Le Système Victoria est un film obsédé par le pouvoir, où chacun exerce son emprise sans jamais questionner son propre rôle dans la soumission de l’autre. Tragique dans son propos, il l’est surtout par l’absence totale de discours cohérent et abouti.
Dans un premier temps, le film esquisse l’opposition entre le monde ouvrier et l’élite économique, mais cette dialectique s’évapore dès que Victoria et David entament leur romance absurde. La scène de leur première nuit laisse entrevoir une réflexion sociale, vite balayée par une coupe de champagne et une crevette refusée. David, qui semblait d’abord animé par un sursaut de révolte, finit par devenir aussi insupportable que ceux qu’il dénonçait. Tour à tour possessif et autoritaire, il incarne un personnage aux archétypes détestables.
Le récit oscille entre deux axes qui peinent à cohabiter. D’un côté, le portrait du monde du chantier, entre impératifs absurdes, promoteurs cyniques et tensions inhérentes à un projet architectural démesuré. De l’autre, une romance fondée sur l’admiration aveugle et maladroite du héros. L’articulation entre ces deux dimensions est inexistante, plombée par des dialogues artificiels et des personnages principaux à la psychologie trop schématique et des personnages secondaires caricatureux.
Sur le papier, Le Système Victoria pouvait séduire. Mais entre un propos social édulcoré et une histoire d’amour improbable, il ne reste qu’un assemblage malhabile, où tout sonne faux.
David, architecte de profession est à la tête du chantier d’une nouvelle grande tour dans le ciel de Paris. En proie aux doutes, face à un tel projet, lui l’utopique qui rêve de constructions vertes va rencontrer Victoria, une femme puissante. Entre eux c’est la rencontre de deux mondes, deux univers : celui des honnêtes et des malhonnêtes, celui des faibles et des puissants. C’est hypnotique.
Une petite déception. Deux histoires en parallèle : la construction difficile du gratte-ciel et l'histoire d'amour entre Jeanne Balibar et Damien Bonnard. On sait donc qu'il y aura un croisement final. On l'attend. On le subodore. On espère un switch avec une incroyable révélation... et on quitte la salle en se disant : "tout ça pour ça ?". L'intrigue déçoit, la mise-en-scène également. Le spectateur s'attend à une critique cinglante du petit monde du BTP, de la violence des relations dans l'entreprise ou des jeux de pouvoirs. Que nenni. Les personnages sont tellement caricaturaux qu'ils n'ont rien de crédibles et la satire ne va pas plus loin que de dire que les gens des bureaux exploitent les gens qui ont les mains dans le ciment. Wouah ! Un film ennuyeux.
La complexité du roman m'a semblé très bien retranscrite. Beaucoup aimé Jeanne Balibar dans un rôle complexe vénéneux. Le film est très bien mis en scène, la texture de l'image m'a beaucoup plu.
Le Système Victoria est un film qui séduit par sa mise en scène soignée et son atmosphère immersive. Le réalisateur, Sylvain Desclous, parvient à créer un univers visuellement captivant, mêlant habilement enjeux sociaux et relations de pouvoir. L'interprétation des acteurs, notamment celle de Jeanne Balibar dans le rôle de Victoria Winter, apporte une certaine complexité à son personnage. Cependant, cette complexité ne trouve pas toujours son prolongement dans la narration.
L'intrigue, bien que prometteuse au départ, se perd dans des longueurs et des digressions qui diminuent son impact global. L’introduction d’une relation entre David Kolski, un chef de chantier interprété par Damien Bonnard, et Victoria Winter, une femme de pouvoir beaucoup plus âgée, semble au début suggérer une exploration subtile des dynamiques de pouvoir. Cette dynamique rappelle le film Babygirl de Halina Reijn, où Nicole Kidman incarne une PDG engagée dans une liaison avec un jeune stagiaire. Cependant, dans Le Système Victoria, cette relation se concentre principalement sur une dimension sensuelle qui, au lieu d’approfondir les enjeux psychologiques, privilégie le libertinage (contre lequel je n’ai rien). Ce choix, bien que visuellement soigné, se fait au détriment de la complexité des personnages et de l’intrigue, qui peinent à se développer pleinement.
