Des Feux dans la Plaine
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Yves G.

1 840 abonnés 4 004 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 9 juillet 2025
Dans une ville anomique du nord-est de la Chine, frappée par la crise industrielle, les chauffeurs de taxi sont en 1997 la cible d’un mystérieux tueur en série. Un policier, Jiang, espère piéger le meurtrier en se faisant passer pour un chauffeur de taxi. Une jeune fille, Li Fei, passionnée de dessin, rêve de quitter cette région déprimée pour le sud de la Chine. Son amoureux, Zhuang Shu, est en conflit avec son père qui s’enrichit sur le dos des ouvriers licenciés. Huit ans passent et le meurtrier court toujours.

Chef opérateur sur les films de Diao Yinan ("Black Coal", Ours d’or à Berlin en 2014, "Le Lac aux oies sauvages"), Zhang Ji a adapté un roman de Shuang Xuetao, traduit en anglais mais inédit en France. Il fait partie d’un mouvement artistique, la « renaissance Dongbei » qui, dans la littérature, la musique et le cinéma, évoque le déclin industriel de la Mandchourie et le mal-être de ses habitants.

"Des feux dans la plaine" ressemble à ces petits polars poisseux qui nous venaient de Chine dans la seconde moitié des années 2010 : "Un été à Changsha", "Les Éternels", "Une pluie sans fin"… Il n’a plus le parfum de nouveauté dont ces films étaient entourés. Son scénario est particulièrement difficile à suivre. Cette opacité interroge le spectateur occidental qui se demande si elle est la conséquence d’une volonté revendiquée du réalisateur ou si c’est la façon « normale » de raconter une histoire dans le cinéma chinois.

Cette opacité donne peut-être du sel à ce polar. Mais elle en constitue aussi la principale limite. Elle exige du spectateur une attention bien mal récompensée. On sort de la salle perplexe, triste de n’avoir pas tout compris, anxieux de reconstituer tous les éléments d’un puzzle dont on a peut-être saisi l’image d’ensemble mais dont on peine à distinguer les détails. Si on était consciencieux, on irait voir une seconde fois "Des feux dans la plaine" ; mais on se dit que le film ne le mérite pas et on reste bien seul avec ses questions irrésolues.
traversay1

4 473 abonnés 5 347 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2025
Les autorités chinoises ont mis du temps pour accorder le visa d'exploitation à Des feux dans la plaine, qui n'est pas un remake du classique de Kon Ichikawa, en dépit de la presque similitude de titre. Il est certain que l'image de la Chine, convoyée par le film, n'est pas très valorisante, montrant le nord-est du pays, en décrépitude industrielle, et sa jeune génération perdue, fantasmant sur l'eldorado du sud. Noir c'est noir et il n'y a guère d'espoir dans ce faux polar où les meurtres intéressent moins le réalisateur, Zhang Ji, dont c'est le premier long métrage, que l'atmosphère oppressante qu'il réussit à créer par sa mise en scène plutôt inspiré. Scindé en deux parties, séparées de 8 ans, Des feux de la plaine reste moins convaincant dans son scénario, aussi torturé que ses personnages, dont la psychologie apparaît parfois bien opaque. Si le contexte social prend une grande place, avec bonheur, l'histoire d'amour entre deux de ses jeunes protagonistes, aurait mérité un plus ample développement, pour nous toucher davantage. Globalement, d'ailleurs, le film ne cherche pas à insuffler une quelconque empathie, s'en remettant même, parfois, à des éclairs de violence qui paraissent aussi cathartiques que inutiles, pour montrer la déréliction des êtres et des paysages.
Maperrinx
Maperrinx

34 abonnés 111 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2025
Je mets 3 étoiles. Mais j'ai hésité entre 1 et 5; Les deux étaient exagérées. Le film, d'un point de vue strictement cinématographique, voire sociologique a beaucoup de mérite. Le portrait du quotidien chinois est offert sans concession, et de manière brillante, grace à la photographie, et au jeu d'acteurs. Par contre les incohérences de l'intrigue/scénario nous ramènent plusieurs fois au réel, malheureusement. ET parfois nous ne comprenons rien.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

367 abonnés 463 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2025
Un thriller existentiel dans une Chine rongée par l’effondrement moral.
Avec Des Feux dans la plaine, Zhang Ji signe une œuvre à la fois brutale et mélancolique, entre enquête policière, film noir et chronique sociale d’un monde en perdition.

