L’enquête s’épaissit, mais le charme s’évapore
Enola Holmes 2 tente de reprendre la formule du premier opus : une héroïne indépendante, des clins d’œil malins, un Londres élégant et un fond d’intrigue sociale. Mais cette fois, la mécanique s’enraye. Ce qui paraissait frais dans le premier devient ici répétitif, surjoué, et surtout étiré.
Millie Bobby Brown reste investie, vive, et garde cette énergie qui avait fait le sel du premier film. Mais le personnage d’Enola tourne un peu en rond, sans vraie évolution, et les adresses constantes au spectateur finissent par lasser. Le film parle beaucoup, court partout, mais avance peu.
L’enquête est plus complexe sur le papier, mêlant féminisme, luttes ouvrières et disparitions suspectes. Mais le mélange ne prend pas vraiment. Trop de pistes, de dialogues explicatifs, de scènes d’action mécaniques. Résultat : on décroche, même si la cause défendue est juste. Le propos social aurait mérité plus de sobriété.
Visuellement, c’est toujours très correct : décors, costumes, ambiance… tout est bien emballé. Mais la mise en scène manque de personnalité, et la musique comme le montage semblent parfois forcer le rythme artificiellement. Quant à Sherlock (Henry Cavill), il a plus de place, mais sans enrichir vraiment l’histoire, et sans qu’une vraie alchimie ne se crée entre frère et sœur.
Enola Holmes 2 voulait étoffer l’univers, muscler l’intrigue, poser des enjeux plus sérieux. Mais en perdant en spontanéité et en légèreté, il perd aussi en charme. Un film trop long, trop chargé, qui passe à côté de ce qui faisait la réussite du premier.