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Bernard M
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4,5
Publiée le 7 mars 2023
En se plongeant dans sa jeunesse, le réalisateur Sam Mendes fournit un film très réussi et très personnel.Un cinéma des années 80 sur la côte anglaise est le cadre de ce film, mais n'en est pas le sujet; il en est le trait d'union entre les deux principaux personnages qui doivent se reconstruire après un passé tumultueux et cette salle est le ciment de cette reconstruction.Tout ceci est fort bien amené.Olivia Colman est criante de vérité et Michael Ward lui donne fort bien la réplique: il en sort un film émouvant et attachantLe réalisateur a trouvé le décor idéal pour les extérieurs: ceux d'un cinéma désaffecté et a su reconstruire un décor intérieur à l'image des superbes salles de l'âge d'or du cinéma.Il va même plus loin avec ,en filigrane le fonctionnement d'une séance ce qui ravit les anciens et qui peutapprendre bien des choses aux plus jeunes.
Le réalisateur Sam Mendes retrouve un cinéma à petite échelle avec ce drame se déroulant au sein d’un cinéma dans l’Angleterre des années 80. Plus qu’un hommage au 7ème art, le cinéaste convoque avec une touche de mélancolie sa propre vision de ce que doit représenter un film pour le spectateur. Organique, généreux, touchant et serti d’une photographie magnifique servant d’écrin pour une formidable distribution emmenée par la composition éclatante d’Olivia Colman campant une femme d’âge mure dont le travail au sein du cinéma lui permet de briser sa solitude. Le récit s’emmêle parfois les pinceaux en croisant maladroitement la romance, l’étude sociale dans un pays marqué par le racisme et la politique thatchérienne. Néanmoins, la beauté de l’ensemble emporte l’adhésion emmenant le spectateur dans des cimes aériennes.
Hilary (Olivia Colman) travaille dans une vieille salle de cinéma d’une petite ville balnéaire du sud de l’Angleterre. Elle vit seule ; sa santé mentale est fragile. Stephan (Micheal Ward) y est recruté. Il est noir, en butte au racisme qui grandit dans l’Angleterre des 80ies et n’a qu’un rêve : quitter cette vie et entrer à l’université.
Après James Gray ("Armageddon Time"), après Steven Spielberg ("The Fabelmans"), c’est au tour de Sam Mendes, l’un des réalisateurs britanniques les plus célèbres de Hollywood ("American Beauty", "Jarhead", "Les Noces rebelles", deux James Bond crépusculaires et "1917") de nous livrer son film le plus autobiographique. À l’instar de "The Fabelmans" – ou de "Babylon" ou de "Cinema Paradiso" qui ressort ces jours ci dans quelques salles – "Empire of Light" se présente comme une ode au cinéma et à sa magie perdue. C’est peut-être le signe d’une époque où le monde du cinéma, inquiet de la prophétie récurrente de sa disparition prochaine, en ravive le culte nostalgique. Mais "Empire of Light" est moins un film sur le cinéma – on ne verra guère que quelques affiches défraichies des "Blues Brothers", de "Elephant Man" ou des "Chariots de feu" – que sur la salle de cinéma.
Hollywood a inventé un mot pour ce genre de film-là : "workplace comedy". Faute d’en avoir une, Hilary s’est créé une famille sur son lieu de travail, entre un patron détestable (Colin Firth) qui s’imagine que les entretiens qu’il a avec elle porte close trompent son monde, un collègue facétieux et compréhensif (Tom Brooke) et un projectionniste taiseux (Toby Jones). Cette petite routine sera bousculée par l’arrivée d’un corps étranger, Stephan.