Dans une ville du Nord-Est chinois rongée par la désindustrialisation, une série de meurtres secoue l’année 1997. L’affaire est vite enterrée, jusqu’à ce qu’un jeune policier, huit ans plus tard, rouvre l’enquête avec obstination. Ce qui aurait pu n’être qu’un polar de plus s’avère être une œuvre d’une densité rare, portée par une photographie aussi contrastée que les personnages qu’elle expose. Le film alterne entre reconstitution froide d’un crime et introspection existentielle, dévoilant peu à peu une société où les repères se sont évaporés. Dans cette Chine post-réformes, les destins individuels se brisent sous le poids de l’histoire, des inégalités et du vide spirituel. Zhang Ji, chef opérateur de formation, livre une mise en scène précise, presque clinique, mais profondément habitée.

Au cœur du récit, deux âmes errantes : Li Fei, jeune femme déterminée à fuir la misère, et Zhuang Shu, policier hanté par le passé. Leur amour est peut-être la seule lumière, mais dans un monde corrompu jusqu’à la racine, même cette étincelle semble vouée à s’éteindre. Des Feux dans la plaine n’offre aucune rédemption, seulement une lente prise de conscience : dans un univers dominé par le matérialisme, il ne reste que la dignité comme ultime refuge. Le nihilisme du propos est assumé, mais sans complaisance. Le film touche juste, car il parle de ceux qui vivent entre deux époques, deux classes, deux vérités. Un grand film noir, au sens le plus noble du terme.
islander29

1 025 abonnés 2 653 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juillet 2025
J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce polar noir chinois, par un maître du genre….Des crimes non élucidés, une chronologie binaire. Des acteurs exigeants, et un scénario peut être trop complexe qui crée une certaine confusion. Qu’importe, cette histoire de la fin des années 90, merveilleusement reconstituée dans le décors et les paysages sombres, souvent nocturnes, est tout fait passionnante et descriptive d’une chine tourmentée mais où visiblement les gens ont les pieds sur terre plus qu’en Occident, et ont de vrais sentiments…Je conseille volontiers.
Cinememories

582 abonnés 1 659 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 avril 2022
Après avoir débuté sur la photographie de « North by Northeast », Zhāng Jì sait où il va. Nous pourrions partir du même postulat, mais son film noir prend une direction plus mélodramatique. Il adapte ainsi une nouvelle de Shuang Xuetao, où la misère accompagnent lentement ou brutalement de nombreuses familles du nord-est, où les usines dégraissent en salarié et où la criminalité reste invisible. Tout cela n’est pas pour déplaire, mais ça atteint rapidement les limites de son récit, qui aura quasiment dévoilé toutes les coutures à l’heure du film. Ce qui n’empêche pas les protagonistes d’exister, car c’est finalement sur eux que repose toute une intrigue balisée.

En évitant les flashbacks récurrents de la nouvelle, le cinéaste chinois tente une approche linéaire, sur deux temporalités. La première est un désir naissant, non seulement d’un amour impossible entre Zhuang Shu (Liú Hào-Rán) et la jeune Li Fei (Zhōu Dōng-Yǔ), mais également d’une fuite. Ces deux âmes la convoitent avec assez de hargne pour oser la fugue ou s’enfoncer dans la délinquance. C’est une sur un bûcher dans un champ que l’on ouvre le film, comme s’il s’agissait d'un appel ou d’une alerte. Est-il symbole de destruction ou un phare dans la brume ? Nous avançons dans le récit avec cette interrogation à l’esprit, tandis que l’on dépeint les quartiers insalubres et la situation précaire des habitants, qui sont dans l’obligation de tricher pour ne pas se ruiner.

