Excellents acteurs. Jeanne Balibar, façon Barbara, joue la pythonisse, aux yeux de Damien Bonnard, à peine sorti de son rôle de bourru de la Pampa. L'une incarne les puissants (comme il l'en accuse) ; l'autre incarne les non-puissants (comme elle le lui rétorque).
Les portraits des deux personnages sont bien travaillés ; on les sent bien. Représentent-ils le capitalisme, ses biais, ses victimes, ses gagnants ? On s'en moque un peu -l'histoire aurait dû être moins obscure pour qu'on imprime ! En revanche, ces personnages représentent bien deux genres de la société : d'une part, les désinvoltes, les présomptueux, les libertins ; et d'autre part, ceux qui ne sont rien de tout ça, ceux qui sont plutôt hystérisés par notre société, coincés par leur morale, leur éducation, leurs valeurs...
Sinon, film assez déprimant, qui ne donne à personne l'envie de vivre (ou survivre). Par ailleurs, on ne s'attache pas aux personnages, ni à l'histoire. De plus, concernant l'histoire, le réalisateur compte trop sur le spectateur pour boucher les trous de la narration -le dernier trou est même incompréhensible, alors que les scènes chaudes (auxquelles on ne croit guère) et les scènes coquines du film sont parfaitement explicitées.
Le Système Victoria est un film obsédé par le pouvoir, où chacun exerce son emprise sans jamais questionner son propre rôle dans la soumission de l’autre. Tragique dans son propos, il l’est surtout par l’absence totale de discours cohérent et abouti.
Dans un premier temps, le film esquisse l’opposition entre le monde ouvrier et l’élite économique, mais cette dialectique s’évapore dès que Victoria et David entament leur romance absurde. La scène de leur première nuit laisse entrevoir une réflexion sociale, vite balayée par une coupe de champagne et une crevette refusée. David, qui semblait d’abord animé par un sursaut de révolte, finit par devenir aussi insupportable que ceux qu’il dénonçait. Tour à tour possessif et autoritaire, il incarne un personnage aux archétypes détestables.
Le récit oscille entre deux axes qui peinent à cohabiter. D’un côté, le portrait du monde du chantier, entre impératifs absurdes, promoteurs cyniques et tensions inhérentes à un projet architectural démesuré. De l’autre, une romance fondée sur l’admiration aveugle et maladroite du héros. L’articulation entre ces deux dimensions est inexistante, plombée par des dialogues artificiels et des personnages principaux à la psychologie trop schématique et des personnages secondaires caricatureux.
Sur le papier, Le Système Victoria pouvait séduire. Mais entre un propos social édulcoré et une histoire d’amour improbable, il ne reste qu’un assemblage malhabile, où tout sonne faux.
L'adaptation d'un roman en film est généralement décevante. Ici l'histoire originale est peu respectée, juste le thème du livre est repris et librement adapté. L'avantage, c'est qu'après avoir vu ce film on peut lire (où relire) le livre sans que cela ne nuise au suspense ni au déroulement de l'histoire. Par exemple la rencontre de David et Victoria ne prend que 10 secondes dans le film alors qu'il y a un chapitre entier dans le livre. Certaine scènes majeures du film sont très bien jouée, notamment par l'acteur Sharif Andoura qui est excellent. C'était un régal de voir le traitement des travailleurs par la hiérarchie sans scrupules. L'apparition d'Éric Reinhardt comme acteur secondaire est amusant.
A vu « Le système Victoria » de Sylvain Desclous tiré du livre d’Eric Reinhardt. Le film commence de façon passionnante, totalement en immersion dans une tour en construction, à la Défense. David Kolsky (Damien Bonnard très bien) maitre des travaux doit faire face à des retards qui s’accumulent et la pression insupportable de ses clients tout en pressurisant ses ouvriers. Le film continue de façon intrigante avec une rencontre entre David Kolsky et une DRH de multinationale, l’énigmatique Victoria (Jeanne Balibar comme j’adore mais déjà tant vu dans ce type de rôle). Puis patatras, le film cale totalement, les deux histoires parallèles peinent à se lier, les scènes deviennent répétitives pour se terminer dans le grotesque avec un final qui fait flop. Quel dommage ! Le titre et la bande-annonce laissaient pressentir du venin, des situations machiavéliques, du suspens… rien de tout cela. Le metteur en scène hésite en permanence entre une immersion dans un milieu professionnel style « Ressources humaines », «L’emploi du temps » de Laurent Cantet en moins bien, et un jeu amoureux épicé dont l’assaisonnement s’avère fade et convenu là où nous aurions aimé glace, piments et frissons. Indéniablement le ciment n'a pas pris entre l’adaptation du roman et le scénario et c’est dans les scènes réunissant les deux comédiens principaux que Sylvains Desclous se trouve le plus inspiré, hormis les scènes d’amour. Les dialogues savoureux de Jeanne Balibar sont transcendés par le jeu de l’actrice, mais il parait totalement gratuit de la faire parler en 4 langues différentes. Le personnage de Damien Bonnard parait bien naïf et provincial pour un architecte parisien. Et puis il faut tout de même souligner des erreurs de mise en scène d’un autre temps… l’architecte est hypnotisé par un documentaire sur les insectes qu’il regarde à la télévision avec sa fille et que voit on sur l’écran ? spoiler: Une mante religieusespoiler: . La ficelle est maladroite, appuyée et un peu courte tout comme le film. Un film sur un chantier mais principalement un film en chantier !
