Note moyenne
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On ne sait si Canto Due est le deuxième chant conçu à l’origine par Abdellatif Kechiche, compte tenu des louvoiements personnels et politiques de ce dernier. Quoi qu’il en soit, il semble davantage, tel que visible aujourd’hui, constituer un second chant, soit l’autre volet d’un tableau impressionniste, plus sombre : la consommation des corps et de la vie d’une jeunesse baignée de soleil devient celle d’un monde capitaliste marqué par une américanisation des codes, le couscous englouti par l’actrice Jessica signifiant à la fois son désir inassouvi, vecteur de frustrations et de boulimie, et son appétit de corps et de cultures n’ayant vocation qu’à la satisfaire – elle veut toujours plus de sauce... L’écriture emprunte consciemment au feuilleton télévisé avec la reprise de certains codes – la villa isolée, la solitude d’une femme qui ne trouve pas de bonheur véritable dans son foyer, l’approche exotique de la culture franco-tunisienne – auxquels Kechiche ajoute un discours relatif à la violence des milieux sociaux en présence, au malaise superbement étiré par la durée des séquences. Le détour initial par le roman de Kessel annonce cette articulation de trois paramètres (des milieux sociaux distincts, un changement géographique, le désir prédateur) qui menacent à tout moment d’ébranler la progression dramatique du scénario, lui associé à la pureté et à l’innocence.
L’idée brillante du film tient au choix de faire d’Amin aussi bien une personne sensible – même si sa caractérisation moraliste tend à l’éteindre souvent, à la différence du premier opus – qu’un personnage allégorique, incarnation du scénario en tant que support où règnent le contrôle de l’univers et l’expression d’idéaux. La réalisation du film devient alors un acte chaotique parce que soucieuse de dévorer les corps en présence, loin du régime végétarien adopté par Amin : spoiler: la scène de découverte de l’adultère confond habilement l’acte scénaristique (l’observation d’Amin) et l’acte de réalisation, figurée par l’irruption du mari puis les coups de feu à destination de l’amant.
Quelques longueurs çà et là, surtout en fin de parcours, qui insistent inutilement sur une gravité que nous percevions sinon très bien. Reste une œuvre intelligente et tout entière dédiée au dynamisme des relations humaines.
L’idée brillante du film tient au choix de faire d’Amin aussi bien une personne sensible – même si sa caractérisation moraliste tend à l’éteindre souvent, à la différence du premier opus – qu’un personnage allégorique, incarnation du scénario en tant que support où règnent le contrôle de l’univers et l’expression d’idéaux. La réalisation du film devient alors un acte chaotique parce que soucieuse de dévorer les corps en présence, loin du régime végétarien adopté par Amin : spoiler: la scène de découverte de l’adultère confond habilement l’acte scénaristique (l’observation d’Amin) et l’acte de réalisation, figurée par l’irruption du mari puis les coups de feu à destination de l’amant.
Quelques longueurs çà et là, surtout en fin de parcours, qui insistent inutilement sur une gravité que nous percevions sinon très bien. Reste une œuvre intelligente et tout entière dédiée au dynamisme des relations humaines.
J'avais du premier seulement quelques souvenirs et images, notamment d'un film fleuve et presque feuilletonesque aux dialogues souvent anecdotiques, mais aussi d'une ambiance solaire particulièrement enthousiasmante. Même sans avoir plus en tête, il est tout à fait possible de suivre ce Canto Due, qui introduit deux nouveaux personnages d'acteurs américains, lesquels viennent d'ailleurs contaminer l'harmonie presque parfaite du premier.
Le film garde ainsi son atmosphère solaire, mais il introduit des conflits et des difficultés absents du premier, pour n'aboutir à aucune conclusion certaine. Entre temps, ce Canto Due étire encore ses scènes qui flottent dans un cadre temporel aux contours flous, et sans projet narratif évident. Kechiche préfère en effet capter des moments pour en restituer leur intensité, ce qu'il réussit avec plus ou moins de bonheur, trouvant à force de scènes un sujet, un personnage fascinant et dramatique (c'est-à-dire moteur du récit) dans Jessica, et dans Amin un centre moral positif, quoique parfois ambigu. Si je trouve ce Canto Due parfois trop lent, même pénible quand ses dialogues tournent en rond ou restent désespérément creux, j'en retiens pourtant surtout un certain nombre de scènes extraordinaires, dont la dernière à l'hôpital, qui conjugue avec un œil d'une précision, d'une justesse, et d'un réalisme incroyables la tragédie et la comédie.
