Un film courageux, nécessaire. Nécessaire pour l'écologie et la lutte contre le pouvoir des lobbies, de l'argent, de la finance, de ceux qui d'en haut de la pyramide exploitent les modestes et ignorent leur détresse. Le film met en scène une réalité qui dérange forcément, avec deux jeunes-femmes engagées, qui aspirent à des valeurs simples, authentiques et respectueuses. Les acteurs sont tous beaux, justes et touchants d'humilité et d'humanité.
Captivant, l'histoire de l'agro food intensive en Bretagne et ses conséquences sur notre environnement avec la complicité de l'état, de la FNSEA Triste et révoltant ! Peux ton inverser le modèle ?
Écrit en collaboration avec la journaliste Inès Léraud à l'origine de l'enquête sur les algues vertes en Bretagne, ce film déroule avec clarté et sans concession pour les acteurs médiocres du mensonge institutionnel, l'enchaînement des faits qui ont conduit à la mort d'animaux et d'hommes. Rendons hommage à la ténacité et au courage d'Inès Leraud. Et aux personnes qui l'ont assisté durant sa longue enquête. Céline Sallette est comme toujours excellente, entourée d'autres talents (Nina Meurisse et Julie Ferrier entre autres). Le film est bien construit, bien monté, bien filmé et la bande son est de qualité . Une réussite. L'histoire donne néanmoins des nausées.
Une ode à la Bretagne où,au travers de l'enquête d'une journaliste têtue et attachante, sont abordé l'homosexualité, la misère paysanne, la puissance politique de la FNSEA, la difficile lutte des membres de l'association "eaux et rivières de Bretagne", la liberté de la presse, les conséquences environnementales de l'élevage intensif. A voir et à revoir sans modération.
Même s'il ne prétend pas être un chef d'œuvre du 7ème art, "Les algues vertes" est un film important du fait de son sujet : la dénonciation de l'omerta qui réunit l'industrie agroalimentaire, la FNSEA, certains services de l'état, la justice et de nombreux élus locaux contre celles et ceux qui cherchent à faire la lumière sur le scandale des algues vertes, ces "laitues de mer" qui, certes, ont toujours existé dans certaines baies de Bretagne mais qui, "nourries" par ce qui provient des exploitations agricoles de la région (En Bretagne, il y a 2 fois plus de porcs que d'habitants !), sont devenues un véritable fléau et ont causé de nombreux décès dus à l'inhalation de H2S (sangliers, joggers, chauffeur de camion de ramassage des algues vertes, ...). La journaliste Inès Léraud (par ailleurs ancienne élève de la Fémis et de l'École Louis-Lumière) s'est intéressée très tôt à ce sujet, au point de venir s'installer en 2015 avec sa compagne à Maël-Pestivien, au sud de Guingamp, au point de mener une enquête sérieuse en rencontrant, c'est évident, de nombreuses difficultés, au point de réaliser durant 2 saisons "Un journal breton" diffusé sur France Culture dans l'émission "Les pieds sur terre" et, enfin, au point d'adapter son reportage en 2019, avec le dessinateur Pierre Van Hove, dans la bande dessinée "Algues vertes, l'histoire interdite". De tout cela Pierre Jolivet a fait un film de fiction très proche de la réalité, Inès Léraud ayant participé au scénario et jouant le rôle de conseillère technique durant le tournage. C'est Céline Sallette qui a été choisie pour interpréter le rôle d'Inès Léraud, un choix particulièrement judicieux.
