Sorte de loi des séries, à nouveau un film hommage au cinéma, proposé par Sam Mendes au palmarès si riche ! Un très beau film détaillant à la fois la salle de projection et sa précision, l'enchaînement des bobines, le faisceau jaillissant vers l'écran, mais aussi le bâtiment tout entier, et la réception, ce hall de billetterie, de comptoir de "pop corn" et autres friandises, mais aussi de rencontre et d'échanges. Mais c'est surtout un rôle puissant offert à Hilary ( Olivia Colman ). A la fois gérante du cinéma "Empire" dans cette station balnéaire du Sud de l'Angleterre, à la santé fragile certes, ce personnage est étonnamment pittoresque ; tantôt fragile, solitaire, fébrile, et parfois survoltée, colérique, pathétique.....Attachante et empathique, elle crève l'écran. Le patron du cinéma : Mr Ellis, n'être autre qu' un certain Colin Firth, et le projectionniste : Norman, Toby Jones lui-même ! Outre ce décor naturel magique, une nostalgie sympathique des années "70" ou "80" teintée des difficultés des rapports humains, Hilary, vous emmène deux heures durant dans du "véritable cinéma" : Photographie éblouissante, éclairages parfaits et musique adaptée...!!**
L'histoire d'un cinéma et de son équipe sur une ville côtière anglaise au début des années 1980 avec une manager soumise aux désirs sexuels de son patron. Et puis c'est l'histoire d'un couple improbable (cinématographiquement) entre un jeune employé épris de la manager dont on découvre qu'elle est bipolaire, d'une cinquantaine d'année, dont les rapports évoluent en rapport fils-mère. Tout cela se passe sur fonds de racisme (le jeune employé est noir) dans une Angleterre confrontée à la montée d'une violence raciale (et sociale en fond). Le film est assez lent, le décor à savoir un cinéma art-déco dont une partie est abandonnée est magnifique. On en ferait presque le personnage principal, on se demande d'ailleurs s'il va l'être. Mais non, on se concentre sur la relation entre le jeune employé et la dame mais malgré tout sans que les sujets ne soient traités en profondeur, comme s'il y avait trop de sujets pour un film trop lent. A noter quelques scènes fortes cinématographiquement parlant, le talent de Sam Mendes ! A noter aussi : les acteurs sont excellents.
Bien longtemps que je n'avais savouré un film ainsi. Tout y est ! Les images, la finesse des émotions, des combats, des jeux d'acteurs talentueux. Il n'y a que les anglais qui peuvent nous proposer de tels chefs d'œuvre.
Le film de Sam Mendes fait se rencontrer une femme et un homme plus jeune dans l'Angleterre de Margaret Thatcher, deux parcours cabossés quand l'une souffre d'une maladie mentale et l'autre est confronté au racisme. La rencontre se fait dans un superbe cinéma, ce lieu refuge destiné "à ceux qui ont besoin de s’évader, à ceux qui n’ont nulle part où aller", comme le dit le projectionniste. Les sujets difficiles qu'aborde le film sont traités avec une grande bienveillance. Les images magnifiques et l'excellence des acteur·trices -premiers et seconds rôles confondus- contribuent à donner à l'ensemble une tendresse délicate et une précieuse mélancolie.
Il y avait longtemps que je n'avais pas mis 5* à un film. C'est pour celui-ci. Empire of light pourrait être un film sur l'importance du cinéma, comme lieu et comme moyen d'expression. C'est bien plus que cela. Ça pourrait être un film sur l'expression des sentiments et des vies qui l'expriment, à travers différents portraits. C'est bien mieux que ça. Ça pourrait être un rappel salutaire sur les montées de l'extrémisme et de l'intolérance que nous vivons à travers l'évocation des années Thatcher dans le film. Ça l'est et plus encore. Sans esbroufe, sans en faire des tonnes, avec des acteurs au cordeau, Sam Mendès fait un film aussi juste que retenu. Un film touchant et généreux. Bravo et merci.
Faire passer beaucoup d'émotions à travers des situations somme toute assez communes, c'est à cela qu'on reconnait les bons acteurs et les bons réalisateurs.
Empire of light porte parfaitement son nom tant il en émane un tellement passionnant esthétisme si caractéristique de l’univers de Sam Mendes. Le cinéma en bord de mer de cette station balnéaire n’est jamais filmé sous l’angle de la carte postale inanimée en mode quasi nature morte. Non, ici, avec Roger Deakins en directeur de la photographie, pour sa cinquième collaboration avec le réalisateur, c’est la folie des lumières poétiques qui s’entremêlent, la symétrie millimétrée des images qui capte subliminalement le spectateur, et la justesse de l’enchaînement des images toujours assez surprenantes. Ça, c’est pour la forme.
ur le fond, sa façon bouleversante de disséquer la souffrance psychologique avec cette musique toujours à la note près qui démarre au moment opportun de Trent Reznor et Atticus Ross, apporte ce pouvoir mélodramatique si pesant et prenant. Nous ne sommes peut-être pas dans la pureté originelle de American Beauty (1999) du même réalisateur, mais on l’effleure, et déjà c’est beau. On pourrait presque reprocher à Empire of light une légère dispersion dans son arc narratif si dense et peuplé. Car justement, le cinéaste traite avec une telle profondeur ses sujets, ses objets, que fallait-il en mettre autant… Il existe dans Empire of Light presque trop de films en un.
