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Alex Motamots
11 abonnés
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4,5
Publiée le 14 février 2023
Un film que j'ai trouvé très doux sur la fin de vie. J'ai aimé suivre à la fois une vieille dame de 78 ans qui ne peut plus travailler et ne retrouve pas d'emploi, et un jeune homme encore plein d'acné qui travaille pour le fameux Plan 75. J'ai aimé les suivre sur des silences lors de journée ordinaire, chacun avec ses pensées dont nous ne saurons rien mais que l'on peut aisément deviner. Un film que j'ai trouvé plein d'espoir et lumineux sur un sujet plutôt sombre.
Partant d'une idée intéressante, Plan 75 se perd dans une écriture inutilement confuse. Le récit manque de rythme, notamment à cause de sa durée de près de 2h. Cependant on pourra en garder quelques belles séquences et des réflexions intéressantes sur la société japonaise.
Au Japon, une nouvelle loi appelée Plan 75 vient d'être adoptée, elle accorde le droit le droit à l'euthanasie à toute personne ayant atteint l'âge de 75 ans. En échange, ces personnes reçoivent une certaine somme d'argent, qu'elles peuvent utiliser comme bon leur semble avant la date fatidique. Ces derniers jours sont accompagnés avec le plus grand respect. Ce film nous pousse à réfléchir sur la vieillesse, la place des personnes âgées dans nos sociétés, souvent marquées par la solitude. Accordons nous suffisamment de compassion et de dignité à ceux qui ont contribué à la société toute leur vie ? Ce film offre une critique poignante d'une société qui privilégie l'utilité économique au détriment de l'humanité. 8/10
Plan 75 - le thème ne réjouit pas et est exploité tout en lenteur et pâleur. Si on arrive à le dépasser c’est un bon film qui relève beaucoup de questions de nos sociétés occidentales où le renouvellement des générations par les enfants n’existe plus. On se prend comme une gifle cette réalité et l’idée de ce film de pousser les personnes âgées qui ne sont plus utiles à sociétés à se supprimer est glaçante. 3,5/5
Ma note ne reflète pas l'extrême qualité de ce "Plan 75", et si je ne peux pas mettre au moins 4/5, c'est simplement parce que le dernier tiers n'est pas aussi sordide et écrasant de solitude que les deux premiers tiers qui s'approchent vraiment de l'excellence.
C'est froid comme peut l'être le vieil âge en solitaire, de ce froid qui ne connaîtra plus de printemps et ne se réchauffera plus jamais.
Certaines scènes sont d'une saisissante cruauté, d'autres sont si pudiques dans l'émotion pourtant forte qu'elles suscitent, tout est fait pour torturer le spectateur qui ne peut rester qu'impuissant devant un spectacle pas si dystopique qu'il n'y semble.
Un film bien plus grand public que ce à quoi je ne m'attendais (Je ne suis en plus pas une dingue des films asiatiques, je le précise).
Plan 75 est un film d’apparence modeste, mais de portée vertigineuse. Sans jamais hausser le ton, il murmure des vérités qui glacent. Chie Hayakawa signe une œuvre éthiquement sidérante, dont la puissance politique tient à sa retenue même. À l’image de notre société, le film opère à bas bruit, substitue au spectaculaire une mise en scène du retrait, et transforme une hypothèse dystopique en radiographie du réel.
Le dispositif narratif est simple : dans un Japon en voie d’effondrement démographique, l’État met en place un programme baptisé Plan 75, invitant les citoyens les plus âgés à opter, librement et sans douleur, pour une fin de vie assistée. On leur promet dignité, confort, apaisement. Mais derrière la façade policée se cache une violence d’un nouveau genre.
Hayakawa ne construit pas une dystopie spectaculaire : elle se contente d’extrapoler les logiques déjà à l’œuvre dans nos sociétés contemporaines. C’est ce qui rend le film si effrayant. La mort devient un service public, une solution administrative à un problème budgétaire.
Ce qui pousse les personnages à adhérer au programme n’est pas tant le désir de mourir que l’absence de raisons de rester. Hayakawa filme un monde où la vieillesse est désocialisée, où les liens s’effacent. Le choix du suicide n’est alors plus tragique, mais logique.
À travers la figure de Michi, femme âgée, le film dit l’essentiel : ce n’est pas la vieillesse qui tue, mais la relégation. La société les oublie. Elle les rend transparents, inentendables, superflus.
Hayakawa touche ici au cœur d’une violence contemporaine : celle qui n’a plus besoin de brutalité pour s’exercer, car elle agit par soustraction, par déliaison. C’est une euthanasie des liens autant que des corps.