Fentun possède ainsi une aura particulière en cette période hivernale, où le plus gros du bétail est immobilisé. Il reste toutefois de l’espoir, en regardant deux adolescents se promener entre deux épaves, où chacun tient la promesse de l’autre, une promesse commune et pourtant brisée par un coup du sort décisif vers un deuxième acte plus boiteux. En l’espace de quelques années, les rôles s’inversent. Zhuang replonge dans une enquête, comme s’il revenait sur les traces de ses regrets. L’ellipse sonne comme un épisode manqué qu’il convient de combler par cette recherche de réponses. Les cadavres ont sans doute fini de pleuvoir sur la cité, mais le film s’intéresse alors aux fantômes qui continuent de hanter ces lieux.

En considérant la présence de Diao Yinan (Black Coal, Le Lac aux oies sauvages) comme producteur, nous sommes en droit de reconnaître une patine stylisée, que l’on emprunte volontiers, afin de générer toute la tension nécessaire. Zhāng Jì n’a donc plus qu’à aligner les arguments essentiels de son premier film, pour que « Des feux dans la plaine » (Ping yuan shang de huo yan) s’imprime dans la rétine. Ironiquement, ce sera davantage dans un univers glacial que l’on évolue, où le flic et la femme fatale gagneront en indépendance et triompheront peut-être de leur passé respectif, au prix de quelques balles perdues.
selenie

7 437 abonnés 6 640 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2025
Le scénario ne reprend pas la narration du roman qui alternait avec de nombreux flashbacks, mais opte pour un récit plus linéaire scindé en deux parties. L'atmosphère est d'une noirceur et d'un pessimisme omniprésent, les acteurs sont très bons mais si on est séduit d'emblée on comprend vite que l'intrigue est plus que nébuleuse, on n'y comprend pas grand chose mais on se laisse faire tranquillement, d'abord parce que les personnages sont bien croqués, que les rebondissements et les interactions entre les différents protagonistes laissent envisager une conclusion encore plus passionnante et/ou surprenante... SPOILERS voir site !... Ainsi l'intrigue reste trop artificielle, trop floue pour convaincre et repose donc beaucoup trop sur un climax oppressant et un scénario trop tortueux dont une idylle qui ne prend jamais ni sur le fond ni sur la forme ce qui engonce une émotion pourtant nécessaire quand il s'agit d'amour. Un premier film ambitieux et prometteur mais au final plutôt inabouti et bancal. Dommage pour ce coup d'essai mais nous attendons dans le même temps le prochain film avec impatience.
Site : Selenie
Pascal
Pascal

252 abonnés 2 386 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 juillet 2025
Si le polar chinois m'a laissé des souvenirs formidables ( je pense à " black coal " ou à " une pluie sans fin " ), d'autres titres m'ont eux sacrement déçus ( " le lac aux oies sauvages" ou " only the river flows ").

C'est dans la seconde catégorie que je rangerai ce " des feux dans la plaine". La maîtrise des appareils, de l'image ne sont pas à mettre en cause et laissent même supposer pendant la première demi-heure que le meilleur est en gestation.

Ca ne sera malheureusement pas le cas. Le cinéaste ne parvient pas à donner une incarnation à ses personnages et échoue à traduire au plan émotionnel ce qui les lie. Le second volet du scénario, au lieu de relancer l'intrigue comme on pouvait l'espérer, plombe définitivement l'ensemble.