Le film garde ainsi son atmosphère solaire, mais il introduit des conflits et des difficultés absents du premier, pour n'aboutir à aucune conclusion certaine. Entre temps, ce Canto Due étire encore ses scènes qui flottent dans un cadre temporel aux contours flous, et sans projet narratif évident. Kechiche préfère en effet capter des moments pour en restituer leur intensité, ce qu'il réussit avec plus ou moins de bonheur, trouvant à force de scènes un sujet, un personnage fascinant et dramatique (c'est-à-dire moteur du récit) dans Jessica, et dans Amin un centre moral positif, quoique parfois ambigu. Si je trouve ce Canto Due parfois trop lent, même pénible quand ses dialogues tournent en rond ou restent désespérément creux, j'en retiens pourtant surtout un certain nombre de scènes extraordinaires, dont la dernière à l'hôpital, qui conjugue avec un œil d'une précision, d'une justesse, et d'un réalisme incroyables la tragédie et la comédie.
Le vrai point noir reste la construction narrative, ou plutôt son absence de résolution. Comme le premier film, celui-ci referme sa parenthèse sans jamais boucler les arcs de ses personnages, préférant la fin ouverte au dénouement. Le procédé fonctionnait à la rigueur une fois, en pari sur une suite à venir ; répété une seconde fois, il devient frustrant, presque un tic d’auteur qui esquive le moment où il faudrait trancher. Il y avait pourtant matière à conclure quelque chose — sur Ophélie, sur Amine, sur ce basculement générationnel qu’annonce tout le film — et Kechiche s’y refuse. Dommage.
Dernier volet de la trilogie Mektoub, My Love d’Abdellatif Kechiche, même si nous n’avons toujours pas pu découvrir Intermezzo. Ce Canto Due reste dans la lignée du premier film, tout en adoptant un ton différent, assurément moins léger, plus dramatique et plus sérieux. On retrouve avec plaisir les mêmes acteurs et la même équipe, avec seulement deux nouveaux personnages, un couple d’Américains, qui viennent s’intégrer à l’histoire. Kechiche reste fidèle à son cinéma, à ses personnages et à cette manière très particulière de les filmer et de les faire vivre.
Au final, une suite forcément différente, plus grave, mais pour moi aussi réussie que le premier volet.
Au final, une suite forcément différente, plus grave, mais pour moi aussi réussie que le premier volet.
VIDE VIDE VIDE intersidéral ! Dialogues minables scénario minable longueurs interminables…. Même le seul moment où il se passe enfin quelque chose est à passer en vitesse rapide … j’ai perdu 2h55 de vie
Après le Canto uno, on serait tenté de dire : on prend les mêmes, et on recommence. Mais non, Kechiche innove. Certes, il y a toujours un voyeur (le rôle dont rêve le réalisateur) et une exhibitionniste, mais cette fois, elle est américaine – et grassouillette. Au moins Ophélie Bau avait un peu d’allure. Sinon, le verbiage est toujours omniprésent, mais pas le scénario, qu’il convient de deviner. Il y a néanmoins un événement dramatique vers la fin, sans doute afin de réveiller les spectateurs somnolents, mais personne n’y croit vraiment car, comme auteur de thrillers, le réalisateur repassera. De ton côté, cinéphile, passe ton chemin !
Ce qui est exceptionnel dans le cinéma de Kechiche, c’est le naturel des acteurs. Je ne sais pas quel est son secret pour les diriger mais ils ont vraiment une façon de parler et de se mouvoir qui est comme dans la vie, ça ne relève plus du cinéma. La contrepartie c’est qu’on se retrouve collés à assister à des dialogues du quotidien ternes et dépourvus d’intérêt, qui s’étirent sur une durée réelle.
Bon heureusement que chez Kechiche, aussi, il y a de la fesse. Autrement on s’ennuierait. Sur ce point, on ne se lasse pas des escapades érotiques de l’indécrottable Tony, qui pourrait avoir pour leitmotiv « The ass is yours » (d’un Tony l’autre !). Non content d’engrosser la fiancée d’un militaire parti en opération extérieure, il saute allègrement le pas avec la femme d’un richissime producteur californien (euphémisme ?), moins inoffensif que son aspect de pré-vieillard flegmatique le laissait penser. Étonnant vaudeville au beau milieu d’un film sans queue ni tête, au contraire du dit Tony.