Deux histoires se mélangent. La première, celle de Hillary, de sa dépression chronique façon Requiem for a Dream, était, à mon avis, la plus intéressante, d’autant qu’elle est servie par l’interprétation hors pair d’Olivia Colman. Quel parcours incroyable que celui de cette actrice qui, à rebours de tous les standards, a été découverte à la quarantaine seulement ! Sam Mendes, dans les interviews qu’il donne, raconte qu’il s’est inspiré de sa mère, poétesse et géniale et schizophrène récidiviste. Le problème de "Empire of Light" réside dans la seconde histoire qu’il tisse avec la première. J’ai trouvé que le personnage de Stephan, ses ambitions, le racisme auquel il est confronté, manquaient d’originalité. Plus grave : j’ai trouvé que le couple qu’il formait avec Hillary, de vingt ans son aînée, ne fonctionnait jamais.
Pour autant, tous ces défauts, bien visibles, n’ont pas suffi à gâcher mon plaisir. J’ai aimé l’ambiance feutrée de ce film, son image superbe, ses personnages mélancoliques.
Empire of Light est une jolie petite histoire d'amour et de partage, emportée par la sympathie qu'on porte à Olivia Colman (on l'aime d'amour), mais qui s'oubliera certainement assez vite dans la filmo de Sam Mendes. L'idée principale de cette intrigue passionnelle est de donner à voir un couple aux antipodes, pas tant pour leur couleur de peau (dans une Angleterre aux skinheads racistes) mais pour leur grande différence d'âge (une trentaine d'année environ), ce qui, finalement, passe avec un naturel désarmant. Le binôme Colman et Michael Ward est impeccable, on regrette cependant l'utilisation anecdotique de Colin Firth (personnage dispensable), tandis que les salles obscures ont rarement trouvé si bel hommage. On repense rapidement à Cinema Paradiso (notre référence ultime) quand on voit le jeune venu qui apprend à lancer une bobine de pellicule sur le projecteur, quand on voit les ouvreuses passer un coup de balais entre les sièges, quand l'ambiance propre au cinéma se dégage de chaque plan (on pourrait presque sentir l'odeur de moquette, si chaude, si réconfortante)... Évidemment, pour nous (plus que l'histoire d'amour inter-générationnel), on retiendra d'abord cet hommage à la salle obscure, à tous ceux qui la font vivre (on s'est senti à la maison), à tous ceux qui pensent encore qu'un film est meilleur quand on le partage sous le rai de lumière magique, bref : au cinéma. On l'aime décidément bien, ce Sam Mendes. Dommage, pour le reste de Empire of Light, qu'il ne nous procure pas autant d'émotions que pour son "Empire de Lumière". La faute à un rythme pépère, à une photographie qui nous tape dans l’œil trop rarement (le plan de Colman pleurant devant une projection, ses larmes brillant avec le reflet du film, nous a brisé le cœur, mais ce plan magnifique se sent un peu seul... L'unique autre séquence sublimée par la lumière, est sur l'affiche), et à un scénario qui manque de surprises. On se lève pour sortir de notre propre "Empire de Lumière" en n'ayant pas accroché à l'histoire d'amour (sans pour autant que les acteurs soient à blâmer, au contraire), mais en effleurant un par un les sièges du bout des doigts, sous le charme de cette passion commune pour le cinéma. Sam Mendes a remis en lumière les salles obscures.
Une femme responsable d’un superbe cinéma sur la côte anglaise se prend d’une affection particulière pour le jeune beau black qui vient d’être embauché. Au-delà des sentiments, l’attirance est réciproque, et deux êtres alors rapprochent leur solitude et leur douleur secrète. Les années quatre-vingt, les années Thatcher, les skinheads, Sam Mendes tend une fresque historique au cœur du septième art où l’intolérance, le racisme se heurtent aux sentiments les plus extrêmes. Olivia Colman et Michael Ward sont admirables dans un casting qui même dans les seconds et troisièmes rôles, offre des personnages extraordinaires de bonté, d’amour, de suffisance, de lâcheté. C’est la vie, c’est le cinéma. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Il y a beaucoup de similitudes entre « Empire of the Light » et « The Fabelmans » sorti une semaine plus tôt dans les salles françaises. Tout d’abord, l’univers du Cinéma : ici, côté exploitation et projection, là, où le film de Spielberg insistait davantage sur le côté création. Ensuite, le racisme de l’Angleterre des années 1980 pour celui-ci, quand le film sorti la semaine précédente mettait en lumière l’antisémitisme des USA dans les années 1950. Mais c’est surtout l’histoire humaine qui est mise en avant ici : elle a pour cadre un cinéma mais ce sont surtout les personnages qui sont croqués avec beaucoup de justesse. Mais c’est ce même cinéma qui va les « libérer ». Le décor de ce Cinéma indépendant, majestueux, et de l’extérieur au bord de la plage, à Margate, au sud-est de l’Angleterre, apportent beaucoup au film, en tout cas, autant que les prestations habitées de ses interprètes.
