La Chimère
Note moyenne
3,5
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84 critiques spectateurs

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nicole Wacrenier
nicole Wacrenier

14 abonnés 27 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 décembre 2023
"La chimère" d'Alice Rohrwacher (2023) est un film très poétique, une sorte de fable mythologique où le funèbre et le profane rejoignent le lumineux et le sacré. Il parle de tombes très anciennes sur un rivage de l'Adriatique et de profanations modernes, à des fins commerciales. Le fil rouge de l'histoire est un fil très visible, de laine rouge. Il est celui d'une robe multicolore qui se détricote, celle de la jeune et jolie Beniamina, Eurydice évidemment. Le héros, amoureux endeuillé, est anglais et archéologue, Arthur-Orphée, triste, différent. Il possède un don, celui de voir l'invisible sous la terre, d'être relié aux poètes qui y créèrent de si belles fresques et aux âmes défuntes protégées par leur "trousseau funéraire", c'est-à-dire de beaux objets, poteries, animaux, suscitant la convoitise des" tombaroli" ou pilleurs de tombes. Le film nous fait ainsi passer insensiblement de la surface aux profondeurs, du réel souvent drôle, souvent inquiétant aux rêves ou aux songes indéfinissables. Un voyage en train et je ne sais plus où est la réalité, où est le surnaturel. Impression soudaine d'être dans "Un soir un train" le film de Delvaux. La force de "La chimère", c'est qu'à la surface de cette terre italienne, il y a des êtres épatants faits de chair et de charme : Isabella Rossellini en vieille dame bienveillante et malicieuse, ne voulant pas croire en la mort de sa fille Beniamina, entourée d'autres méchantes filles, comme dans un conte. Italia, la fausse-vraie domestique, incarnée par la géniale actrice brésilienne, Carol Duarte. Je l'adore, à la vie à la mort. Elle est l'amoureuse sur terre. Boucles brunes et grands yeux noirs, elle est mutine et drôle. Lorsque le film subit une petite baisse de régime, après le premier tiers, elle est celle qui en se métamorphosant et en dansant, le fait repartir et briller. Elle est aussi celle qui voit la pollution de la mer par les usines et refuse la profanation des tombes qui ne sont pas faites "pour voir les yeux des humains." Effectivement les oiseaux peints sur les parois s'effaceront aussitôt à la lumière du jour, comme dans " Roma" de Fellini. Sur cette terre, il y a aussi d'autres passeurs du profane au sacré, d'autres passeurs de poésie, les chanteurs de musique populaire, les troubadours, racontant les péripéties du héros. La musique est essentielle, comme l'Orfeo de Monteverdi. Je ne raconterai pas la fin, les fins, très belles mais Orphée retrouvera le fil rouge d'Eurydice.
JUJUBE20
JUJUBE20

36 abonnés 59 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 décembre 2023
Arthur a perdu sa Beniamina, autant dire qu'Orphee a perdu son Eurydice et qu'on ignore s'il la retrouvera ou non cette fois... Film qui tire vers du Fellini famélique (la fresque qui perd ses couleurs est une référence directe à la scène de la construction du métro à Rome) ou du Pasolini moins pervers (mais avec une bande de joyeux ragazzi anars). L'histoire vagabonde à l'image de son héros, épileptique pourvu d'un don prémonitoire (à l'image du poète encore une fois), qui semble perpétuellement hébété devant les lieux et les événements qu'il découvre... Récit mythologique avec des sœurs issues de Cendrillon, une mère indigne, une employée élève au grand cœur, des méchants de western, le film bénéficie d'une image superbe, de scènes très réussies, d'une bande son exceptionnelle et diverse, d'un thème transversal original (le pillage de sites étrusques...) - son climat vaut plus que son climax. Pour les amateurs des rêveries d'un promeneur non solitaire, mais à part des autres, amoureux éperdu et tendu vers un destin qu'il semble toujours subir et jamais choisir, à l'image du Kairos des mythes grecs.
bobbill
bobbill