J’avoue qu’avant de découvrir ce film, j’ignorais la problématique des algues vertes en Bretagne… Je connaissais les risques d’intoxication au sulfure d’hydrogène, provenant de la décomposition des algues (phénomène physique bien connu des installations qui manipulent des algues en grande quantité). Mais je ne savais pas qu’il y avait une telle omerta en Bretagne. « Les Algues Vertes » s’inspire en fait d’une vraie enquête journalistique, qui a débouché sur des chroniques de radio, un livre, une BD, et donc ce long-métrage de fiction. Le message est assez clair : la Bretagne a été transformée en région d’agriculture intensive. Les engrais rejetés atteignent la mer, et provoquent le développement massif de ces algues. Qui échouent ensuite sur les plages, et font occasionnellement des victimes. Mais l’état, les élus, les syndicats agricoles ferment les yeux pour ne pas se remettre en question. La production et la sortie du film ne furent pas de tout repos. Interdiction de tournage dans certaines zones, financement hésitant de la région, refus de projeter le film au sein du conseil régional de Bretagne… Mais aussi des avant-premières visiblement très fréquentées. Ce qui prouve qu’indépendamment de ses qualités, le film a atteint son objectif : chatouiller et faire débattre du sujet. Quid de l’œuvre en elle-même ? On sent la volonté de tourner une sorte de « Erin Brockovich » à la française. Avec cette journaliste qui débarque dans un environnement immédiatement hostile. Où mis à part les victimes et les militants, tout le monde l’accueille froidement, si ce n’est violemment. Ce qui permet d’élaborer une certaine tension tout au long du film. Céline Sallette porte par ailleurs bien le rôle de cette journaliste déterminée, qui tombe peu à peu amoureuse de la Bretagne en décidant de vivre sur place pour mener son enquête. Tandis que la mise en scène tient la route, réalisée souvent caméra à l’épaule, apparemment pour contourner certaines interdictions de tournage (!). En revanche, le film a tendance à faire un peu de surplace une fois son message clairement évoqué. On a du mal à voir où vont nous conduire le récit et les enjeux, puisque l’on sait que le problème est toujours là. J’ai aussi été un peu gêné par le manque d’objectivité du scénario. L’idée que l’agriculture génère indirectement une prolifération d’algues fait sens, mais elle n’est jamais démontrée à l’écran. Les idées opposées sont immédiatement balayées, qualifiées sans explication de fumisterie et de lobby. De même, il y a cette scène où l’héroïne interviewe un dirigeant d’un grand syndicat agricole. Echange qui tourne rapidement au dialogue de sourd, la journaliste ne cherchant pas à écouter le bonhomme mais à lui imposer sa vérité. Question éthique et débat on aura vu mieux ! Certes, le film vise à se centrer sur cette journaliste qui visiblement fonctionne ainsi, mais tout de même…
La Bretagne : cette magnifique région vraiment à part, semblant un peu perdue au bout de la France, mais finalement au coeur de la mondialisation de par ses pratiques hyper industrialisées au niveau agroalimentaire. C'est ce paradoxe que va soulever la journaliste Inès Léraud (son vrai nom dans la vie réelle) : elle aime investiguer dans des affaires d'enjeux de santé public liés à l'environnement, ou plonger son nez dans des luttes contre la criminalité industrielle. Ce biopic retrace le combat de cette femme face au fléau des algues vertes sur ce territoire, une véritable menace toxique s'étant développée ici suite à la pollution des eaux et des sols en liaison directe avec l'expansion démesurée et incontrôlée de l'agriculture intensive. Une femme pleine de conviction et de courage, pour un film d'actualité réussi, convaincant et très intéressant. Du bon cinéma réaliste d'information. Site CINEMADOURG.free.fr
Un film d’investigation sur une omerta locale un peu trop sobre et didactique, mais sincère et engagé, porté par la pugnacité de la très convaincante Céline Sallette. 2,75
Un sujet fort et un film très bien documenté. Ça c'est pour le fond. Sur la forme, c'est malheureusement très plat, la réalisation est très datée, cela manque de rythme, les enchaînements sont laborieux et les dialogues semblent un peu récités. Mais le film doit être vu pour son côté pédagogique.
Inspiré de faits reels mais problème des algues vertes toujours pas résolu et difficile a résoudre car trop de partie éloigné entre écologiste , tourisme et agriculture. Film assez didactique , les acteurs sont pas mauvais mais parfois un peu longuet.