Le vrai point noir reste la construction narrative, ou plutôt son absence de résolution. Comme le premier film, celui-ci referme sa parenthèse sans jamais boucler les arcs de ses personnages, préférant la fin ouverte au dénouement. Le procédé fonctionnait à la rigueur une fois, en pari sur une suite à venir ; répété une seconde fois, il devient frustrant, presque un tic d’auteur qui esquive le moment où il faudrait trancher. Il y avait pourtant matière à conclure quelque chose — sur Ophélie, sur Amine, sur ce basculement générationnel qu’annonce tout le film — et Kechiche s’y refuse. Dommage.
Dernier volet de la trilogie Mektoub, My Love d’Abdellatif Kechiche, même si nous n’avons toujours pas pu découvrir Intermezzo. Ce Canto Due reste dans la lignée du premier film, tout en adoptant un ton différent, assurément moins léger, plus dramatique et plus sérieux. On retrouve avec plaisir les mêmes acteurs et la même équipe, avec seulement deux nouveaux personnages, un couple d’Américains, qui viennent s’intégrer à l’histoire. Kechiche reste fidèle à son cinéma, à ses personnages et à cette manière très particulière de les filmer et de les faire vivre.
Au final, une suite forcément différente, plus grave, mais pour moi aussi réussie que le premier volet.
VIDE VIDE VIDE intersidéral ! Dialogues minables scénario minable longueurs interminables…. Même le seul moment où il se passe enfin quelque chose est à passer en vitesse rapide … j’ai perdu 2h55 de vie
Après le Canto uno, on serait tenté de dire : on prend les mêmes, et on recommence. Mais non, Kechiche innove. Certes, il y a toujours un voyeur (le rôle dont rêve le réalisateur) et une exhibitionniste, mais cette fois, elle est américaine – et grassouillette. Au moins Ophélie Bau avait un peu d’allure. Sinon, le verbiage est toujours omniprésent, mais pas le scénario, qu’il convient de deviner. Il y a néanmoins un événement dramatique vers la fin, sans doute afin de réveiller les spectateurs somnolents, mais personne n’y croit vraiment car, comme auteur de thrillers, le réalisateur repassera. De ton côté, cinéphile, passe ton chemin !
Ce qui est exceptionnel dans le cinéma de Kechiche, c’est le naturel des acteurs. Je ne sais pas quel est son secret pour les diriger mais ils ont vraiment une façon de parler et de se mouvoir qui est comme dans la vie, ça ne relève plus du cinéma. La contrepartie c’est qu’on se retrouve collés à assister à des dialogues du quotidien ternes et dépourvus d’intérêt, qui s’étirent sur une durée réelle. Bon heureusement que chez Kechiche, aussi, il y a de la fesse. Autrement on s’ennuierait. Sur ce point, on ne se lasse pas des escapades érotiques de l’indécrottable Tony, qui pourrait avoir pour leitmotiv « The ass is yours » (d’un Tony l’autre !). Non content d’engrosser la fiancée d’un militaire parti en opération extérieure, il saute allègrement le pas avec la femme d’un richissime producteur californien (euphémisme ?), moins inoffensif que son aspect de pré-vieillard flegmatique le laissait penser. Étonnant vaudeville au beau milieu d’un film sans queue ni tête, au contraire du dit Tony.
On retrouve les protagonistes du Canto Uno dans cette suite très en-deçà, la faute à ce couple de stars intrus duquel découlent des scènes pénibles et sans intérêt. Les dialogues en (mauvais) anglais finissent par achever.
"Deux salles, deux ambiances" pour ce "Mektoub, my Love : Canto Due" qui, même si c'est une suite, n'a vraiment rien à voir avec le premier volet. On se dit au début que Kechiche va prendre les mêmes et recommencer (ce qui aurait été d'un ennui inévitable), mais en fait non : du film solaire et contemplatif, il ne reste pas grand chose et on passe à une histoire qui ne sent presque plus les vacances et dont les 40 dernières minutes basculent même dans le polar avec une fin....qui laisse sur sa faim. Bref, une suite qui ne sert pas à grand chose et qui aurait probablement pu faire l'objet d'un film sans Amin et toute sa bande...