1 abonné 34 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 décembre 2023
Beaucoup moins intéressant que ne laisse penser l'emballement critique. Sur le papier tout est chouette, mais les ellipses et actions sont trop disparates pour construire un film attachant. Exception faites de la conclusion, mais franche le t on a l'impression de voir une. Pub Gucci pop fashion.
Anneclaire
Anneclaire

1 abonné 31 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2023
Il est très rare que je quitte un film avant la fin, mais là je n'ai pas tenu.
C'est amateur et, peut être involontairement, burlesque. Tout m'a semblé, laid et bricolé.
Je ne comprends pas les prix obtenus, mais c'est juste mon avis.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2023
Un Anglais prénommé Arthur (Josh O'Connor, le jeune prince Charles de "The Crown") sort de prison et revient en Toscane sur les traces de Beniamina son amour défunte. Arthur possède un don hors du commun qui permet à la bande de voyous avec qui il s'est acoquiné de localiser des tombes étrusques enfouies et d'écouler en contrebande les œuvres d'art qui y étaient ensevelies.

Alice Rohrwacher est, comme son nom ne l'indique pas (son père, violoniste allemand, épousa une enseignante italienne et devint apiculteur en Ombrie), une réalisatrice italienne. Ses trois précédents films - "Corpo celeste" (2011), "Les Merveilles" (2014), "Heureux comme Lazzaro" (2018) - lui valent le titre écrasant d'étoile montante du cinéma transalpin.

Alice Rohrwacher a un style bien à elle, quelque part entre le néo-réalisme italien, l'onirisme fellinien et le réalisme magique latino-américain. "La Chimère" en est l'exemple le plus abouti. Film intemporel, censé se dérouler dans les 80ies, mais qui aurait aussi bien pu se dérouler quarante ans plus tard ou plus tôt ("Heureux comme Lazzaro" jouait déjà sur cette indétermination), il suit un scénario très lâche, sans grand enjeu, qui constitue tout au plus un prétexte pour raconter les pérégrinations de son héros.

Josh O'Connor, sexy en diable, y interprète un Anglais perché, doté d'un don dont il ne sait que faire, débarqué en Italie on ne sait comment. Son chemin croise celui d'une vieille aristocrate  qui refuse d'accepter le décès de sa fille et sur laquelle ses autres filles veillent dans un brouhaha joyeux. Dans un palais décati, cette douairière, majestueusement interprétée par Isabella Rossellini, donne des cours de chant à une jeune femme prénommée Italia (Carol Duarte). Comme dans tous les films d'Alice Rohrwacher, sa sœur aînée, Alba, fait une apparition, dans le rôle d'une trafiquante d'oeuvres d'art.

"La Chimère" est un peu trop foutraque à mon goût. Et beaucoup trop long. Il aurait pu, sans préjudice, être écourté d'une bonne demi-heure. Ses deux heures et dix minutes sont inutilement diluées, même si sa dernière scène, référence transparente à la catabase (!) d'Orphée et d'Euridyce, est sublimement poétique.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 décembre 2023
De retour dans son petit village italien un anglais retrouve ses amis pilleurs de tombes Étrusques qu'il aide avec son don lui permettant de ressentir le vide. Un vide dont le spectateur a un peu l'impression de parcourir la diagonale en regardant ce film étrange mêlant le Prince Charles (de la série The Crown) à une histoire diluée certes originale mais sans grand intérêt. La Chimère c'est comme si Fellini s'était mis à "l'arte povera" et était devenu fade et famélique.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2023
Même si le récit est quelque peu tortueux et qu'il faut parfois s'accrocher pour comprendre ce qu'il se joue à l'écran et adhérer à cet univers fantasque et décalé, l'on finit par être subjugué par la réalisation constamment inventive, par la poésie que dégage le film et par le magnétisme de l'acteur principal, le Prince Charles de la série The Crown une nouvelle fois épatant et grâce auquel l'on retrouve un peu de la magie du précédent long métrage de la réalisatrice, Heureux comme Lazzaro, que j'avais néanmoins préféré.