Le style de Plan 75 est à l’image de son monde : froid, fonctionnel, désaturé. Plans fixes, cadres amples, lumière pâle, dialogues rares. Ce dépouillement est un choix éthique autant qu’esthétique. En refusant tout effet mélodramatique, Hayakawa empêche le spectateur de se réfugier dans l’émotion facile.
Ce que Hayakawa démonte, c’est la mutation contemporaine de la violence. Le Plan 75 n’impose rien, il propose. Il ne contraint pas, il invite. Il ne tue pas, il accompagne. Mais cette douceur est une stratégie. En transformant la mort en option citoyenne, l’État s’absout de toute responsabilité.
Ce cynisme compassionnel, ce néolibéralisme en blouse blanche, est le vrai cœur noir du film. Loin des totalitarismes bruyants, Plan 75 dépeint une dictature molle, tiède, où la mise à l’écart se fait par consentement, dans le respect des procédures.
Et pourtant, tout n’est pas écrasé. Ce qui rend le film profondément humain, c’est qu’il ménage des interstices de doute, des moments de suspension, des gestes de trouble. Le recruteur commence à douter. L'administrateur enquête. L'infirmière détourne le regard. Michi, à la veille de son départ, vacille. Ce ne sont pas des révolutions, ce sont des hésitations.
Hayakawa croit en ces frémissements et elle offre un éveil, une inquiétude qui persiste bien après la fin du générique.
Le sujet est fort (proposer aux vieux " inutiles" une euthanasie sociale dès 75 ans) et rappelle "Soleil vert". Mais que c'est lent, que c'est long ! Le film ne démarre réellement qu'après 1heure et abuse de plans fixes interminables. La solitude de la vieillesse et la primauté de la vie sont cependant bien rendues.
L'idée de base du film est excellente. La critique qui le compose est socialement puissante et s'adapte totalement au monde actuel, et même à la pensée de nombreuses gens, et la lenteur du style japonais correspond bien au script. L'image n'est pas forcément belle, mais c'est plus le fond que la forme qui nous interpelle sur ce film, et la juste performance des 3 acteurs-rices principaux-ales, surtout celle de Chieko Baisho, douce et humaine, arrivent à nous entraîner dans ce choc actuel social. Un Black-Mirror japonais, satyrique et réaliste.
Un film japonais pudique, sobre et beau, voilà ce qu'est "Plan 75" qui imagine, dans un futur proche, une loi qui permettrait aux personnes de plus 75 ans de se faire euthanasier afin de ne pas être un poids dans une société vieillissante. spoiler: Pour inciter les "volontaires" à passer à l'acter, on leur remet une somme d'argent qui semble importante et leurs derniers jours se passeront dans un endroit "chic" et apaisant.
Si ça ne suffit pas, on rappelle que les Japonais savent se sacrifier quand il le faut.
"Plan 75" croise les destins de "vieux" qui doivent encore travailler pour vivre (visiblement dans des emplois que plus personne ne veut faire) et de "jeunes" dont le travail est directement relié à la nouvelle loi. Quand on sait que le Japon est, effectivement, un pays vieillissant et que les autorités cherchent à résoudre le problème (pour l'instant par un encouragement de la natalité !), ce film n'en a que plus d'acuité. Le jeu des acteurs, à commencer par Chieko Baishô, nous touche sans jamais verser dans le larmoyant et contribue à faire de "Plan 75" un beau film pour qui sait prendre le temps de le regarder.
Un film qui parle de la vie, de la mort, des vieux souvent abandonnés et des jeunes qui le seront bientot C'est aussi un film sur le courage et la résistance que possèdent certains êtres, dont l 'héroine de ce film japonais extremement touchant, fait de subtilités et dans lequel chaque plan livre un message sur l'existence humaine
C'était pourtant bien parti mais on se perd au fur et à mesure que les minutes avancent... certaines scènes n'ont pas grand intérêt. Bien que le film nous promet une belle histoire, on reste sur notre faim qu'en au choix du scénario qui reste assez platonique.
Le synopsis évoque le thème de l'euthanasie mais c est avant tout de l extrême solitude dont il est question. Acteurs magistraux qui manient le language non verbal au service de notre reflexion sur notre société et sur la place de chacun. Une introspection aussi sur les relations avec les autres, nos proches et évidemment sur nous même. Un superbe film choc, qui bouscule, qui secoue, mais qui probablement, nous fait avancer.