Pré apocalypse
Voilà le 1er long métrage de Stephan Castang qui sort sur nos écrans. Ces 108 minutes, parfois à la limite du soutenable, constituent un OVNI dans le paysage du cinéma hexagonal. Du jour au lendemain, Vincent est agressé à plusieurs reprises et sans raison par des gens qui tentent de le tuer. Son existence d’homme sans histoires en est bouleversée et, quand le phénomène s’amplifie, il n’a d’autre choix que de fuir et de changer son mode de vie. Ça tient à la fois, du drame, du fantastique, du thriller et du film d’épouvante. On est en droit de ne pas aimer ce type de films, pour ma part, j’ai trouvé là beaucoup de qualité, de culot et une interprétation de grande qualité.
Décidément, depuis quelques années, le Festival de Cannes s’ouvre de plus en plus fréquemment au cinéma de genre, en l’occurrence, au film d’épouvante. Celui-ci, présenté à la Semaine de la Critique, arrive sur nos écrans précédé d’une flopée de récompenses en tous genres à Neuchâtel, Namur, Londres… Traîté comme un cauchemar pré-apocalyptique, ce film névrosé nous parle de l’hostilité de notre monde, où tout peut basculer pour un regard, jusque dans l’extrême violence. Vincent, le héros, n’est ni sympathique, ni antipathique, seulement content de lui et souvent agaçant, mais on va suivre avec fascination cet inexplicable enchaînement de violence qui va s’abattre sur lui. La démonstration est poussée à son paroxysme et peut déranger. Mais il faut reconnaître les qualités visuelles, de nervosité du montage et surtout l’excellente prestation du casting.
J’ai parlé de « culot » dans mon 1er paragraphe. Il en a fallu à ce réalisateur néophyte pour cumuler les difficultés avec vraisemblablement un budget minime. Scènes de foule, tournage avec un chien, avec des enfants, des cascades, de multiples décors… bref, rien pour faciliter la tâche pour un 1er film. Heureusement, je le répète, celui-ci est porté par un Karim Leklou extraordinaire. Il est accompagné par la toujours craquante Vimala Pons, beaucoup trop rare sur nos écrans, François Chattot, Jean-Rémi Chaize… Un film intrigant qu’il faut voir, mais, âmes sensibles s’abstenir !