Un témoignage sur les traumatismes de la guerre vu par le regard et le vécu de l'enfance. Cette adaptation d'un roman homonyme est une ode à la survie à tout prix bien que les dangers de l'époque soient assez en retrait. L'intrigue est lente, l'ennuie s'installe trop souvent. Il aurait été intéressant de poursuivre avec l'histoire de l'enfant Hugo plus grand.
Comment échapper aux nazis quand on est un enfant juif? Se faire adopter en l'occurrence par une ukrainienne prostituée au coeur d'or, Mariana, qui protège Hugo, enfant résigné qui survit grâce à l'amour de cette femme. C'est un "dernier métro" revisité, où la survie réside dans une chambre, celle de Mariana.
Bon film, avec une interprétation remarquable de Mélanie Thierry. Sur le même thème de l'enfance confronté à la morbidité de la guerre ,j'ai nettement préféré JoJo Rabbit. le début du film débute lentement, je trouve que l'on ne perçoit pas assez la cruauté de cette maison close et la pression exercée par les nazis sur la population qui cacherait des juifs. le dernier quart d'heure est un peu alambiqué et peut jeter un discrédit sur Mariana alors qu'elle a pris d'énormes risques à cacher cet enfant qui lui a cependant donné la force d'endurer son travail... Ce film sur le passé nous fait beaucoup nous interroger sur se que peuvent vivre actuellement tous les enfants d'Ukraine ou de Palestine et d'autres pays en guerre ou sous le joug de régimes totalitaires....il y en a tellement.
En visitant cette chambre de Mariana, vous vous retrouverez devant une œuvre magistrale. Vous serez profondément émus par cette histoire d’une rencontre improbable entre un adolescent juif et une prostituée qui se rapprochent face à la folie persécutrice de la Shoah. Ce duo éblouissant de beauté et de sensibilité transcendent l’horreur et la brutalité d’une barbarie pour révéler la puissance des sentiments et la force de l’élan vital. Tout est magistral dans ce film : par ses lumières et par ses plans, par sa capacité à suggérer avec pudeur, par ses glissements entre flash-backs, rêve et réalité, le réalisateur restitue avec perfection l’atmosphère anxiogène de cette période trouble et surtout magnifie le jeu impeccable des acteurs. Magistrale l’interprétation du jeune Artem et surtout celle de Mélanie Thierry qui montre avec grâce et sensibilité l’étendue de son talent y compris dans sa maîtrise de la langue ukrainienne dont la musique particulière participe à la magie de cette œuvre tout simplement exceptionnelle.
Il est devenu rare de voir du grand et vrai cinéma. Dans ce très beau film, l'écriture cinématographique se déploie avec une force et un pouvoir de suggestion très puissants. Un peu partout on parle beaucoup du sujet, de sa comédienne (avec juste raison, elle est exceptionnelle), mais on ne rend pas assez justice au geste cinématographique de ce film. même dans les revues spécialisées dîtes de Cinéma. c'est ce que je tente modestement de faire entendre ici, je parle de l'état dans lequel le film nous transporte, porté par sa mise en scène. je parle du cinéma comme poésie. A peine le film terminé, et après que son soit remis de l'émotion qu'il procure, une question hurle immédiatement : comment l'un des meilleurs réalisateurs français qui utilise pleinement et brillamment le langage cinématographique n'est jamais sélectionné au festival de Cannes, comment et surtout pourquoi????
Melanie Thierry époustouflante ! Le film est merveilleux, malgré quelques longueurs que certains non initiés se refuseraient de voir, pour tous fans de grand cinéma, c’est à voir absolument. Un film nécessaire pour devenir une meilleure personne, un film d’une vie, l’apogée d’une existence, voire l’apogée même du cinéma! J’irai moi-même porter plainte aux Césars s’il n’y a aucune nomination : Mélanie Thierry fournit une performance bluffante, du rarement vu dans le cinéma français. Avant que les americains nous la volent, il faut à tout prix la garder auprès de nous en la récompensant par un César au moins.
Très beau film à hauteur d’enfant, avec une interprétation bluffante de Mélanie Thierry. Le travail sur le son est incroyable et donne à chaque scène une grande puissance.
Tourné en Hongrie puisque l'Ukraine est en guerre depuis 2022, ce film tiré d'un roman, livre une partition tout en pudeur et en subtilité. Entre Hugo, un pré-adolescent de 12 ans et une amie prostituée de sa mère à qui elle l'a confié dans l'espoir d'être protégé en pleine seconde guerre mondiale des rafles de juifs, la relation va évoluer en même temps que l'éveil à la sexualité du jeune homme. Filmé à hauteur de Hugo qui regarde depuis le petit cagibi où il se cache défiler les soldats allemands venus se soulager, le réalisateur livre un nouvel opus sur la Shoah. Mention spéciale à Mélanie Thierry, ( surement l'un de ses meilleurs rôles), qui a appris la langue ukrainienne pour interpréter son personnage.