Le corps de la protagoniste, magnifiquement filmé, est mis en avant à travers des scènes sensuelles qui, bien que visuellement réussies, semblent réduire cette relation à une simple démonstration de désir physique. Ce choix, plutôt que de nourrir l’intrigue ou d’enrichir les conflits internes des personnages, se transforme en un artifice visuel qui fait perdre de vue les enjeux plus profonds de la narration. Si l’érotisme est traité avec une certaine élégance, il devient néanmoins un obstacle à une exploration plus approfondie des motivations et des luttes intérieures des personnages.
Il est probable que de nombreux aspects de cette relation et des dynamiques de pouvoir soient mieux développés dans le roman d'Éric Reinhardt, que je n’ai pas lu, et qui pourrait offrir une meilleure compréhension de ces enjeux complexes. Le film, tout en réussissant à captiver par ses qualités esthétiques, semble parfois sous-exploiter les éléments dramatiques et psychologiques, ce qui crée un déséquilibre entre forme et fond. En fin de compte, Le Système Victoria est une œuvre qui, bien que séduisante visuellement, laisse une impression de frustration en raison de son manque de profondeur narrative.
Jeanne Balibar et Damien Bonnard forment un couple improbable et cela fonctionne. Elle en power woman à la diction toujours maitrisée, parlant (bien) allemand et (très mal) chinois, lui en chef de chantier un peu rustre mais concentré et pro. Le Système Victoria est le deuxième thriller très réussi de Sylvain Desclous après De Grandes espérances, avec en toile de fond, une fois encore, la lutte des classes. Le personnage de Balibar m’a tellement rappelé certaines femmes d’affaires tirées à quatre épingle et propres sur elles à tous points de vue croisées dans mon ancienne vie !
Je sors bien chamboulée par ce film que je viens de savourer. En fait, il s'agit de bien montrer le monde de l'industrie conjugué à celui du BTP. Les délais sont imposés en dépit du bons sens. Le personnel est exploité en dépit du bon sens. David est directeur de travaux dans le cadre de l'érection d'une tour à la Défense. Il est immensément stressé. Il rencontre une femme intrigante, manipulatrice et très sensuelle, même un peu débridée. Je ne vous révèle pas la suite. Durant tout le film, j'étais haletante par le suspens qui y plane. Je ne savais jamais trop où le scénario m'emmenait. N'hésitez pas à aller le découvrir. Un très bon film.
L'érection d'une tour à la Défense. Des délais très serrés qui écrasent le directeur des travaux. La rencontre avec une DRH en la personne de Jeanne Balibar qui fait tâche. David est dépassé par les retards lorsqu'il rencontre Victoria qui va l'emmener vers l'univers du possible
Je suis allée voir le film avec ma tante et j'ai beaucoup aimé l'histoire et en particulier le personnage de Victoria. J'adore son son caractère et son mystère, c'est une femme très libre. Le suspense est super et tout ce qui passe autour de la tour est très original. Et enfin la musique est top.
L'adaptation d'un roman en film est généralement décevante. Ici l'histoire originale est peu respectée, juste le thème du livre est repris et librement adapté. L'avantage, c'est qu'après avoir vu ce film on peut lire (où relire) le livre sans que cela ne nuise au suspense ni au déroulement de l'histoire. Par exemple la rencontre de David et Victoria ne prend que 10 secondes dans le film alors qu'il y a un chapitre entier dans le livre. Certaine scènes majeures du film sont très bien jouée, notamment par l'acteur Sharif Andoura qui est excellent. C'était un régal de voir le traitement des travailleurs par la hiérarchie sans scrupules. L'apparition d'Éric Reinhardt comme acteur secondaire est amusant.