Entre cette déclaration d’amour sublime au cinéma très en vogue dans le moment, en érigeant avec tendresse et subtilité sa diffusion de l’époque au rang d’art, avec ses magnifiques ouvriers, tel des sculpteurs et peintres de la bobine, du guichet à la projection. Le projectionniste « se donnait au public » dira Sam Mendes. Mais aussi la question raciale, avec cette bêtise crasse de l’immonde intolérance, qui définitivement n’a jamais d’âge. Et bien sûr cette bouleversante histoire d’amour entre Hilary et Stephen. Bouleversante car forcément entravée en permanence par leurs statuts, par l’âge, par sa folie à elle et ses projets à lui. Pour autant, quelle électricité quand ils sont ensemble…Cette façon de filmer les corps, les visages, les mouvements, c’est la poésie du grand cinéma de Sam Mendes, on en sort peut-être un peu assommés, mais tellement rassasiés.
Empire of light est une ode poétique aux facettes multicolores assez inépuisables. Véritable déclaration d’amour au cinéma, qui nous dit bien à quel point l’espoir naît quand la lumière disparaît.
Une femme responsable d’un superbe cinéma sur la côte anglaise se prend d’une affection particulière pour le jeune beau black qui vient d’être embauché. Au-delà des sentiments, l’attirance est réciproque, et deux êtres alors rapprochent leur solitude et leur douleur secrète. Les années quatre-vingt, les années Thatcher, les skinheads, Sam Mendes tend une fresque historique au cœur du septième art où l’intolérance, le racisme se heurtent aux sentiments les plus extrêmes. Olivia Colman et Michael Ward sont admirables dans un casting qui même dans les seconds et troisièmes rôles, offre des personnages extraordinaires de bonté, d’amour, de suffisance, de lâcheté. C’est la vie, c’est le cinéma. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Olivia Coleman et Michael Ward sont lumineux ! Un bravo pour tous les seconds rôles également, très vrais dans leur interprétation. Au delà des rôles, une photo à la fois pudique et réaliste des années 80. Tout en finesse, un film à voir.
Il y a beaucoup de similitudes entre « Empire of the Light » et « The Fabelmans » sorti une semaine plus tôt dans les salles françaises. Tout d’abord, l’univers du Cinéma : ici, côté exploitation et projection, là, où le film de Spielberg insistait davantage sur le côté création. Ensuite, le racisme de l’Angleterre des années 1980 pour celui-ci, quand le film sorti la semaine précédente mettait en lumière l’antisémitisme des USA dans les années 1950. Mais c’est surtout l’histoire humaine qui est mise en avant ici : elle a pour cadre un cinéma mais ce sont surtout les personnages qui sont croqués avec beaucoup de justesse. Mais c’est ce même cinéma qui va les « libérer ». Le décor de ce Cinéma indépendant, majestueux, et de l’extérieur au bord de la plage, à Margate, au sud-est de l’Angleterre, apportent beaucoup au film, en tout cas, autant que les prestations habitées de ses interprètes.
Une photo magnifique, un jeu impeccable (mention spécialie à Olivia Colman qui y est exceptionnelle). Un peu déçu par l'histoire amoureuse sur laquelle s'attarde le film puis se détourne du sujet principal qui est la salle de cinéma. Les longueurs de cet arc narratif se font sentir dans le dernier tiers du film.
Encore, encore, encore et encore un plaquage artificiel de "moraline" à la sauce actuelle... Sam Mendès m'avait déjà bien déçu avec "1917", son exploit technique dont tout le monde se moque (à part la communauté des chef-opérateurs de cinéma) et ses décors peu crédibles. Netflix ! Sors de ce corps !
Film assez étonnant quand on regarde le background de Sam Mendès. Il faut reconnaitre qu'il sait apparaitre là où on ne l'attend pas forcément. Le scenario est intéressant et couvre de nombreux sujets (racisme, fidélité, abus de pouvoir, schizophrénie) mais qui tarde un peu à démarrer et assez lent. Super actrice principale. Etonnante.
Je mets deux étoiles juste pour le bon jeu d'acteur et la photographie magnifique de Monsieur Roger Deakins, sinon à part ça on a droit à un film plat qui n'approfondît aucun des thèmes abordés, une scène de combat ridicule ou on voit clairement que le protagoniste n'est même pas touché, bref un film ennuyeux et oubliable…