Un joli film intimiste et mélancolique, qui brasse de nombreux sujets mais vaut pour la prestation des acteurs et la photographie. La critique complète sur https://le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.com/2023/03/empire-of-light-de-sam-mendes-tout-en.html
Magnifique film de Sam Mendes qui célèbre le cinéma à travers sa réalisation et rend hommage à sa mère, qui était atteinte d'une maladie mentale similaire à celle de l'Héroïne du film . Olivia Colman est une nouvelle fois grandiose dans sa prestation !
Cette année, plus que jamais, le cinéma fait son introspection. Après le turbulent « Babylon », l’intime «The Fabelmans », désormais nos écrans diffusent le bien nommé « Empire of Light ». Cette nouvelle proposition est d’un ton bien différent, à la fois très poétique et social. En lieu et place (de cinéma) d’une ode aux salles obscures, le film va au-delà pour célébrer la magie qui, si tenté que l’on peut y prêter une juste attention et ouvrir son cœur, est partout autour de nous. Aussi bien sous les projecteurs quand dans nos moments les plus sombres. Certes, le cinéma conserve son côté magique qui peut changer nos existences, mais il est perçu en parallèle de la réalité de ce que le spectateur vit dans son quotidien. Film à casier, il traite également des maladies mentales, du racisme et de cette âme Anglaise capable de nous délivrer les meilleures pépites musicales. Le tout est servi sur un plateau cotonneux, avec une mélancolie doucereuse très agréable et une puissance inattendue qui tranche avec la retenue presque pudique du film. La musique du duo Trent Reznor et Atticus Ross renforce parfaitement cette atmosphère. Les superbes plans, très propres et un brin sage de Roger Deakins, telles des aquarelles éthérées et plaisantes, qui illuminent les moments romantiques et joyeux. Ils sont un peu moins convaincants et contrastent presque trop dans les côtés sombres et violents du scénario (la scène des skinheads semble trop molle par exemple). Mais comment reprocher à Sam Mendes de ne pas faire de surenchère ?! C’est tellement agréable de pouvoir savourer les parfums d’une époque engagée où l’on croyait encore à l’union sous toutes ses formes. Une décennie bien révolue, ou l’on allait dans des cinémas indépendants en se parant d’habits du dimanche pour célébrer ce moment magique et tant attendu. Le casting est absolument parfait, avec des tronches qui tranchent avec les castings habituels. Mention spéciale pour Olivia Colman capable de passer d’un visage sombre à une visage lumineux avec une facilité déconcertante. Le temps d’un sourire éclatant, celui que l’on arborait dans les joyeuses années 80.
Je suis pour la première fois déçue d'un film écrit et réalisé par l'un de mes cinéastes préférés.
J'ai du mal à comprendre comment Sam Mendes ne s'est pas endormi à chaque étape de la création. Le scénario à lui seul devrait pouvoir faire dormir n'importe quel lecteur à chaque page.