J’aime ce réalisateur engagé qu’est Sylvain Desclous. Depuis « Vendeur », en 2016, jusqu’à « De Grandes Espérances » (2023), il a des messages à passer sur ce monde complexe aussi bien sur la société – les interactions entre les gens - que sur la société – l’entreprise -. J’ai retrouvé dans ce film une très bonne vision du management de projets en entreprise. Il m’a fait penser à « Violence des Echanges en Milieu Tempéré » par le cadre – le quartier d’affaire de La Défense - et l’histoire d’amour trouble entre deux personnages. Cependant, j’avais préféré le film de 2004. « Le Système Victoria » commence très fort mais a du mal à tenir la durée et souffre de nombreuses baisses de rythme.
Librement adapté du Roman éponyme d'Éric Reinhardt ( que je n'ai pas lu ) c'est là un film intéressant de Sylvain Desclous qui plonge le spectateur dans les méandres du monde Professionnel et mêle habilement critique Sociale à travers cette rencontre de deux personnes issues de mondes opposés et la fascination mutuelle qui en découle ! :) Damien Bonnard et Jeanne Balibar sont impeccables dans leurs rôles respectifs ! :)
Un film troublant dans son atmosphère et sa mise en scène volontairement pataude, on aurait voulu voir peut être plus de côté thriller et plus de suspens de ce côté mais il faut dire que le duo / fonctionne à merveille.
Un film qui a plusieurs facettes. Entre thriller romancier, manipulation, dénonciation du système, je n'ai pas décroché une seule seconde devant ce spectacle pessimiste. De quoi avoir une autre vision du quartier la défense. De plus pento il assure ! A revoir. ----Novembre 2025----
Une petite déception. Deux histoires en parallèle : la construction difficile du gratte-ciel et l'histoire d'amour entre Jeanne Balibar et Damien Bonnard. On sait donc qu'il y aura un croisement final. On l'attend. On le subodore. On espère un switch avec une incroyable révélation... et on quitte la salle en se disant : "tout ça pour ça ?". L'intrigue déçoit, la mise-en-scène également. Le spectateur s'attend à une critique cinglante du petit monde du BTP, de la violence des relations dans l'entreprise ou des jeux de pouvoirs. Que nenni. Les personnages sont tellement caricaturaux qu'ils n'ont rien de crédibles et la satire ne va pas plus loin que de dire que les gens des bureaux exploitent les gens qui ont les mains dans le ciment. Wouah ! Un film ennuyeux.
Les films qui prennent la peine de s'immerger dans un milieu professionnel sont souvent intéressants. Ici, il s'agit de la construction d'une tour de bureaux dans le quartier de La Défense. Le chef de chantier entame une aventure avec une femme de pouvoir. L'ensemble est bien joué, mais on peut émettre quelques réserves, qui font de ce film une réussite moins évidente que le précédent du réalisateur, De grandes espérances. La photo n'est pas très belle, peu lumineuse. Mais la principale limite tient à l'histoire :elle-même : le milieu d'argent, de pouvoir économique, de réseaux et de libertinage qu'incarne le personnage féminin est vraiment peu attirant.. .
Après avoir adoré les deux premiers films (« Vendeurs » et « De grandes espérances »), je suis allée voir « Le Système Victoria » avec beaucoup d’attentes, et je suis loin d’être déçue ! Dans la même lignée que ses précédents films, qui abordaient déjà des sujets sociaux, Sylvain Desclous adapte ici le livre d’Éric Reinhardt et nous plonge dans un univers rarement exploré au cinéma : un immense chantier de construction, où nous suivons son chef de chantier.
Dans cet environnement où la pression est constante, où les jeux de pouvoir et les mécanismes de domination sont omniprésents, le réalisateur nous tient en haleine du début à la fin. Enfin, un film qui s’intéresse à ce monde du travail si peu mis en avant, et qui pourtant dit tant de notre société.
En parallèle, le personnage principal entame une relation avec une femme de pouvoir, ce qui vient encore enrichir le propos du film. La manière dont leurs dynamiques s’entrecroisent soulève des questionnements brûlants d’actualité sur le pouvoir, la hiérarchie et les rapports de domination.
Et que dire de Jeanne Balibar ? Comme toujours, elle crève l’écran avec une subtilité et une justesse impressionnantes. Sylvain Desclous, quant à lui, s’affranchit du livre original avec une grande intelligence, recentrant son propos sur des enjeux politiques et sociaux qui lui tiennent visiblement à cœur.
Bref, un film captivant, pertinent et brillamment interprété. Foncez !
Vu en AVP à Paris, le film est chouette, et l'histoire m'a beaucoup plu ! Jeanne Balibar est juste INCROYABLE, la musique est au top, et la mise en scène particulièrement dynamique.