Vu en peu de temps Canto Uno et Canto due. Je ne m'attendais à rien, sinon à être déçu suite aux polémiques dont je ne me souviens que du bruit. Et soudain, de la totalité du casting au montage en passant par l'écriture, du grand cinéma. Que ça fait du bien !
Ayant relativement bien aimé le premier opus qui n'avait pourtant pas grand-chose à raconter, j'ai trouvé le second moins bon alors que ça narre plus de choses, notamment grâce à l'introduction du couple d'américains ! Dans cette suite, si Abdelattif Khechiche filme moins les corps des femmes de trop près, il insiste toujours pour nous pondre des séquences à rallonge parfois vaines avec des dialogues de temps à autres totalement inintéressants ! Certes, ça fait documentaire, donc naturaliste, mais quand on filme du vide, pas grand-chose n'en émerge ! Je retiendrais toutefois une scène intéressante (celle de l'hôpital), ainsi que le jeu de Jessica Pennington que je ne connaissais pas et que j'ai trouvé parfaite pour son rôle, mais c'est bien tout ce qu'il y aura à sauver sur un métrage durant la bagatelle de 2h20 !
Mazette, quelle catastrophe ! Ce n'est pas un film, c'est un pensum. Tout est raté : la mise en scène est convenue, les acteurs surjouent et le scénario est d'une rare vacuité. Après les nombreuses polémiques de ces dernières années, défendre le génie de Kéchiche demandait beaucoup ce hardiesse. Kéchiche remercie ses fans en leur offrant ce film sans saveur. Ce faisant, il est parvenu à mettre tout le monde d'accord : son cinéma n'a plus rien de créatif. Triste.
Quelques scènes sympathiques, personnage principal attachant, mais c’est quand même 2 heures de visionnage pour quelque chose de pas transcendant. Vite oublié après le visionnage alors que le film était plutôt attendu. Dommage.
Il me semble plus intéressant de faire abstraction du tome 1 (Mektoub My Love : Canto Uno ) présenté il y a sept ans , pour tenter de comprendre ce que nous apporte ce film, étranger dès lors à toute autre référence. Grosso modo , on passe ici de la déception à la désillusion, du cinéma en particulier que Kechiche démonte à travers la personnalité d’un couple d’américains, elle comédienne de série-tv, lui réalisateur. Ils vont rentrer dans le jeu de cette bande de jeunes qui aspirent à toujours plus de liberté et de bonheur, quand les petits problèmes grossissent inexorablement. Mais l’heure demeure à l’insouciance, et aux plaisirs des corps que le réalisateur filme à l’envie. Celui du film entrevoit le rêve hollywoodien pour Amin aspirant-cinéaste. C’est long, empreint de poncifs, qui s’effacent sur l’épilogue enfin prenant. Cette fin que Kechiche filme dans une optique délibérément policière ( tension, investigation, fuite … ) pour faire le cinéma qui nous a manqué auparavant. Mais c’est quand même bien tard. AVIS BONUS Conférence de presse à Locarno avec la sémillante Daniela Persico
En tant que Nord-Américain, je suis d'avis que ce Mektoub my Love "Canto Due" incarne le pire du cinéma français : dialogues aussi longs que vides (trop souvent en franglais) qui ne vont nulle part, personnages brouillons aux prises avec une caméra contemplative multipliant les scènes interminables où il ne se passe rien, touristes américains stéréotypés à en frôler le ridicule, personnage d'Amin d'une passivité, d'une faiblesse de caractère incompréhensibles, dernier tiers de typespoiler: "ciel mon mari" digne d'un vaudeville dont on aurait égaré le scénario et finale inaboutie des plus décevante spoiler: qui laisse craindre l'éventualité d'une suite . Écouté jusqu'à la fin par principe, ce film est probablement le plus ennuyeux à être sorti sur un écran dans la dernière décennie. Il y a certes de la lumière, des beaux gars, des belles filles luisantes de crème solaire, une jolie villa et de belles voitures, mais cela ne suffit pas à faire un film ; il faut aussi avoir quelque chose à raconter !