J’avais, comme tout le monde, découvert Sylvain Desclous en 2016 avec un film très intriguant Vendeur. Après un passage par le docu, il récidivait en 2023 avec De Grandes espérances. On retrouve avec ces 101 minutes les mêmes qualités d’écriture et de mise en scène. Directeur de travaux, David est à la tête du chantier d’une grosse tour en construction à La Défense. Retards insurmontables, pressions incessantes et surmenage des équipes : il ne vit que dans l’urgence. Lorsqu’il croise le chemin de Victoria, ambitieuse DRH d’une multinationale, il est immédiatement séduit par son audace et sa liberté. Entre relation passionnelle et enjeux professionnels, David va se retrouver pris au piège d’un système qui le dépasse. Manipulation, stress, passion débridée se mêlent dans ce drame mêlé de thriller qui se révèle parfaitement honorable. Le film est adapté du roman éponyme d’Éric Reinhard. A cette époque, le cinéaste travaillait pour de grandes entreprises et vivait quotidiennement tout ce que décrivait le livre. C’est là qu’il acquis le sentiment que tous les discours entendus sur l’engagement, la cohésion et la collaboration dans l’entreprise étaient vains et faux, au cœur d’un fonctionnement qui peut se résumer en une phrase : Ce n’est pas parce qu’’un objectif est irréaliste qu’il ne faut pas essayer de l’imposer. Il ne s’agit pas d’un film ouvertement et frontalement ; Mais, il est construit sur une vision du monde et d’après un point de vue qui eux sont politiques. Ici, c’est le récit d’une passion dévorante sur fond de monde du travail brutal et déshumanisant. Ainsi, la dimension charnelle du scénario n’est pas évacuée mais le film ne tourne pas uniquement autour de ça. En l’occurrence, la fascination physique – et sexuelle – exercée par le personnage de Victoria est bien réelle mais c’est surtout la fascination intellectuelle voire morale qui est centrale. Le choix d’une lumière contrastée, de couleurs tranchées, d’intérieurs très travaillés et d’un découpage très serré ajoute beaucoup au stress permanent qui caractérise ce drame. Un ceratin goût pour le non-dit nourrit le scénario et tient en haleine dans un film qui manque un peu de souffle pour être vraiment passionnant. Damien Bonnard – naïf à souhait - et Jeanne Balibar – envoûtante -, forment a priori un couple improbable mais qui pourtant tient parfaitement la route et s’avère l’atout principal du film. On ajoutera volontiers à cette tête d’affiche, Cédric Appietto et Antonia Buresi. Peut-être trop cérébral pour émouvoir vraiment et, si la partie passionnelle est convaincante, la charge contre le capitalisme immobilier sans foi ni loi tourne un peu court à mon goût. Somme toute, nombre des promesses de ce film n’aboutissent nulle part et nous laissent sur notre faim.
Thriller social sur la relation trouble entre le chef de construction surmené d'une grande tour et une étrange directrice des ressources humaines. On aurait pu penser à une critique du système professionnel, et elle y est certes, ou à un scénario à la sauce Liaison fatale, mais le film oscille entre les deux sans jamais se décider et c'est peut-être là ce que je lui reproche. Porté par la vénéneuse Jeanne Balibar et l'excellent Damien Bonnard, on ne s'ennuie cependant pas une minute.
Le système victoria parle d'un directeur de travaux Damien Bonnard à qui on met la pression pour terminer une haute tour il tombe sous le charme d'une femme et son emprise les acteurs jouent bien mais ça manque de rythme.
Ce film de Sylvain Desclous est déstabilisant ! D' après le roman d'Éric Reinhardt, dont il s' écarte, ce qui permet donc une latitude au réalisateur pour s' échapper d'un certain carcan. Grace à un duo d' acteurs, Victoria Winter ( Jeanne Balibar ) et David Kolski ( Damien Bonnard ), qu' a priori rien ne rapprochent, une intrigue va naître en même temps qu' une attirance physique étonnante. Liée ou pas, à la responsabilité professionnelle de David, et d' intérêts financiers énormes, cette ambiguïté prend une allure de thriller économique, tout en semant une incompréhension subtile. L' art du réalisateur confirme ici sa maîtrise, livrant un questionnement actuel hautement crédible via des personnages convaincants ! Quelle performance de ces deux acteurs principaux dans ce mélange illisible et curieux, où tour à tour, J Balibar et D Bonnard proposent des interprétations fascinantes.....!!**