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Charles R
60 abonnés
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4,0
Publiée le 9 janvier 2022
Jadis on la désignait sous le nom scientifique de l’once. Aujourd’hui on a pris le parti de la nommer de la manière la plus simple : la panthère des neiges. C’est qu’entretemps elle est devenue une des énigmes du monde animal : comment une panthère pourrait-elle avoir choisi de vivre dans les conditions les plus inhospitalières qui soient alors que ses cousines africaines ou de l’Asie du sud-est se prélassent sous le soleil des tropiques ? Le film que l’on peut voir aujourd’hui est présenté comme un documentaire. Pour notre part, nous y voyons plutôt un film d’aventure doublé d’une œuvre contemplative. A l’origine, un défi lancé par Vincent Munier, le photographe animalier internationalement connu, à son ami Sylvain Tesson : partir pour les hautes montagnes du Tibet à la recherche de la panthère qui ne se laisse pas si facilement entrevoir, tant ses conditions de vie sont tout entières vouées au froid extrême et à des paysages minéraux situés entre 4000 et 5000 mètres d’altitude. A cette expédition peu commune n’oublions pas d’adjoindre Marie Amiguet, la compagne de Vincent Munier, qui s’est chargée de réaliser le film, assistée de Léo-Pol Jacquot. Il ne s’agit surtout pas ici d’apprivoiser la nature, mais bien d’en mesurer le caractère profondément sauvage car soumis aux lois des éléments qui peuvent à tout moment se déchaîner sous forme de tempêtes et d’orages, prenant alors un caractère profondément inquiétant et que d’aucuns qualifieront à juste titre de « sublime ». Un monde où le carnivore est roi et où le modeste herbivore ou granivore est voué à constituer une proie de choix. Chemin faisant, le film nous permet de découvrir dans leur milieu naturel des espèces peu connues comme le manul ici présenté sous son nom plus courant de chat de Pallas, ou bien encore l’antilope du Tibet dont on sait qu’elle est aujourd’hui dangereusement menacée d’extinction. Bien sûr, les héros populaires de la faune sauvage sont aussi de la partie : loups et ours ne manquent pas à l’appel, de même que les vautours prêts à savourer en famille quelque succulente carcasse. Et la panthère dans tout cela ? Eh bien, elle se fait désirer et ce n’est que dans le dernier quart d’heure qu’elle consentira à se livrer à une belle prestation qui ne pourra que satisfaire l’amateur de bêtes sauvages. Voilà donc un film qui nous parle de la vie au grand air dans un monde balayé par les vents incessants et où l’homme ne s’est guère aventuré : on croisera cependant quelques nomades accompagnés de leurs yacks et une famille qui respire le bonheur des gens simples. Il va de soi que des considérations d’ordre écologique accompagnent ce merveilleux défilé d’images où les stars sont des animaux sauvages évoluant dans leur milieu naturel. Ajoutons que d’un point de vue formel les images sont d’une indéniable beauté et que la composition des plans est parfaitement étudiée. On s’étonne alors : comment à 5000 mètres d’altitude une artiste peut-elle trouver la suprême audace de cadrer aussi parfaitement ses images ? Mentionnons aussi que par moments ce sont quelques splendides instantanés réalisés par le photographe qui sont insérés dans le déroulement du film. Enfin, pour accentuer la dimension profondément spirituelle de l’expédition et du film qui en est résulté, signalons une bande son impeccable où la musique de Warren Ellis accompagné de son complice Nick Cave se fait contemplative à souhait. Et la mélopée finale « We are not alone » souligne le sens profond du film : « I've travelled a lot unaware / I was observed ». Nous passons, êtres humains, sans nous douter dans notre ignorance que nous sommes observés par ce monde animal auquel nous sommes tant redevables et dont trop souvent nous avons pris plaisir à faire disparaître d’insignes représentants.
Surpris par ces critiques dithyrambiques ! Des images assez belles mais loin de certains magnifiques documentaires nature. Le temps est long... et on ne comprend pas comment les deux protagonistes s'organisent, mangent, dorment ... il y a ça et là quelques réflexions intéressantes mais le dénouement avec l'arrivée de cette fameuse panthère ne provoque aucun frisson.
Images magnifiques, ambiance sereine, les belles pensées de Sylvain Tesson et surtout une énorme prise de conscience de la beauté naturelle, de la beauté de la Nature.
RECONNECTION AVEC LA NATURE, Un retour au source, images resplendissantes de magie. À l'affût de la réflexion de nous, une démarche de méditation, tout t'arrêter pour se retouver.
Quel beau film... lent, envoutant, des images superbes... j'ai adoré de me sentir à l'affût moi-même, à chaque plan fixe, cherchant un animal dans un rocher ou sous la neige... Hyper vigilance, émotions d'en voir un... Vraiment chouette. Et non, il ne parle pas trop...il nous laisse le temps... Bravo !