Un film d'auteur et populaire, à la fois épuré et romanesque, entre huis clos feutré et scènes d'extérieur oppressantes. Ce drame magnifiquement interprété trouve en outre de troubles et inquiétantes résonances dans l'actualité.
Parmi les très nombreux films sur la seconde guerre mondiale et sur la Shoah, cette œuvre intime d’Emmanuel Finkiel sur la base du roman du grand Aharon Appelfeld, s’illustre par une approche originale : La guerre et le martyr des juifs vu par les yeux d’un enfant et à travers le prisme d’un lieu quasi-fantasmé, celui d’une « maison » fréquentée par des soldats, dans la campagne ukrainienne. L’enfant caché connaîtra la guerre par des sons - des cris, des bousculades et quelques soupirs - et s’éveillera à l’adolescence dans un tourbillon de sens mêlant douceur et violence, peurs et pleurs, cris et embrassades. La grande réussite du film réside ici par l’emploi judicieux de la magnifique Mélanie Thierry, exceptionnelle dans la variété des émotions et toujours très juste. Petit bémol sur le rythme quelque peu alangui du film dans sa première moitié…
Avec La Chambre de Marianna, le cinéma s’attaque une nouvelle fois à l’horreur de la Seconde Guerre mondiale à travers le regard d’un enfant juif en Europe de l’Est. Inspiré d’un récit autobiographique, le film explore la survie, la peur et la solidarité dans un contexte où la barbarie humaine atteint son paroxysme.
Au cœur du récit, Mélanie Thierry livre une prestation remarquable dans le rôle d’une prostituée prête à tout pour cacher un enfant juif et lui offrir une chance de vivre. Elle est littéralement le pilier du film : bouleversante, lumineuse, et d’une humanité désarmante. Chaque scène où elle apparaît capte l’attention et donne au récit sa seule véritable intensité émotionnelle.
Malheureusement, au-delà de cette performance magistrale, le film peine à maintenir l’intérêt. Le rythme est lent, parfois trop étiré, et la mise en scène reste classique au point de devenir fade. Là où le sujet promettait une tension permanente et un attachement profond aux personnages, l’ensemble donne une impression de distance. On comprend l’horreur, on en mesure la tristesse, mais on la ressent rarement avec la force attendue.
Le film rappelle la bêtise humaine dans ce qu’elle a de plus cruel, mais sur le plan purement cinématographique, il laisse une impression d’ennui et de longueur. Au final, malgré un thème puissant et une actrice exceptionnelle, La Chambre de Marianna demeure une œuvre honorable mais peu marquante, qui peine à transformer son sujet en véritable expérience de cinéma.
Emmanuel Finkiel est l'auteur de l'un des films français les plus forts de ces dernières décennies, La Douleur. La mise en scène, le texte de Duras, les performances de Mélanie Thierry et de Benoît Magimel y étaient exceptionnels. Il sillonne ici les mêmes chemins en adaptant un livre sur l'oppression pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la même actrice. On retrouve cette mise en scène élégante, notamment son usage de la lumière et de la couleur. Le film semble très apprécié de la critique et des spectateurs. Tant mieux pour ceux qui ont su entrer dans ce récit, ce ne fut pas vraiment mon cas. Mais cela tient à des considérations très personnelles sur les films en huis-clos et surtout sur les films suivant l'itinéraire d'un enfant ou d'un adolescent. Tout m'a semblé assez attendu dans ce récit fondé sur une clandestinité stricte spoiler: qui tantôt rend fou, tantôt est transgressée, tantôt est abolie par une brève fuite, etc. Le choix d'un cadre presque carré étouffe, et même si c'était l'objectif (retranscrire l'oppression), ça ne fonctionne pas parfaitement car cela nuit à l'ampleur du récit. Certes on est horrifié par les horreurs de la guerre, notamment celles qui ne sont que lointainement suggérées, mais selon un protocole sans doute trop conventionnel. Dans ce registre, bizarrement, Jojo Rabbit, même avec sa dérision extrême, fonctionne mieux. Bien des films et des téléfilms sur la Shoah sombrent dans le conformisme le plus plat. Ici un très grand cinéaste et très grand metteur en scène et une très grande actrice tentent cette aventure, mais ils ne m'ont pas semblé faire assez bouger les lignes pour totalement convaincre. ça reste évidemment un excellent film, et l'occasion d'inciter à voir ou revoir La Douleur, chef-d’œuvre ultime.
Très belle et très forte adaptation du roman de Aaron Appelfeld, la mise en scène se place intelligemment du coté de l'enfant et de sa cachette. Des images fortes, des choses que l'on devinent par une image tronquée ou par des sons évocateurs. Plus qu'un énième film sur 2eme guerre mondiale, plus aussi qu'un film sur l'amitié naissante d'un enfant et d'une prostituée, le film est avant tout le récit douloureux d'un apprentissage. Le film peut paraître un peu long dans sa dernière partie mais la scène finale est magnifique. Quant à Mélanie Thierry, elle est incroyablement lumineuse dans un rôle a la fois tendre et dur.