En 1817, Furcy, un esclave de l’Ile Bourbon (renommée depuis La Réunion) découvre à la mort de sa mère, qu’il est né de mère affranchie et intente un procès pour faire reconnaitre sa propre liberté...Un épuisant parcours du combattant qui durera prés de 30 années. Adaptant un récit historique de Mohammed Aïssaoui, « L'Affaire de l'esclave Furcy » le rappeur Abd al Malik est de retour au cinéma plus de dix ans après son premier film, une adaptation de son autobiographie, « Qu'Allah bénisse la France », « Furcy, né libre », est toujours un message, un film qui n'est pas sans faire résonner un écho dans le monde d'aujourd'hui mais qui s'arrime d'abord puissamment dans l'Histoire, au temps de l'esclavagisme sur l'île de la Réunion, dans les champs de canne à sucre. Le combat judiciaire de Furcy, pendant longues années, marque comme un symbole de toute une économie inhumaine et d'une époque où les esclaves étaient considérés par leurs maîtres comme des meubles (sic) et avait-on jamais vu une armoire réclamer son émancipation ? Non, n'est-ce pas... ? Inattaquable sur le fond, le film se démarque aussi sur la forme, avec des images parfois atroces et d'autres très belles...On lui reprochera son côté parfois didactique, les recours aux flash-backs sans doute nécessaires pour comprendre les difficultés de la lutte sans relâche de Furcy, on peut aussi lui reprocher une certaine grandiloquence, de temps en temps, et quelques détails comme le vieillissement des personnages, pas très convaincant... Abd al Malik met en avant les contradictions d'un pays qui connaît ses faiblesses et qui a veillé à se fabriquer une multitude de garde-fous, notamment juridiques, au cas où elle céderait à ses démons. À ce titre, le suspense judiciaire construit par le cinéaste rappeur et pendant lequel le spectateur explore le Code noir, s'avère efficace…Abd Al Malik donne un film éclairant, avec des acteurs solides, Makita Samba impose sa prestance et son éloquence, parfaitement accompagné par Romain Duris en procureur du Roi idéaliste, et Vincent Macaigne en propriétaire duplice... son "amour" de propriétaire d'esclave le rend détestable à l'envi...et par une foule de seconds rôles.