Elle se fait attendre et c'est une leçon. Elle est un vestige qu'il faut mériter, et le commentaire de Tesson magnifie l'impact de sa présence invisible. L'écrivain voyageur qui accompagne Munier, encore plus concis et sobre à la fois que dans son livre qui porte le nom du film, parle sans trop en dire. Quel que soit le niveau de sincérité de ses accès de lucidité, il faut quand-même saluer son aptitude à l'autodérision et la justesse de ses propos. Ses mots nous percutent le coeur, souvent, soulignant sobrement le caractère dérisoire de nos agitations si toxiques...,
Avant qu'elle n'apparaisse en majesté, le chercheur à l'affût capture pour nous tant d'instants de beauté à pleurer qu'on oublie parfois d'espérer sa venue. On tombe en arrêt devant des gros plans, des regards d'animaux qui nous ouvrent les yeux, des floutés qui ressemblent à des peintures rupestres, des paysages grandioses et minimalistes de roc, d'herbe, de neige et de ciel où l'oblique domine. On se rêve en préhistoire, on gamberge à ce qu'on a saccagé et on redescend sur terre subjugué.
Et puis elle daigne se montrer, la panthère des neiges, et c'est presque la fin de l'histoire. Il va falloir retourner vivre nos vies ordinaires, mais quelque chose en nous a peut-être changé.
C'est le moment de dire merci à Marie Amiguet et Vincent Munier, la belle équipe qui nous a montré un trésor. Et respect.
Quel film reposant, comme une parenthèse ouverte dans notre quotidien effréné, un moment pour respirer (par procuration) l'air frais des montagnes tibétaines (quels plans incroyables, on pourrait les encadrer chez soi), découvrir des animaux qu'on ne connaissait pas vraiment, et surtout repenser au rapport qu'on a avec la nature qui nous entoure...de moins en moins, justement. Sylvain Tesson, Vincent Munier et Marie Amiguet (camérawoman de l'expédition) s'embarquent dans une attente (un "affut") de plusieurs semaines afin d'essayer d'apercevoir celle qui est une légende dans les montagnes enneigées : la panthère. L'animal étant très sensible à l'approche de l'Homme, on nous fait prendre conscience rapidement que l'on n'aura que quelques minutes de vidéo à se mettre sous la dent, à la fin du film (grands profiteurs que nous sommes,à réclamer les images que le trio a mis des semaines à avoir !), mais on préfère cela largement, plutôt que de savoir qu'on a dérangé la Dame pour quelques gros plans à tout prix. On repense d'ailleurs au documentaire que Disney avait fait sur l'animal, avec ses 30 minutes de plans (alors que les tibétains eux-mêmes ont du mal à la voir une minute...) plutôt serrés, qui avaient cherché l’esbroufe plutôt que le respect de l'animal, et on préfère nettement ne la voir qu'une minute avec des explorateurs soucieux (et la Dame leur rend bien : voyez le show qu'elle fait devant leur caméra, incroyable générique de fin où l'on découvre tout le donnant-donnant du respect mutuel). Et en attendant, on ne s'ennuie pas, en réservant de très beaux plans des animaux locaux (yacks, chats sauvages, renards du Tibet, chouettes et passereaux... Tous déjà magnifiques). Évidemment les leçons de vie semblent toutes faites, mais elles n'en restent pas moins vraies, le rapport avec la Nature semble bien perdu, mais n'est pas une fatalité en soi (on peut toujours espérer). Ce documentaire presque silencieux, aux plans démesurés et aux animaux incroyables jusqu'à la Reine qui nous coupe le souffle dans le final, tout en La Panthère des neiges est reposant et dépaysant.
Une merveille de beauté, de sérénité, d'humilité. Un incroyable moment d'évasion et de réflexion. Un hymne à la nature et aux bêtes au travers d'images sublimes.
Je l'attendais avec impatience ce documentaire parce que je suis fan de certains livres de Sylvain Tesson et aussi fan de ce que fait le photographe Réalisateur Vincent Munier l'éternel émerveillé de la nature et des animaux, en voyant cette oeuvre, "La panthère des eniges" le livre (prix Renaudot 2019) est bien retranscrit à l'écran dans son ensemble !! Doté de belles images avec une équipe réduite dans des conditions difficiles dans les montagnes du Tibet, Sylvain Tesson et Vincent Munier décident de s'aventurer dans les hauteurs Asiatiques pour trouver une espèce rare de la civilisation animale "La panthère des neiges". Sur leurs chemins, ils visionneront des animaux de toutes espèces (ours, bouques etc..) avec un regard et un parler comme deux enfants cultivés , discuteront écologie et pertes d'espèces animaux sur notre planète. Il y a de superbes paysages , de belles rencontres, une expérience humaine qu'on apprend acteur et spectateur. Certains passages du livre de Sylvain Tesson sont gommés à l'écran comme le deuil de sa mère décédée et la séparation de sa conjointe qu'a vécu l'écrivain. Bref un joli film qui nous apèse et fait voyager dans un monde peu connu de la civilisation humaine d'aujourd'hui.
Excellent film avec de très belles images, les commentaires qui viennent les compléter justement. Le film amène une vraie réflexion sur notre façon de vivre et le rapport à la nature