Thriller horrifique de science-fiction écrit et réalisé par Brandon Cronenberg, Infinity Pool est un très bon film, dérangeant. L'histoire nous fait suivre James et Em Foster, un jeune couple profitant de vacances à la plage sur une île nommée La Tolqa, qui vont faire la connaissance d'un autre couple, dont la femme se dit admiratrice du roman publié par James. Seulement, lors d'une sortie à quatre, un drame vient bouleverser leur séjour et va faire ressortir le côté pervers de la station. Ce scénario s'avère particulièrement intrigant à visionner tout du long de sa durée d'environ deux heures. Le récit nous plonge immédiatement dans une ambiance mystérieuse, inquiétante et imprévisible qui s'accentue grandement au fil des minutes. On se demande vraiment ce qui va advenir de la suite de la narration tant tout est possible. Et ce qu'elle nous offre est sacrément inattendu avec cette influence qui se transforme en jeu pervers pour un sujet dépassé par les événements. Tout cela accouche de scènes de plus en plus violentes et sexualisées, fortement impactantes. Mais le métrage n'est pas uniquement là pour choquer et faire réagir. Il bénéficie d'un propos à base de science-fiction qui questionne. Hélas, il ne va pas assez profondément dans cette direction alors qu'il aurait pu nous faire douter encore davantage et qu'il aurait pu se montrer encore plus malin. Il met également en avant ce que la richesse peut permettre de faire. L'atmosphère est pour sa part carrément envoûtante. L'ensemble est porté par des personnages aux apparences trompeuses. Des rôles interprétés par une distribution convaincante comprenant Alexander Skarsgård, Mia Goth, Cleopatra Coleman, Jalil Lespert, Thomas Kretschmann, John Ralston, Amanda Brugel, Caroline Boulton, Jeff Ricketts ou encore Adam Boncz. Tous ces individus entretiennent des rapports de force malsains. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste canadien, qui est assurément bien le fils de son père, se veut particulièrement qualitative. Sa mise en scène est assez marquée avec des plans de caméra aussi organiques que graphiques. De plus, elle est couplée à une très jolie photographie lumineuse et soignée malgré les atrocités montrées à l'écran. Celle-ci est en partie due à l'environnement. Ce dernier est ambivalent entre ses panoramas paradisiaques de la côte et ses intérieurs sombres dans des bâtiments beaucoup moins accueillants. Il en va de même concernant l'esthétique des masques, qui sont tout bonnement terrifiants et mémorables. Ce visuel léché est accompagné par une très bonne bande originale qui ne comporte pas de compositions à proprement parler, mais plutôt une ambiance sonore mettant mal à l'aise et dont les notes sont très percutantes et ont un gros impact sur les images. Reste une fin satisfaisante suivie d'un générique prolongeant l'envoûtement, venant ainsi mettre un terme à Infinity Pool qui, en conclusion, est un long-métrage méritant grandement d'être découvert tant il fait vivre une expérience cinématographique singulière.