Bon heureusement que chez Kechiche, aussi, il y a de la fesse. Autrement on s’ennuierait. Sur ce point, on ne se lasse pas des escapades érotiques de l’indécrottable Tony, qui pourrait avoir pour leitmotiv « The ass is yours » (d’un Tony l’autre !). Non content d’engrosser la fiancée d’un militaire parti en opération extérieure, il saute allègrement le pas avec la femme d’un richissime producteur californien (euphémisme ?), moins inoffensif que son aspect de pré-vieillard flegmatique le laissait penser. Étonnant vaudeville au beau milieu d’un film sans queue ni tête, au contraire du dit Tony.
Très très bon film. Je l’ai vu avant le 1er et ce n’était pas gênant. Les acteurs sont tous très justes, pleins de vie, on partage leur été
On retrouve les protagonistes du Canto Uno dans cette suite très en-deçà, la faute à ce couple de stars intrus duquel découlent des scènes pénibles et sans intérêt. Les dialogues en (mauvais) anglais finissent par achever.
"Deux salles, deux ambiances" pour ce "Mektoub, my Love : Canto Due" qui, même si c'est une suite, n'a vraiment rien à voir avec le premier volet.
On se dit au début que Kechiche va prendre les mêmes et recommencer (ce qui aurait été d'un ennui inévitable), mais en fait non : du film solaire et contemplatif, il ne reste pas grand chose et on passe à une histoire qui ne sent presque plus les vacances et dont les 40 dernières minutes basculent même dans le polar avec une fin....qui laisse sur sa faim.
Bref, une suite qui ne sert pas à grand chose et qui aurait probablement pu faire l'objet d'un film sans Amin et toute sa bande...
On se dit au début que Kechiche va prendre les mêmes et recommencer (ce qui aurait été d'un ennui inévitable), mais en fait non : du film solaire et contemplatif, il ne reste pas grand chose et on passe à une histoire qui ne sent presque plus les vacances et dont les 40 dernières minutes basculent même dans le polar avec une fin....qui laisse sur sa faim.
Bref, une suite qui ne sert pas à grand chose et qui aurait probablement pu faire l'objet d'un film sans Amin et toute sa bande...
Ennuyeux au possible alors des belles images.....Mais ça transpire l'ennui une seul hâte que se soit terminé. Rien d'autre à dire
Vu en peu de temps Canto Uno et Canto due.
Je ne m'attendais à rien, sinon à être déçu suite aux polémiques dont je ne me souviens que du bruit.
Et soudain, de la totalité du casting au montage en passant par l'écriture, du grand cinéma.
Que ça fait du bien !
Je ne m'attendais à rien, sinon à être déçu suite aux polémiques dont je ne me souviens que du bruit.
Et soudain, de la totalité du casting au montage en passant par l'écriture, du grand cinéma.
Que ça fait du bien !
Ayant relativement bien aimé le premier opus qui n'avait pourtant pas grand-chose à raconter, j'ai trouvé le second moins bon alors que ça narre plus de choses, notamment grâce à l'introduction du couple d'américains ! Dans cette suite, si Abdelattif Khechiche filme moins les corps des femmes de trop près, il insiste toujours pour nous pondre des séquences à rallonge parfois vaines avec des dialogues de temps à autres totalement inintéressants ! Certes, ça fait documentaire, donc naturaliste, mais quand on filme du vide, pas grand-chose n'en émerge ! Je retiendrais toutefois une scène intéressante (celle de l'hôpital), ainsi que le jeu de Jessica Pennington que je ne connaissais pas et que j'ai trouvé parfaite pour son rôle, mais c'est bien tout ce qu'il y aura à sauver sur un métrage durant la bagatelle de 2h20 !
Mazette, quelle catastrophe !
Ce n'est pas un film, c'est un pensum. Tout est raté : la mise en scène est convenue, les acteurs surjouent et le scénario est d'une rare vacuité.
Après les nombreuses polémiques de ces dernières années, défendre le génie de Kéchiche demandait beaucoup ce hardiesse. Kéchiche remercie ses fans en leur offrant ce film sans saveur. Ce faisant, il est parvenu à mettre tout le monde d'accord : son cinéma n'a plus rien de créatif. Triste.
Ce n'est pas un film, c'est un pensum. Tout est raté : la mise en scène est convenue, les acteurs surjouent et le scénario est d'une rare vacuité.
Après les nombreuses polémiques de ces dernières années, défendre le génie de Kéchiche demandait beaucoup ce hardiesse. Kéchiche remercie ses fans en leur offrant ce film sans saveur. Ce faisant, il est parvenu à mettre tout le monde d'accord : son cinéma n'a plus rien de créatif. Triste.
Quelques scènes sympathiques, personnage principal attachant, mais c’est quand même 2 heures de visionnage pour quelque chose de pas transcendant. Vite oublié après le visionnage alors que le film était plutôt attendu. Dommage.
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