Loin des superproductions [« Skyfall » (2012), « 007 Spectre » (2015) et « 1917 » (2019)], Sam Mendes a réalisé un film intimiste, avec une part autobiographique (santé mentale de sa mère, en plus de son amour du cinéma). Il se déroule, à partir de Noël 1980, dans le cinéma Empire [dirigé par l’odieux Donald Ellis (Colin FIRTH)], à la façade Art Déco, d’une ville balnéaire (tournage à Margate dans le Kent). Il s’agit d’un film très beau [photographie de Roger DEAKINS, 73 ans, 5e collaboration sur 5 avec le réalisateur] et d’une grande richesse : hommage au cinéma [comme « Cinema Paradiso » (1988) de Giuseppe Tornatore], art de l’illusion, à travers le projectionniste Norman (Toby JONES) mais aussi film sur la solitude (excellente, comme toujours, Olivia COLMAN qui a obtenu, pour ce rôle, le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique) et dénonçant le racisme [dont souffre Stephen Murray (Micheal WARD), originaire de Trinidad, ancienne colonie britannique, indépendante depuis 1962] au Royaume-Uni pendant les années Thatcher (Première Ministre de 1979 à 1990) où le réalisateur avait entre 14 et 25 ans (d’où le choix de la musique de l’époque.
Tout de suite, on est bercé par une douce nostalgie, une belle et agréable mélancolie qui infuse tranquillement et qui donnent un charme pas si désagréable que ça à ce mélodrame soutenu par les arpèges de piano de Trent Reznor et Atticus Ross. Un mélo où il est question d’une romance presque improbable entre un jeune noir (Micheal Ward) et une femme d’âge mûr (Olivia Colman), mais aussi de racisme, de solitude, de dépression, de mal de vivre.
Si le cinéaste ne choisit jamais vraiment quel sera le thème majeur de son film, l’ensemble révèle une certaine élégance, avec en arrière-plan "les années Thatcher" et aussi un hommage aux employés de cinémas.
Certes, on a sans doute connu plus convaincant et plus touchant comme hommage au 7e art, mais ici, il sert avant tout d’échappatoire pour oublier une vie morne.
Malgré ses qualités, le film ne séduit pas totalement, à cause d’un scénario qui manque de force et de conviction. Dommage. Mais ça vaut le détour quand même !
Film assez mineur dans son propos. Mais d'une fluidité et procurant un plaisir indéniable. Olivia Colman est absolument merveilleuse. L'Angleterre 80's en proie à ses skinheads faisant régner la terreur dans les rues pour tout ce qui peut être d'une manière ou d'une autre étranger ou différent est bien rendu. Très belle chronique
Comme son titre l'indique il est question de lumière ici. Et d'abord celle qui jaillit du projecteur de cinéma. Ce film extrêmement sensible et plein de nostalgie (à mille lieues du "Fabelmans" lisse de Spiedberg) navigue à la recherche d'un monde qui n'existe plus. Il retrace les coulisses, la vie cachée du personnel d'une vieille salle de cinéma qui a envie de retrouver ses couleurs. Mendes filme cette salle comme le lieu de la magie, le lieu où dans les ténèbres jaillit la lumière, un lieu de désir. C'est le lieu du rêve aussi, où l'on vient se réfugier lorsque l'espoir s'amenuise. Cette lumière c'est la chaleur humaine, la délicatesse de celui qui se soucie de sauver un vulgaire pigeon, c'est la lumière de l'amitié. La différence est évoquée, à travers la relation improbable entre deux personnes seules, ou rejetées. La lumière vient aussi d'Olivia Coleman, actrice exigeante, qui se bonifie film après film. Ici, elle est tout simplement extraordinaire, femme malade dans une société malade. Certains pourront trouver cette histoire trop superficielle et sans sujet, je trouve au contraire qu'on a l'impression de suivre une vraie histoire, originale, âpre, surprenante, et pas une énième mise en image d'un scénario cousu de fil blanc. A la fois déclaration d'amour à la salle de cinéma et ode à la différence et à la résistance dans une société dure, "Empire of light" est pour moi un film sur l'humanité, bouleversant et d'une grande élégance visuelle.