«Ruralité montagneuse italienne» La vie d’une famille dans un village montagneux dans l’Italie de l’après-2eme guerre. On fait des enfants à la chaîne, seuls les plus solides survivent. La sœur ainée de la fratrie d’une dizaine d’enfants épouse un déserteur sicilien hébergé par son cousin. Vive l’amour mais tout n’est pas si simple… La galerie de caractères de parents et enfants est finement dépeinte, nous sommes immergés dans la famille et sa vie rugueuse qui n’exclut pas les moments de fête au village. Intéressant, réaliste , avec une petite distance due à la réalisation un peu formelle
Un beau film, tant par les paysages, les personnages que par leur histoire. S’il est vrai qu’il faille un peu s’accrocher au début car le film est très lent, on en sort quand même séduit par la finesse et l’élégance des images et de l'histoire.
Une veine naturaliste, d’une austère beauté, dans le sillage de L’Arbre aux sabots, d’Ermanno Olmi. La réalisatrice Maura Delpero compose avec talent et humilité le tableau d’une Italie montagneuse par temps de guerre, déploie une chronique familiale en insistant sur le patriarcat, la condition féminine, les codes sociaux, moraux, religieux qui prévalaient au mitan des années 1940. Ça sonne juste et c’est très soigné visuellement, avec une superbe photo en clair-obscur. Le drame, classique, traité « à l’ancienne », se tient dans son déroulé et nous tient en matière d’intérêt. Mais, un peu convenu, un peu sage, il demeure assez monocorde, dans une certaine atonie au niveau émotionnel, traversée seulement et tardivement par une sombre mélancolie.
Classique et contemporain. Un drame poignant par moment sur la condition des femmes dans une société close et patriarcale, dont le patriarche dans un enfermement rural est le seul intellectuel, mais un intellectuel qui borne et bride les filles dont l'une seule connait sa part obscure. C'est parfois lent, et l'intrigue devient évidente, très vite., ce qui ne fait que mieux mettre en relief les personnalités, les situations qui les enserrent. Et c'est beau.
Vermiglio ou les quatre saisons accompagnées par Vivaldi. Dans le Trentin, au nord de l'Italie, vit une famille nombreuse dont le père est instituteur. Sa pédagogie consiste à initier les jeunes bambins à la vie. Sur fond de guerre, deux déserteurs arrivent dans ce village où l'une des filles tombe amoureuse de l'un deux jusqu'au mariage. Des paysages enneigés somptueux. Une justesse dans le jeu de tous les protagonistes. Une lenteur bouillonnante qui accroche le spectateur dans des interrogations quant à l'issue de cette saga.
Très beau film que je recommande. De très beaux plans. Des cachettes et des secrets sont filmés. Famille nombreuse italienne de revenu modeste. Tous les enfants ne peuvent pas poursuivre leurs études, or leur père est l'instituteur du village. Cela rend les rapports d'autant plus durs. Le drame qui survient est bien amené.
Un village perdu en montagne en Italie à le fin de la deuxième guerre mondiale. La vie s'étire au fil des saisons dans une famille où le chef de famille est aussi l'instituteur du village : trois filles, trois garçons menés de main de maître par ce père qui s'évertue à jouer au mieux son rôle. la fille aînée tombe amoureuse d'un soldat déserteur et seule issue pour elle, le mariage... On est rapidement happé par le rythme lent des saisons et des labeurs, la solidarité humaine face à la rudesse de la vie. Les enfants partagent leurs rêves et leurs secrets.
Film plutôt lent où il ne se passe pas grand chose et prévisible en plus. Mais de superbes paysages et les personnages sont tout en retenue et en finesse.
une saga familiale dans la lenteur. on est bercé par le rythme. la magie du cinéma fait qu'arrive la fin du film et nous spectateurs voudraient que ça dure encore et encore.
Un film très dur sur l'évolution de la vie des enfants dans un monde rural d'après guerre ! Les traditions et les choix assumés par les parents paressent si lourds de conséquences ! Une belle tranche de vie, si réaliste qu'elle nous remet en place! et pourtant ce n'est pas si loin! Ils jouent tous si bien qu'on se croirait avec eux dans leur intimité ! Des décors minimalistes mais tellement réalistes! Une image volontairement pâle illustre la vie difficile de l'époque !
VERMIGLIO OU LA MARIÉE DES MONTAGNES - Maura Delporo | ⭐️ 8/10
Lion d'Argent à la dernière Mostra de Venise, Vermiglio ou la Mariée des Montagnes est très certainement ce qui s'est fait de plus beau au cinéma depuis le début de l'année. Une photographie sublime et un sens du cadre qui offrent au spectateur la possibilité d'admirer et de s'imprégner de cette campagne italienne que l'on voit évoluer au fil des quatre saisons à cheval sur les années 1944 et 1945.
L'on pourrait néanmoins reprocher au film son côté un peu "poseur", en mode "Je suis très beau et je le sais", qui transparait dans une mise en scène composée de longs plans fixes, avec très peu de dialogues et les gestes très lents des différents personnages. Cette forme de maniérisme peut finir par agacer pendant la première moitié du film, qui prend un peu trop son temps et joue avec la patience du spectateur pour poser ses enjeux narratifs.
Mais ne nous y trompons pas. Sous ses airs contemplatifs et naturalistes, le film est complexe et finit par aborder une multitude de sujets comme le patriarcat, la condition des femmes, les effets de la guerre, la maternité, le deuil, le rapport à la foi, le poids de la religion et ses interdits...
Le film est donc assez exigeant. Il pourrait presque devenir problématique lorsqu'il tend à fantasmer, voire idéaliser, un temps où tous les élèves écoutaient le Maître d'école dans un silence religieux, où les enfants se chuchotaient des secrets sous de gros édredons en se chatouillant les bras avec des plumes et où l'on organisait de grands repas de famille en extérieur sur des tables recouvertes de belles nappes blanches... Fort heureusement, le risque pour ce penchant nostalgique est balayé par l'extrême austérité qui régit les vies de tous ces personnages dont il faut saluer la complexité, et l'on comprend rapidement que ce calme apparent n'est qu'un voile sur un monde froid, isolé et qui n'offre aucune perspective.
Un film parfaitement maîtrisé qui vient conclure un très beau mois de cinéma.
Un film austère sans concessions sur la dureté des conditions de la vie rurale au début du 20ème siècle. Tout y est:: la vie, la mort, l'amour et la religion non seulement impuissante mais plutôt néfaste. Il devient alors évident que seule l'instruction est salvatrice.
Grand prix du jury ( Venise 2024), " Vermiglio" s'inscrit au plan formel dans la tradition des réalisations classiques d'une grande maîtrise.
Il a malheureusement ( selon moi bien sûr) un défaut et il est de taille : le découpage de son scénario.
Il faut ainsi attendre la dernière demi-heure pour qu'il démarre véritablement et produise ce qu'il recèle de plus beau et de plus fort, sa portée émotionnelle.
Les premières 90 minutes connaissent ( à mon goût) trop de longueur, malgré la beauté de la photo. Le regard porté sur ce village de montagne italien, la famille de l'instituteur, finit tout de même par manquer un peu trop de ressort.
Même éloigné du brouhaha et des tourments du monde ( l'action se déroule pendant la seconde guerre mondiale), Vermiglio et ses habitants ne peuvent s'extraire des contingences historiques. L'Histoire est tragique ; elle bouscule évidemment les vies et s'il est besoin de le préciser, les vies de tous.