique qu'il nous offre, à travers le personnage de cette jeune femme libre et moderne et sa passion pour la tapisserie d'Angers, L'Apocalypse, notamment lorsqu'elle explique à Willy que l'apocalypse ne signifie pas "fin du monde" mais davantage la fin d'un monde et le début d'un autre, parfaite métaphore de cette jeunesse qui cherche à s'affranchir des carcans imposés par les générations antérieures.
Plus le récit avance, plus l'on est pris à la gorge et saisi par l'émotion, témoins impuissants d'une jeunesse qui a tant de mal à se construire lorsqu'elle est entravée par les évènements de la vie, et par un déterminisme social dont il est bien difficile de se départir, dans un environnement social ou familial lesté de stérétotypes et d'une violence sourde.
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