Très différent du premier Opus , on retrouve bien les mêmes personnages, mais dans un mode plus apaisé, on est presque dans du marivaudage, dans un climat aux très bons dialogues à la « Rohmer ». Les jeunes se courtisent, croisent leurs sentiments, ils flirtent, on ne sait plus qui aime qui , tout cela est très mignon, presque romantique .
Bien sûr on retrouve les deux grandes forces de Kechiche , ce qui fait son unicité : en premier la manière de filmer les corps, au bord la plage, en séance de picnic encore, ces corps qui transpirent, en plein soleil , les mini deux pièces, les bouts de seins qui dépassent , un érotisme latent incroyable qu’il est le seul à savoir filmer. Remarquable qualité d’image, lumière naturelle de captation du soleil irradiant,
Idem pour la seule scène « sensuelle », car cet opus est beaucoup plus sage, mais cette scène est, là aussi, sublime , les corps transpirent, se contorsionnent, on est dans du réel, c’est sauvage, presque animal, et bravo à l’actrice Jessica Pennington , sa performance est énorme. Seul Kechiche sait filmer le sexe avec cette pertinence.
Et puis cette manière de filmer la jeunesse avec tant de naturel, les dialogues, sont à la fois écrit au cordeau, mais on a l’impression de surprendre une conversation privée, en cachette, un peu comme des voyeurs. Cette force de transcendance des acteurs est une autre marque du réalisateur.
Les dernières 20 minutes sont très différentes on quitte le marivaudage, la post adolescence, naïve et généreuse, on passe à l’âge adulte, avec le drame qui survient. C’est plus violent, on retrouve le « drama » et l’hystérie, poussé à bout. C’est astucieux et très fort. Une fois encore cette actrice américaine que l’on ne connaissait pas est formidable (d’ailleurs rentrée aux USA , elle a arrêté le cinéma, elle fait autre chose, dommage !!) , elle s’intègre parfaitement à l’univers Kechichien,
Peut- être la partie la moins lumineuse, un peu plus lourd, mais qui nous amène sur un fin complétement ouverte , sur tous les sujets ,et qui laissait bien penser qu’il aurait pu y avoir un opus 3 .( 4 si compte « l’invisible » Intermezzo.)
A noter qu’il y a aussi beaucoup d’humour dans cet opus , on rigole, on sourit souvent, très finement, bien vu.
Les intermèdes musicaux avec les sonates de Bach , ou les chansons « rai » sont très bien cadencés.