Le résultat n'est pas honteux, ni compliqué à suivre où à comprendre, c'est juste bizarrement trop fade !
E di Rienzo
E di Rienzo

4 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 juillet 2025
Ce film n’a absolument rien d’original ni de nouveau. C’est comme voir un film de Diao Yinan dont l’écriture serait approximative. Le thème principal est identique à celui de "Une Pluie sans fin "(2017) à savoir des meurtres non résolus et une fermeture d'usine dans le cadre de la restructuration de l’économie chinoise amorcée à la fin des années 1980 avec la disparition de pans entiers de complexes industriels d’état devenus non rentables (et leur remplacement par des structures plus petites avec une ouverture de plus en plus prononcée vers le secteur privé)

De bien meilleurs polars sortent régulièrement sur les écrans chinois J’ai par exemple été assez impressionné par «The River of Fury» (un premier film sorti fin Mars) ou bien par le nouveau film de Gao Baoping (un maitre du polar chinois dont seulement «The Dead End» de 2015 est connu en Europe), vu en Juin au Festival de Shanghai. Celui-ci est sorti sur les écrans chinois le 8 Mars dernier. Il a été mal noté sur l’équivalent chinois de «Allo Ciné» et n’est pas resté longtemps à l’affiche

La ville de Fentun où se déroule l’histoire est une ville……du sud située dans la province de Guangdong, pas très loin de Canton et Shenzhen. La protagoniste ne rêve pas de migrer du nord au sud du pays mais du nord au sud de sa province: d’aller dans la très grande ville la plus proche

Les deux acteurs principaux étaient déjà à l’affiche de «Un Hiver à Yanji» (d’Anthony Chen, distribué en France en 2023 mais dont le tournage est postérieur). Je me demande d’ailleurs ce que Zhou Dongyu (une star très populaire) est allée faire dans celui-ci. En tout cas, sa présence cette fois n’a nullement attiré le public
remyll
remyll

254 abonnés 569 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 juillet 2025
Le réalisateur parvient très bien à transposer à l’écran la Chine des « campagnes industrielles » du cœur de cet immense pays où l’ambiance est toujours assez misérable et bien peu engageante en cette fin du 20eme siècle. Atmosphère désespérément glauque, éclairage au néon glacial des habitations privées comme des bureaux ou des usines, très peu de routes goudronnées : bref ici ça ne rigole jamais et les satisfactions sont bien rares. Le thriller dans un tel contexte est malgré tout bien mené et on admirera plus particulièrement les actrices aux regards bien séduisants et aux mains si longues, fines et élégantes malgré tout ce qui leur arrive.
jean loup zamboni
jean loup zamboni

22 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 juillet 2025
La photo est volontairement sombre, mais il y a tout de même des limites au parti pris esthétique : il est des moments où on ne distingue même pas les personnages. L'intrigue est confuse et les raccourcis scénaristiques parfois risibles. Mon voisin s'est endormi profondément après la première demi-heure; je l'ai rassuré pendant le générique final, il n'avait rien raté.
mat niro

458 abonnés 2 149 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 décembre 2025
Découpé en deux parties à 7 années d'intervalle, spoiler: "Des feux dans la Plaine" est une enquête policière qui sert surtout à nous conter une histoire d'amour improbable. De délinquant à policier, Liu suit une affaire sur une série de meurtres de chauffeurs de taxi tout en gardant en tête un rendez-vous manqué avec une jeune femme. Ce tableau de la jeunesse chinoise est à la fois superbe mais surtout désespéré dans une région les usines ferment les unes après les autres
. J'ai rarement vu un film chinois aussi sombre. Ji Zhang signe un ensemble aussi captivant que noir.
Paul B
Paul B

88 abonnés 1 480 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2025
Survendu par la critique du Télérama c'est déçu que je suis ressorti de cette projection. L'intrigue est convenue, les acteurs ne sont pas toujours bons et le tout est difficile à suivre pour de mauvaises raisons.

Dommage.
Kat's eyes
Kat's eyes

66 abonnés 538 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 juillet 2025
Un polar divisé en deux chapitres assez hétérogènes. Le premier est lent, descriptif et assez contemplatif, jusqu'à la dernière scène qui marque le tournant du film. La seconde partie est plus dynamique et touffue, mais également plus indigeste côté violence. Pour résumer, une curiosité cinématographique intéressante mais inégale.
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juillet 2025
Un polar honnête avec un scénario très sophistiqué qui a surtout l'intérêt de représenter une facette de la Chine profonde.
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