C'est un film qui met à l'honneur un mode de vie basée sur l'idée de communauté (de pilleurs, de femmes...), de marginalité, un film sur la difficulté à trouver sa place, qui parvient à rendre beau et poétique tout ce qu'il filme, même le plus rudimentaire, dont cette idée géniale de fil rouge, qui n'aura jamais aussi bien porté son nom.

C'est un film qui a tout pour dérouter tant il n'hésite jamais à s'aventurer sur du hors piste et tant chaque nouvelle scène apporte son lot de surprises mais petit à petit, sans être tout à fait pleinement convaincant, il parvient à former un bloc cohérent et finalement assez puissant.

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Pierre P
Pierre P

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2023
Un chef d'œuvre , une nouvelle nouvelle vague d'une maîtrise rare. Tant niveau scénario qu'audace de réalisation.
La photo malgré les difficultés à normalement mixer différentes formats de pellicule reste sublime.
Alu-Ciné
Alu-Ciné

26 abonnés 129 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2023
Un bijou ! De créativité, de sensibilité, de re-création du cinéma. Alice Rohrwacher tisse réalité (un certain sud italien si bien incarné par les camarades du pilleur de tombeaux) et fantasmes et fantômes de l'esprit avec une fluidité, une aisance incroyable. Le spectateur n'en croit pas ses yeux et, contrairement à tant de films trop longs actuellement, ne voit pas le temps passer tant il est à tout instant émerveillé sans avoir le temps d'analyser. L'acteur principal est saisissant de vérité, d'incarnation. Deux moments formidables de musique en direct également.
Sylvie I.
Sylvie I.

5 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 décembre 2023
Magnifique conte, superbement interprété. Alice Rochwacher nous a encore émus avec ces personnages hors du temps.
Eric DEBARBIEUX
Eric DEBARBIEUX

2 abonnés 25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2023
Un film d'une superbe originalité sur la crête entre néoréalisme et onirisme. Des moments de rire, d'émotion et de grande beauté.
Nicolas de Beaulieu
Nicolas de Beaulieu

133 abonnés 18 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2023
Ce film évoque le meilleur du cinéma italien pasolini fellini . c'est un petit bisou d'art populaire mais fin et sensible aussi Comme seuls savent le faire les italiens
Pierre V
Pierre V

8 abonnés 42 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 décembre 2023
Je suis sorti de la salle avec un sentiment mitigé. Oui le film est original et dérangeant mais est-ce pour autant un "bon " film.
3 jours après je crains de devoir dire non car l'impression qu'il me laisse est plutôt mauvaise
Dire que je regrette de l'avoir vu est excessif mais finalement pas tant que ça...
Litloup
Litloup

5 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 décembre 2023
Alice Rohrwacher a voulu mélanger le monde réel au monde irréel, l'au-delà. Ce fait de se sentir presque gêné et mal alaise lors des dépouillements des tombes reste quand même quelque chose de "beau" car le personnage principal réussi à trouver ces tombes grâce à des forces ultérieures. Bien sûr je trouve ça quand même déplacé mais bien représenté. Cela reste un film tout de même long à regarder car il ne possède pas beaucoup de dynamisme mais il nous laisse sur une fin surprenante et rempli de questions.
Bart Sampson

414 abonnés 855 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 décembre 2023
Ce film qu on pourrait qualifier d'onirique fait un parallèle intéressant entre ce peuple étrusque qu'on dit plus ancien encore que l'empire Romain et dont les tombes ont été pillé par les habitants de ces régions depuis des siècles. Un peu comme les films roumains qui mettent perspective les moeurs modernes de la population avec des thématiques universelles, le film de Alice Rohrwacher avec sa superbe photographie nous invite à nous laisser aller à cette réflexion élégiaque. Le film peut rebuter les adeptes de rationalité mais c 'est ici du vrai cinéma nourri par une réflexion sur nos moeurs
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